
Vendredi vidéo : un robot quadrupède résout seul un Rubik's Cube géant

Le laboratoire Robotic Systems Lab de l'ETH Zurich a montré un robot quadrupède qui résout de façon autonome un Rubik's Cube géant en manipulant les faces uniquement avec ses pattes. Dans la même sélection hebdomadaire d'IEEE Spectrum, le KAIST a présenté son humanoïde Humanoid v0.9, développé au DRCD Lab avec les bras conçus par RAILAB. Grâce à un retour visuel embarqué, il pousse des objets jusqu'à 35 kg et en soulève jusqu'à 20 kg pour composer les lettres « KAIST ». Le Robotics and AI Institute a dévoilé dans Science Robotics la main AthenaZero, à trois doigts entrelaçables, actionnée par des tendons. Les moteurs sont déportés dans le torse pour alléger la main, qui se ferme en 80 ms environ et intègre des capteurs de pression barométriques pour moduler la force, de l'œuf au marteau. Côté apprentissage, SuperMimic, de Hybrid Robotics, dépasse en trois heures sur un seul GPU un suivi de mouvement de référence entraîné sept jours sur 128 GPU. Il n'échoue que sur 25 des 129 514 mouvements du benchmark, contre 179 pour la référence, et atteint zéro échec après 9,8 heures sur deux GPU. L'ETH a aussi publié des bioactionneurs centimétriques, avec un muscle squelettique cultivé en laboratoire et un squelette souple imprimé en 3D, conçus ensemble par simulation. Leur amplitude de mouvement est jusqu'à 11 fois supérieure à celle des systèmes précédents à volume de tissu comparable. Le cadre Reflex vise enfin le contrôle réactif du corps entier des humanoïdes, par exemple pour rattraper un objet en moins d'une seconde.
L'intérêt de ces travaux est moins dans chaque démonstration que dans ce qu'ils disent de l'état du secteur. Le résultat SuperMimic, s'il tient hors de son benchmark, réduit le coût d'entraînement de plus de 1 000 fois en heures GPU. Cela abaisse la barrière d'entrée pour les équipes qui n'ont pas de grappes de calcul, un levier concret pour la politique de contrôle des humanoïdes. La main AthenaZero attaque un autre goulot, la dextérité à la fois rapide, robuste et délicate, avec une architecture à moteurs déportés plus facile à industrialiser que des mains embarquant leurs actionneurs. Les chiffres du KAIST, 35 kg poussés et 20 kg soulevés, restent des démonstrations de laboratoire sans cycle ni taux de réussite publiés, donc non comparables à un payload industriel. Reflex souligne que la réactivité visuelle du corps entier reste un problème ouvert, loin des cadences exigées en logistique.
Ces annonces s'inscrivent dans une compétition où ETH Zurich, KAIST et le RAI Institute, lié à Boston Dynamics, alimentent la recherche que les industriels reprennent ensuite. Parallel Systems, que IEEE Spectrum suivait déjà en 2022, continue ses essais de véhicules ferroviaires autonomes. Unitree poursuit ses teasers et Grain Weevil a présenté un attachement à deux robots pilotés par un seul opérateur. Aucun de ces éléments n'est un produit déployé à l'échelle. Les prochaines échéances académiques sont CoRL 2026 à Austin du 9 au 12 novembre et Humanoids 2026 à Santa Clara du 6 au 9 décembre, où ces approches pourront être confrontées à des évaluations plus rigoureuses.
L'ETH Zurich (Suisse, hors UE) y est l'un des principaux contributeurs, ce qui offre une référence de recherche proche des équipes européennes, sans impact direct sur la France/UE.
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