BeingBeyond : Being-M0.7 s'appuie sur 10 000 heures de vidéos humaines pour apprendre aux humanoïdes à marcher et à saisir
BeingBeyond, la startup d'IA embarquée fondée par Lu Zongqing, professeur associé titulaire à l'Université de Pékin, a publié Being-M0.7, un modèle monde-action latent qui permet à un robot humanoïde de marcher et de manipuler des objets simultanément. Le modèle est préentraîné sur plus de 10 000 heures de vidéo égocentrique humaine brute et de données de mouvement, avant d'avoir vu la moindre trajectoire robot. Le postulat de l'équipe est que les démonstrations robotiques de loco-manipulation corps entier sont rares et coûteuses, alors que la vidéo à la première personne et la capture de mouvement abondent. Le pipeline compte trois étapes: le préentraînement projette vidéo et mouvement dans un espace partagé et prédit conjointement les états visuels futurs et le mouvement du corps; l'entraînement intermédiaire adapte cet a priori à la caméra et à la morphologie du robot; le post-entraînement ajoute un expert d'action distinct qui lit les prédictions du modèle gelé et produit des commandes corps entier. Le modèle travaille sur des caractéristiques d'image DINO gelées plutôt que sur des pixels, et humains comme robots partagent une représentation de mouvement compacte à 22 dimensions, ancrée sur la tête. Les modalités manquantes sont remplacées par des embeddings apprenables. Les données viennent d'Ego4D, Nymeria, HumanML3D, de travaux antérieurs de BeingBeyond et de données achetées.
Sur le benchmark de simulation SIMPLE (six tâches humanoïdes, trois niveaux de difficulté), Being-M0.7 réussit 128 essais sur 180, soit 71,1 %, le meilleur score des références testées: 64,4 % pour Ψ0, 52,8 % pour π0.5 et 33,9 % pour GR00T-N1.6. Ψ0 fait toutefois mieux sur une tâche et π0.5 sur deux autres. Sans préentraînement sur données humaines, le score tombe à 48,9 %. Sur un Unitree G1 doté de mains dextres, le modèle réussit 13 essais sur 15 sur trois tâches de marche et saisie, soit 86,7 %, exactement comme GR00T-N1.6, devant π0.5 (7 sur 15) et Ψ0 (3 sur 15). Sur robot réel, il s'agit donc d'une égalité et non d'une avance.
L'intérêt tient à la méthode plus qu'au score. L'ablation (de 71,1 % à 48,9 %) suggère que la vidéo humaine peut compenser une partie du déficit de données robot pour la loco-manipulation, un des problèmes les plus difficiles de l'humanoïde. Pour les intégrateurs, le signal reste modéré: échantillon de 15 essais par robot, tâches à horizon court, et un plafond de précision fixé par le contrôleur corps entier qui a servi à collecter les démonstrations. L'écart entre simulation et réel, où l'avantage disparaît, rappelle qu'aucun déploiement industriel n'est annoncé.
Le contexte est celui d'une course aux modèles monde-action entraînés sur données humaines. BeingBeyond a déjà publié Being-H0.7, un modèle monde embarqué entraîné sur 200 000 heures de vidéo humaine, et se mesure à NVIDIA (GR00T), Physical Intelligence (π0.5) et à Ψ0. Robotera a de son côté annoncé son VPP2, qui affiche 58,5 % en zero-shot sur de vrais bras ALOHA. Les prochaines étapes à surveiller sont des tests sur horizons longs et des résultats répliqués sur plusieurs plateformes, au-delà du seul G1.
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