Un nouveau robot humanoïde conçu en cinq mois manipule à distance des bombes et intervient sur des tâches à énergie dangereuse
Minerva Humanoids, startup basée à San Francisco, est sortie de stealth mardi avec un humanoïde bipède semi-autonome baptisé Roger, conçu pour la manipulation à distance d'explosifs et d'équipements énergétiques dangereux. La société annonce environ 10 millions de dollars de financement pré-seed, menés par General Catalyst avec Long Journey Ventures et Credo Ventures comme co-leads. Le système repose sur de la téléopération : un opérateur, casque VR sur la tête, voit par les caméras du robot et pilote ses mouvements, y compris des tâches bimanuelles. Le logiciel embarqué, Minerva Intelligence, gère l'équilibre, la navigation et la récupération après chute, via des boucles de contrôle à faible latence. Minerva affirme qu'un opérateur maîtrise le contrôle complet du corps en quelques minutes. Aucun chiffre n'a été publié sur la charge utile, l'autonomie, la vitesse ou la précision de manipulation, et le nombre de degrés de liberté reste inconnu. Les premiers pilotes payants sont annoncés pour cet automne.
L'intérêt est d'abord opérationnel. Les robots chenillés à bras unique utilisés par les équipes de neutralisation d'explosifs (EOD) échouent dès qu'une tâche exige deux mains ou une dextérité fine, et un technicien doit alors revêtir la combinaison et s'approcher seul de l'engin. Dominic Asquith, vétéran des forces spéciales britanniques et responsable des opérations dangereuses chez Minerva, résume ce moment comme « la longue marche ». Le positionnement est lucide : plutôt que de promettre une autonomie générale, Minerva garde l'humain dans la boucle de décision et place seulement le robot dans la zone à risque. C'est un marché de niche mais solvable, où la téléopération assistée est acceptable et où le critère d'achat est la sécurité, pas le temps de cycle. Il reste à prouver que l'humanoïde égale ou dépasse en fiabilité les plateformes EOD éprouvées, ce que les démonstrations seules ne tranchent pas. Les « quelques minutes » d'apprentissage et la construction en cinq mois sont des affirmations de l'entreprise, sans mesure indépendante.
Minerva a été fondée fin 2025 par Sandor Felber (CEO), passé par la recherche en robotique humanoïde au MIT CSAIL et par le programme Optimus de Tesla, et Maurice Rahme (CTO), six ans chez Boston Dynamics et responsable technique du robot logistique Stretch. Le logiciel est développé surtout aux États-Unis, tandis que les premiers prototypes sont fabriqués et assemblés en Allemagne, avec une production prévue à terme dans les deux pays. Avant son lancement, la société a présenté sa technologie au Centre d'excellence de l'OTAN pour la neutralisation des explosifs, en Slovaquie, et a mené des essais sur site pour la sécurité publique dans l'un des deux grands aéroports qu'elle envisage comme sites de déploiement. Des partenariats de recherche avec la Mohamed bin Zayed University of Artificial Intelligence et l'Université de Waterloo portent sur les humanoïdes pour l'énergie et sur la perception en cas de fumée, d'obscurité ou de défaillance de capteurs. Le marché visé comprend aussi la réponse aux matières dangereuses, l'offshore pétrolier et gazier et les sites haute tension. Les fonds serviront à développer le matériel et le contrôle avant des déploiements énergie et EOD prévus plus tard cette année.
Les prototypes sont assemblés en Allemagne avec une production prévue à terme en Europe, et la société a présenté sa technologie au Centre d'excellence OTAN de neutralisation des explosifs en Slovaquie.
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