
Un robot quadrupède apprend seul à sauter dans des espaces étroits

Des chercheurs de l'université de Hong Kong (HKU) et du Oxford Robotics Institute ont mis au point un système d'apprentissage par renforcement hiérarchique baptisé ConsJump, qui permet à un robot quadrupède de franchir des ouvertures étroites en sautant, sans séquence de saut préprogrammée. La démonstration a été réalisée sur un Unitree Aliengo de 22 kilogrammes, capable de traverser de façon autonome des portiques de taille comparable à son propre gabarit. Le système repose sur deux niveaux de contrôle : un contrôleur bas niveau, entraîné par apprentissage par imitation à reproduire des allures animales (trot, canter, saut, virage) via cinématique inverse, et un contrôleur haut niveau qui décide en temps réel quand et comment transitionner entre ces mouvements, en générant des commandes de vitesse et de rotation plutôt qu'en pilotant directement chaque articulation. Le robot perçoit son environnement grâce à une caméra RGB-D Intel D435i embarquée, qui détecte l'ouverture rectangulaire, calcule son centre et estime sa géométrie pour ajuster l'approche. Lors des essais, le robot a accéléré jusqu'à 2,5 mètres par seconde avant de décélérer brutalement pour préparer l'atterrissage, avec une phase aérienne d'environ 0,44 seconde. L'entraînement du contrôleur bas niveau s'est fait en simulation avec 5 480 agents en parallèle, puis a été transféré au robot physique en faisant varier la force des moteurs, la latence, les décalages et la masse ajoutée pour réduire l'écart simulation-réel.
Cette démonstration illustre une approche différente des méthodes de contrôle conventionnelles pour la locomotion agile des quadrupèdes, où les manœuvres complexes comme le saut à travers un espace confiné restent difficiles à obtenir avec des contrôleurs classiques. Pour les intégrateurs et chercheurs en robotique mobile, l'intérêt principal réside dans la séparation entre une bibliothèque de mouvements appris et une couche décisionnelle capable de combiner ces mouvements de façon continue en fonction de la perception, plutôt que de basculer entre trajectoires figées. Cela pourrait, à terme, améliorer la capacité des robots à quatre pattes à opérer dans des environnements non structurés, comme des sites industriels ou des zones sinistrées comportant des passages étroits, sans dépendre d'un balisage ou d'une cartographie préalable. Il reste toutefois à établir dans quelle mesure les performances démontrées en conditions de test se généralisent hors des configurations de portiques utilisées durant l'expérimentation, un point que l'article source ne détaille pas.
Le projet s'inscrit dans un courant de recherche plus large sur l'apprentissage par renforcement appliqué à la locomotion des robots à pattes, où plusieurs laboratoires cherchent à dépasser les limites du contrôle basé sur des modèles physiques explicites pour des tâches très dynamiques. L'utilisation du robot Unitree Aliengo, plateforme de recherche largement répandue dans les laboratoires académiques, situe ces travaux dans la continuité d'expérimentations déjà menées sur d'autres plateformes similaires pour des tâches comme la course, l'escalade ou le franchissement d'obstacles. L'article ne précise pas de calendrier de transfert vers des applications industrielles ni de partenariat commercial associé, ce qui indique qu'il s'agit à ce stade d'une démonstration de recherche plutôt que d'un produit destiné au déploiement.
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