
Des salles de rééducation aux pas du quotidien : le pari de RoboCT sur l'exosquelette
RoboCT, société de Hangzhou fondée en 2017, passe de l'exosquelette de rééducation hospitalière à l'aide à la marche grand public. En mars 2026, elle a levé plus de 100 millions de RMB en série B+, menée par ABC Capital. C'est son deuxième tour en moins d'un an. Les fonds visent l'expansion en Chine et à l'étranger des exosquelettes grand public, la R&D, l'enregistrement de nouveaux produits à interface cerveau-machine et la construction de canaux de distribution. Depuis juillet 2026, l'entreprise produit le GoGo dans une nouvelle usine à Wuxi. Cet exosquelette de hanche pèse environ 2,3 kg, fonctionne avec un moteur monté à la hanche et est présenté comme sans batterie. La formulation reste ambiguë pour un dispositif motorisé. L'usine démarre avec deux lignes, chacune capable d'environ 150 unités, sans que la période de production soit précisée. Côté clinique, cinq séries de rééducation de RoboCT auraient des enregistrements NMPA, selon un profil de 2024 de l'Association chinoise de médecine de réadaptation. Un marché public de 2025 pour l'université de Guangzhou inclut des systèmes de membres inférieurs, des modèles allongés ou assis, des exosquelettes de recherche et une plateforme d'analyse de la marche. Une délégation de l'hôpital luxembourgeois Hôpitaux Robert Schuman a visité le siège le 7 octobre 2026.
Cette trajectoire illustre le basculement du secteur. Selon le rapport IDC 2026, le marché chinois des exosquelettes pesait en 2025 plus de 1,6 milliard de RMB pour environ 26 000 unités. La rééducation médicale domine en valeur, mais les appareils d'assistance grand public représentent plus de 70 % des volumes. Le volume vient donc du dispositif léger, et la valeur du dispositif médical. Pour un intégrateur ou un décideur, ces deux produits ont des cahiers des charges opposés. Le premier doit s'adapter à chaque patient et s'intégrer au travail d'un thérapeute. Le second doit être léger, simple à enfiler et fiable sans supervision. Les chiffres publiés ne tranchent pas la question centrale. Aucun prix du GoGo n'est donné, aucune donnée d'efficacité non plus, et la capacité de 2 x 150 unités reste modeste. L'enregistrement NMPA fixe un seuil réglementaire pour les produits médicaux, mais ne prouve pas de meilleurs résultats cliniques, et les appareils de confort n'y sont pas soumis. Leur adoption durable dépendra du confort, du prix, de la formation et du service après-vente autant que du couple moteur.
Ce positionnement s'inscrit dans une concurrence internationale où chaque acteur se spécialise selon son cadre d'usage. Aux États-Unis, Ekso Bionics concentre son offre sur le système EksoNR, destiné à la rééducation. RoboCT s'appuie sur une pile technologique intégrée (moteurs, réducteurs, modules articulaires, capteurs, algorithmes de contrôle) et sur son statut de pionnier des dispositifs de rééducation réglementés par la NMPA. Ses prochaines étapes sont connues : la montée en cadence à Wuxi, les homologations de ses produits à interface cerveau-machine et l'ouverture à l'international, dont la visite luxembourgeoise est un premier signal. Rien n'indique à ce stade de contrat européen ni de calendrier de certification hors de Chine. Les volumes réels du GoGo seront le véritable test de la transition.
Une délégation de l'hôpital luxembourgeois Hôpitaux Robert Schuman a visité RoboCT, mais aucun contrat européen ni calendrier de certification hors de Chine n'est annoncé.
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