Aller au contenu principal
Robot Talk épisode 167 : automatiser la construction, avec Jan Petrš
FR/EU ecosystemeRobohub 

Robot Talk épisode 167 : automatiser la construction, avec Jan Petrš

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

L'épisode 167 du podcast Robot Talk reçoit Jan Petrš, roboticien, architecte et entrepreneur, pour parler de conceptions robotiques nouvelles pour la construction et l'architecture. Petrš est cofondateur de Déploya Robotics, une spin-off de l'EPFL (École Polytechnique Fédérale de Lausanne) qui développe des systèmes robotiques déployables pour l'installation automatisée de façades. Il était auparavant chercheur postdoctoral au Laboratoire des systèmes intelligents de l'EPFL, où il travaillait sur la robotique à tenségrité, c'est-à-dire des structures légères tenues par un équilibre entre éléments en tension et en compression. Sa thèse, menée à l'Université technique tchèque de Prague, portait sur un système associant robotique reconfigurable et robotique molle pour des usages architecturaux. La présentation de l'épisode ne donne aucun chiffre sur la charge utile, les degrés de liberté, les cadences, le prix ou les sites de déploiement.

Ce profil illustre le passage d'une recherche académique sur les structures déployables vers une entreprise ciblant un geste précis du chantier, la pose de façades. C'est un segment où la manutention de grands éléments lourds et le travail en hauteur pèsent sur la sécurité et la productivité. À ce stade, il s'agit d'un entretien et non d'un produit livré ni d'un déploiement documenté. Aucun pilote, client ou démonstration chiffrée n'est cité, et la tenségrité reste surtout un sujet de laboratoire. Savoir si ces architectures légères peuvent porter des charges de chantier avec la fiabilité attendue est la vraie question pour les intégrateurs.

Déploya s'inscrit dans l'écosystème suisse de l'EPFL, qui fournit à l'Europe un vivier de spin-offs en robotique de terrain. Le secteur compte déjà des acteurs plus avancés sur d'autres tâches de chantier, comme Hilti avec son robot de perçage Jaibot, Dusty Robotics pour le traçage au sol ou Canvas pour la finition de plaques de plâtre. Aucun calendrier de pilote n'est annoncé dans la présentation. L'épisode permettra surtout de juger la maturité technique et la stratégie d'industrialisation de la jeune société.

Impact France/UE

Une spin-off de l'EPFL, école suisse, alimente l'écosystème européen de robotique de chantier, sans impact direct sur la France.

À lire aussi

Robot Talk, épisode 157 : générer de nouveaux designs de robots, avec Josie Hughes
1Robohub 

Robot Talk, épisode 157 : générer de nouveaux designs de robots, avec Josie Hughes

Josie Hughes, professeure assistante à l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), était l'invitée du 157e épisode du podcast Robot Talk, animé par Claire, pour discuter de l'utilisation de l'intelligence artificielle dans la conception de nouveaux manipulateurs robotiques. Hughes dirige le CREATE Lab à l'EPFL, qu'elle a fondé en 2021. Sa trajectoire académique passe par le Bio-inspired Robotics Lab de l'Université de Cambridge, où elle a soutenu une thèse sur le rôle de la passivité dans les manipulateurs bio-inspirés, c'est-à-dire la capacité d'un mécanisme à absorber et redistribuer l'énergie sans actionnement actif. L'approche de Hughes repose sur un paradigme de co-design : utiliser l'IA non pas pour contrôler des robots existants, mais pour générer des architectures mécaniques nouvelles, en exploitant les propriétés physiques intrinsèques des structures et leurs interactions avec l'environnement. Cette démarche est particulièrement pertinente pour les mains robotiques et les manipulateurs souples, domaines où l'espace de conception est vaste et difficile à explorer manuellement. Appliquée à des secteurs comme la durabilité ou la recherche scientifique automatisée, elle pourrait réduire les cycles d'itération matérielle, traditionnellement longs et coûteux. L'EPFL s'inscrit dans un écosystème européen actif en robotique de manipulation, aux côtés de groupes comme ceux de Sami Haddadin (TU Munich) ou de laboratoires ETH Zurich. Le CREATE Lab se distingue par son ancrage dans la robotique bio-inspirée et la conception morphologique. La discussion en podcast reste à un niveau introductif et ne présente pas de résultats expérimentaux publiés : il s'agit d'une présentation de programme de recherche, pas d'une annonce de déploiement.

UELes travaux du CREATE Lab de l'EPFL sur la co-conception IA pour manipulateurs robotiques renforcent la visibilité de la recherche européenne en robotique morphologique bio-inspirée, sans impact opérationnel immédiat.

