Le bracelet permet de contrôler une main robotique par ses propres mouvements
Des chercheurs du MIT ont mis au point un bracelet à ultrasons capable de suivre en temps réel les mouvements de la main d'un porteur avec une précision inédite. Le dispositif produit des images échographiques des muscles, tendons et ligaments du poignet pendant que la main bouge, images qu'un algorithme d'intelligence artificielle traduit en continu en positions des cinq doigts et de la paume. L'équipe, dirigée par Xuanhe Zhao, professeur de génie mécanique au MIT, et Gengxi Lu, a présenté ses résultats dans un article publié dans Nature Electronics. Lors des démonstrations, un porteur du bracelet a pu piloter sans fil une main robotique en reproduisant simplement ses propres gestes : le robot a ainsi joué un air simple au piano et envoyé un petit ballon dans un panier de bureau. Le même bracelet permet aussi de manipuler des objets virtuels à l'écran, par exemple en pinçant les doigts pour agrandir ou réduire un élément graphique. Les travaux associent des équipes du MIT et de l'University of Southern California, avec la contribution du professeur Qifa Zhou.
Cette approche s'attaque à un problème concret pour l'industrie robotique et la réalité augmentée : le suivi fin des gestes de la main reste un goulot d'étranglement technique. Les systèmes par caméra souffrent d'occlusions visuelles et nécessitent une infrastructure lourde ; les gants à capteurs limitent la liberté de mouvement et les sensations naturelles ; les capteurs électromyographiques, qui lisent les signaux électriques des muscles de l'avant-bras, restent sensibles au bruit et peinent à distinguer les mouvements intermédiaires entre deux positions extrêmes. L'imagerie ultrasonore, elle, capte directement l'activité mécanique des tissus et pourrait offrir un suivi continu et fin, exploitable aussi bien pour remplacer les capteurs de mouvement en AR/VR que pour générer, à grande échelle, des données d'entraînement pour des robots humanoïdes dexterité, un besoin identifié comme critique pour combler l'écart entre démonstrations en laboratoire et déploiement réel des modèles vision-langage-action.
Il s'agit à ce stade d'une preuve de concept académique, pas d'un produit commercialisé : les démonstrations de piano ou de basketball, bien que spectaculaires, restent des tâches simples et contrôlées en environnement de recherche. L'équipe du MIT, connue pour ses travaux sur les dispositifs portables et la robotique souple, prévoit maintenant de collecter des données auprès d'un plus grand nombre d'utilisateurs aux morphologies de main variées, afin de constituer un jeu de données massif. L'objectif affiché est de nourrir l'entraînement de robots humanoïdes sur des tâches de dextérité fine, y compris des gestes chirurgicaux, ainsi que des applications de jeu vidéo et de conception assistée par ordinateur.
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