
Blue Origin vise des lancements hebdomadaires de sa fusée New Glenn de 120 mètres d'ici la fin de la décennie
Blue Origin prépare un passage à plusieurs lancements hebdomadaires de sa fusée New Glenn, haute de 400 pieds (environ 122 m), d'ici la fin de la décennie, et étend pour cela ses installations en Floride. Le programme comprend un investissement de 330 millions de dollars à Rocket Park, un campus de fabrication de 1,37 million de pieds carrés (environ 127 000 m²) proche du Kennedy Space Center de la NASA. Il doit permettre de produire jusqu'à 150 seconds étages par an pour la version New Glenn 9×4, avec une livraison prévue à l'été 2027. L'usine reçoit aussi des systèmes automatisés d'usinage, de soudage, de manutention et d'inspection, ainsi que des capacités de traitement chimique, de préparation des coiffes, d'outillage et de stockage. À Cape Canaveral, Blue Origin construit avec l'US Space Force un centre d'intégration client doté de quatre baies de charge utile et de deux baies d'encapsulation. Le pas de tir LC-36A est en cours de remise en état après une anomalie survenue plus tôt cette année. LC-36B deviendra la base opérationnelle du 9×4, tout en accueillant les configurations 7×2 et 9×4, y compris pour des missions de sécurité nationale. Un bâtiment d'intégration verticale distinct est en chantier, et l'entreprise a demandé que la limite annuelle du complexe LC-36 passe de 12 à 50 lancements. Blue Origin affirme avoir investi plus de 3 milliards de dollars en Floride, où elle exploite plus de 20 sites dans les comtés de Brevard et d'Orange, avec plus de 5 000 employés et 500 fournisseurs.
L'enjeu dépasse le seul agrandissement d'usines. Une cadence hebdomadaire suppose de produire le matériel plus vite, de préparer plusieurs missions en parallèle et de remettre rapidement en service des boosters réutilisables. C'est sur ce dernier point que se joue la crédibilité du projet. Le réseau de récupération repose aujourd'hui sur une seule plateforme maritime, Jacklyn, stationnée à Port Canaveral, et deux autres sont en développement. Le futur bâtiment d'intégration verticale devra inspecter les étages récupérés et les préparer à la remise en état. La capacité annoncée de 150 étages supérieurs par an dépasse largement tout besoin actuel : c'est une capacité de dimensionnement, pas un rythme de lancement atteint. Aucun calendrier intermédiaire n'est précisé, et la demande de relèvement à 50 lancements annuels reste soumise à autorisation. Pour les clients institutionnels et les opérateurs de constellations, l'information utile est donc l'orientation stratégique, pas une promesse de disponibilité à court terme.
Ce plan s'inscrit dans la course aux lanceurs lourds réutilisables, où SpaceX conserve une avance nette en cadence avec Falcon 9, tandis que Blue Origin cherche à s'imposer comme second fournisseur, notamment pour les missions de sécurité nationale américaines. L'anomalie qui a touché LC-36A cette année rappelle que la montée en cadence reste conditionnée à la fiabilité au sol. Blue Origin vise une intégration verticale presque totale, avec un appui des fournisseurs externes, une approche qui rapproche la maîtrise des coûts de celle de son concurrent mais augmente l'exposition aux aléas de production. L'entreprise mobilise aussi ses sites de Cocoa, Melbourne, Orlando et Titusville, ainsi que son programme lunaire. Son association Club for the Future affirme avoir touché près de 700 000 élèves et 65 000 enseignants depuis 2019. Les prochaines étapes à surveiller sont la décision réglementaire sur les 50 lancements annuels, la livraison de l'extension de Rocket Park en 2027 et la mise en service des plateformes de récupération supplémentaires.




