Un robot d'usine du F-35 aux États-Unis réduit la pose de boulons de plusieurs heures à quelques minutes
Northrop Grumman a ramené de plusieurs heures à quelques minutes une opération d'assemblage sur les modules avioniques du F-35, grâce à un cobot installé sur sa ligne de production. Le robot travaille aux côtés des techniciens qui construisent le module CNI (Communications, Navigation and Identification), l'un des éléments du système avionique intégré du chasseur. Sa tâche est de guider l'installation précise des boulons qui fixent la zone du boîtier avant. Lavell Catlin, responsable de fabrication de la ligne CNI, affirme que cette opération « prenait des heures » et ne demande plus que « quelques minutes ». Le robot assiste l'opérateur, il n'assemble pas seul. L'industriel indique aussi avoir réaffecté « un couple » d'employés à d'autres tâches. En parallèle, des outils d'inspection par IA examinent les modules terminés et signalent les défauts potentiels avant expédition, y compris de très petites anomalies. Northrop étend ces systèmes à d'autres zones de la ligne CNI. Aucune donnée n'est publiée sur le modèle de cobot, sa charge utile, le taux de défauts détectés ou le nombre de modules concernés.
Le point à retenir est moins la prouesse robotique que le type d'application. Il s'agit d'une tâche de vissage de précision, assistée et non autonome, dans un environnement aéronautique de défense à faible volume et à forte exigence de traçabilité. C'est précisément là que la cobotique industrielle tient ses promesses de façon tangible, loin des démonstrations d'humanoïdes polyvalents. Pour les intégrateurs et les responsables d'usine, le signal est que l'assistance ciblée sur une opération à fort enjeu qualité produit des gains mesurables sans refonte de ligne. Une réserve s'impose toutefois : le « de plusieurs heures à quelques minutes » vient d'un responsable de production, sans définition du périmètre (réglage, contrôle et mise en position inclus ou non), ni mesure indépendante. Le gain de temps est plausible, mais son ampleur exacte reste invérifiable. Le discours sur le redéploiement de deux employés, plutôt que sur des suppressions de postes, relève aussi de la communication.
Cette annonce s'inscrit dans une automatisation plus large chez Northrop Grumman, partenaire du programme F-35 mené par Lockheed Martin, dont il assure le fuselage central, le radar, les systèmes de communication et la furtivité. À Palmdale, en Californie, sa ligne d'assemblage intégrée combine robotique, automatisation et réalité mixte, et sort un fuselage central toutes les 30 heures. L'entreprise fabrique aussi par procédés automatisés des pièces composites comme les peaux d'aile et les nacelles pour les trois variantes de l'appareil. L'objectif affiché est d'augmenter la capacité de production tout en préservant la qualité, alors que les livraisons continuent pour l'armée américaine et ses alliés. Aucun calendrier de déploiement sur d'autres lignes n'a été communiqué. Sur ce terrain, Northrop suit une trajectoire comparable à celle d'autres grands de l'aéronautique, qui misent sur le cobot et la vision par IA avant toute robotique mobile avancée.
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