
Un robot humanoïde apprend à se baisser, enjamber des objets et éviter les obstacles grâce à un nouveau système

Galbot a présenté le 13 octobre 2026 PASSAGE, un framework de recherche qui permet à un robot humanoïde de choisir comment franchir un espace encombré: enjamber un objet, se baisser sous une barrière ou se tourner de profil pour passer une ouverture étroite. Le système associe perception de l'environnement, planification de mouvement et contrôle du corps entier. Un planificateur génère de courtes séquences de mouvements, qu'un contrôleur exécute en tenant compte de la géométrie environnante. Une seule approche planificateur-contrôleur remplace les politiques séparées par type d'obstacle. Les données d'entraînement comptent 100 heures de mouvements humains, collectées en réalité virtuelle et par capture de mouvement inertielle dans 1 500 scènes virtuelles. En fonctionnement, un LiDAR fournit la perception. Le calcul tourne sur un module Nvidia Jetson AGX Orin embarqué, sans carte préétablie ni calcul déporté. Le papier annonce 98,67 % de réussite sur 750 essais simulés dans 150 scènes inédites. Ce chiffre mesure seulement l'arrivée à destination: sans aucun contact avec les obstacles, le taux tombe à 70,3 %. En conditions réelles, un Unitree G1 a réalisé 50 parcours inédits sans chute ni intervention de sécurité, dont 45 sans toucher d'obstacle.
L'intérêt tient à ce que le système traite l'humanoïde comme un volume entier, tête, épaules, bras et torse compris, et non comme une paire de pieds à placer. Un robot qui passe les jambes mais heurte un plafond bas ou un chambranle reste inutilisable dans un entrepôt, un atelier ou un bâtiment conçu pour des humains. L'exécution embarquée sans carte est un point favorable pour un déploiement hors environnement contrôlé. Les chiffres demandent toutefois de la prudence. L'écart entre 98,67 % et 70,3 % montre que la locomotion en espace contraint reste fragile dès que l'on exige zéro contact, ce qui est le critère pertinent près de rayonnages, d'équipements ou de personnes. Les 50 essais physiques constituent une évaluation limitée, et rien n'établit une fiabilité généralisable. Il s'agit d'un résultat académique, pas d'un produit livré ni d'un déploiement client.
Galbot, entreprise chinoise de robotique, multiplie les démonstrations de capacités de ses humanoïdes. Elle a récemment montré son robot enchaîner plus de 100 échanges lors d'un match de tennis autonome en direct, avec suivi de balle, repositionnement et retours variés. PASSAGE prolonge cette ligne en visant la navigation et la coordination du corps entier. Le choix du Unitree G1 pour la validation réelle n'est pas anodin: cette plateforme à bas coût est devenue un banc d'essai courant, et les résultats sont ainsi plus faciles à comparer ou reproduire par d'autres laboratoires. Le travail s'inscrit dans la course aux contrôleurs de corps entier appris à partir de données humaines, où se retrouvent notamment Figure, Tesla et Nvidia avec ses modèles fondation. Aucun calendrier de pilote ou d'intégration commerciale n'est mentionné. La prochaine étape à surveiller est une réduction du taux de contact, puis des tests sur le robot propre à Galbot et dans des sites industriels réels.
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