FR/EU ecosystemePaper
1 source
Gravis Robotics lève 200 millions de dollars pour la construction autonome
2Robotics Business Review 

Gravis Robotics lève 200 millions de dollars pour la construction autonome

Gravis Robotics, société basée à Zurich et fondée en 2022 en essaimage de l'ETH Zurich, a annoncé que SoftBank investit 200 millions de dollars dans son tour de série A, ce qui constituerait selon l'entreprise la plus importante levée de fonds jamais réalisée dans la robotique de construction. La société est dirigée par Ryan Luke Johns (CEO) et Dominic Jud (CTO). Son produit, le Gravis Rack, est un kit de rétrofit qui ajoute autonomie et logiciel embarqué à des engins de chantier existants, notamment des pelleteuses. Il a déjà été installé sur des machines Caterpillar, Case, Develon, John Deere, JCB, Hitachi, Sumitomo, Yanmar et Volvo. Gravis affirme combler l'écart entre simulation et réalité grâce à des modèles entraînés sur des données synthétiques représentant des milliards de mètres cubes de matériaux virtuels, de l'argile molle aux sols rocheux, combinés à la télémétrie machine (vibrations moteur, résistance hydraulique) pour réagir en quelques microsecondes aux forces souterraines. L'entreprise ne communique en revanche aucun chiffre de déploiement réel : ni nombre de machines en service, ni client nommé, ni temps de cycle mesuré, ni prix du kit. Ce financement, présenté comme le plus important jamais recensé dans le secteur, confirme que les investisseurs considèrent désormais les chantiers de construction comme une nouvelle frontière de l'IA physique, après les véhicules autonomes et les robots humanoïdes. La différence structurelle avec la conduite autonome classique, qui navigue dans un environnement globalement fixe, tient à ce que le terrassement modifie activement le terrain : c'est ce défi de monde dynamique que Gravis cible en priorité. Avec environ deux tiers de la demande mondiale d'engins lourds situés hors des trois plus grands fabricants, l'entreprise mise sur une approche agnostique au matériel plutôt que sur un écosystème fermé propre à une marque, un choix censé séduire des entrepreneurs attachés à leurs flottes existantes et à leurs relations régionales avec les concessionnaires. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, l'enjeu est de réduire la dépendance à une main-d'oeuvre d'opérateurs qualifiés rares, tout en accélérant des chantiers stratégiques : logements, modernisation des réseaux électriques, centres de données pour l'IA, projets de relocalisation industrielle et de défense aux Etats-Unis. L'annonce reste néanmoins d'ordre financier et stratégique, pas une preuve chiffrée de déploiement à grande échelle sur des chantiers commerciaux. Cet intérêt s'inscrit dans un contexte de retard chronique d'automatisation dans la construction, alors que la demande grimpe pour la réparation d'infrastructures, la construction de centres de données liés à l'IA, et les projets de relocalisation industrielle et de défense aux Etats-Unis. Gravis présente sa stratégie comme distincte de celle des spécialistes de la conduite autonome ou des robots humanoïdes : son modèle du monde généraliste, construit à partir des caractéristiques de plusieurs marques d'engins plutôt que par imitation d'un opérateur unique, permettrait selon l'entreprise au même logiciel de piloter une mini-pelle comme une machine cinq fois plus grosse sans reprogrammation dédiée. Les dirigeants présentent ce tour de table comme une étape vers un déploiement généralisé du Gravis Rack sur les grands chantiers et un recrutement accru d'ingénieurs, mais sans calendrier de pilotes ni jalons intermédiaires précis. Le succès de ce pari dépendra de la capacité de Gravis à démontrer, au-delà du laboratoire et de la simulation, une précision comparable à celle d'un opérateur expérimenté sur des chantiers réels et non scriptés.

UECette levée record conforte la Suisse et l'ETH Zurich comme pôle europeen de robotique deep-tech, meme si le deploiement commercial vise surtout le marche americain.

FR/EU ecosystemeActu
1 source
Les robots IA de GFT Technologies passent de l'inspection à l'action pour les constructeurs automobiles
3Robotics Business Review 

Les robots IA de GFT Technologies passent de l'inspection à l'action pour les constructeurs automobiles

GFT Technologies SE, éditeur allemand de transformation digitale basé à Stuttgart, a annoncé le lancement d'une solution robotique intégrant l'IA directement dans l'action physique sur les lignes d'assemblage automobile. Là où la quasi-totalité des systèmes d'inspection visuelle existants se contentent de signaler une anomalie à un opérateur humain, GFT déploie désormais trois bras robotiques distincts capables, en séquence, de détecter et de retirer physiquement les pièces défectueuses sans intervention humaine. Le premier robot embarque une caméra fixée directement sur son préhenseur pour vérifier en temps réel le positionnement, les défauts visuels, ainsi que la lisibilité des étiquettes et numéros de série sur des pièces comme des pare-chocs, portières ou conduites. La solution est développée en partenariat stratégique avec Google Cloud dans le cadre d'un programme Industry 4.0, et s'appuie sur du matériel fourni notamment par NEURA Robotics. L'entreprise, qui emploie plus de 12 000 experts dans plus de 20 pays, cite Ford Motor Co. parmi ses clients en transformation des systèmes de production. L'enjeu est économique autant que technique. Un rappel de véhicule peut coûter plus de 500 dollars par unité à corriger, représentant des dizaines de millions de dollars pour un constructeur. Le principal blocage jusqu'ici n'était pas la détection, mais le délai entre l'alerte et la correction, incompatible avec la cadence d'une ligne moderne. GFT positionne sa solution comme une réponse directe à ce "gap insight-to-action". Sur le plan technique, la plateforme fusionne des données hétérogènes en temps réel : images de caméras d'inspection, vitesse de convoyeurs, signaux RFID de traçabilité des pièces. Brandon Speweik, responsable manufacturing chez GFT, note que les modèles actuels nécessitent désormais quelques centaines d'images pour l'entraînement, contre plusieurs milliers auparavant, ce qui réduit significativement le coût et le délai de personnalisation pour chaque constructeur. GFT Technologies revendique 35 ans d'expérience dans l'intégration pour l'industrie, avec une présence historique dans la banque, l'assurance et la manufacture. La solution robotique est présentée comme une extension naturelle de travaux antérieurs avec Google sur l'inspection visuelle assistée par IA. Sur le marché de l'inspection automatisée en milieu industriel, GFT se positionne face à des acteurs comme Cognex, Keyence ou des intégrateurs spécialisés, en misant sur une approche "clé en main" combinant software, robotique et connaissance métier. Le partenariat avec NEURA Robotics, startup allemande connue pour ses robots cognitifs, suggère une orientation vers des systèmes à capacités d'adaptation plus larges. L'article ne précise pas les volumes de déploiement actuels ni les timelines de généralisation, et la solution reste à ce stade une annonce commerciale sans chiffres de performance indépendants publiés.

UEGFT Technologies (Stuttgart) et NEURA Robotics (Allemagne) co-développent une solution d'inspection-action robotique pour l'automobile qui pourrait être adoptée par des constructeurs européens cherchant à réduire les coûts de rappel sur leurs lignes d'assemblage.

FR/EU ecosystemeActu
1 source
Pourquoi l'usinage suisse de précision est essentiel à l'avenir de la robotique et de l'automatisation
4Robotics & Automation News 

Pourquoi l'usinage suisse de précision est essentiel à l'avenir de la robotique et de l'automatisation

L'essor mondial de la robotique industrielle et des systèmes de fabrication intelligente génère une demande croissante pour des composants mécaniques usinés avec une précision extrême. Les robots collaboratifs, les systèmes d'assemblage automatisé et les équipements de production pilotés par capteurs reposent sur des pièces dont les tolérances s'expriment en microns. L'usinage de décolletage suisse (Swiss machining), technique CNC spécialisée dans la production de pièces cylindriques de petits diamètres à très haute précision, s'impose comme un maillon critique de cette chaîne d'approvisionnement, notamment pour les axes, arbres, vis-mères et composants de transmission intégrés dans les actionneurs et joints des bras robotiques. L'enjeu est structurel : un robot industriel ou collaboratif ne peut maintenir ses performances en production continue que si chaque composant respecte des tolérances serrées sur la durée. Une pièce légèrement hors cote dans un réducteur harmonique ou un rail de guidage peut induire des dérives cumulatives qui compromettent la répétabilité, paramètre central pour tout déploiement en ligne d'assemblage. Cela positionne les sous-traitants en décolletage suisse comme des fournisseurs de premier rang pour les intégrateurs robotiques, au même titre que les fournisseurs de motoréducteurs ou d'électronique embarquée. À noter : l'article reste de niveau "livre blanc promotionnel" et ne cite aucune métrique concrète ni aucun client. Le décolletage suisse est une industrie centenaire dominée par des acteurs européens, notamment en Suisse (canton de Neuchâtel) et dans le Jura français (Arc jurassien), ainsi qu'au Japon et en Allemagne. Face à la montée en charge des commandes robotiques, portée par Figure AI, Boston Dynamics, 1X Technologies ou encore le français Enchanted Tools, ces sous-traitants de précision se retrouvent en position stratégique, à condition d'investir dans l'automatisation de leur propre production pour tenir les volumes demandés par une industrie qui s'industrialise rapidement.

UELes sous-traitants en décolletage de l'Arc jurassien français sont directement positionnés comme fournisseurs stratégiques pour la vague de commandes robotiques mondiale, mais devront investir dans leur propre automatisation pour tenir les volumes.

FR/EU ecosystemeActu
1 source