
TERRA : reconstruction, retargeting et contrôle adaptés au terrain pour la locomotion musculosquelettique
Des chercheurs du laboratoire CNAI de l'EPFL, à Lausanne, ont publié sur arXiv TERRA, un pipeline complet de reconstruction, de retargeting et de contrôle de la locomotion musculo-squelettique sur terrain non plat. À partir de simples trajectoires cinématiques, sans scène associée, le système reconstitue la géométrie d'appui en combinant des a priori sur le terrain, des contacts estimés et une « évidence négative d'espace libre », c'est-à-dire les zones que le corps n'a manifestement pas occupées. Le retargeting vers le modèle musculo-squelettique respecte des contraintes anatomiques, de continuité des tendons et de contact. Les auteurs ont assemblé des paires mouvement-terrain issues de cinq jeux de données, soit 9,4 heures de locomotion variée, et y ont entraîné une politique unique de contrôle à actionnement musculaire. Sur les benchmarks de reconstruction, de retargeting et de suivi sur données retenues, TERRA améliore la précision du terrain, réduit nettement les violations anatomiques et d'interaction, et affiche le plus haut taux de complétion parmi les familles de terrains prises en charge. Les chiffres détaillés ne figurent pas dans le résumé, et il s'agit d'un preprint non évalué par les pairs, évalué en simulation.
L'intérêt dépasse la biomécanique. Les agents pilotés par muscles simulés savent reproduire des mouvements humains de plus en plus complexes, mais presque toujours sur sol plat, faute de jeux de données où le mouvement est aligné avec la géométrie du terrain. TERRA contourne ce verrou en inférant le terrain à partir du mouvement seul, ce qui permet de réutiliser des archives de capture existantes sans les réacquérir. Pour la robotique, la portée est indirecte mais réelle : les humanoïdes actuels utilisent des actionneurs rotatifs, et les modèles musculo-squelettiques servent surtout à la biomécanique, à la conception de prothèses et d'exosquelettes, ou à l'étude de la marche pathologique. Une politique unique couvrant plusieurs terrains suggère que l'apprentissage par renforcement à grande échelle peut s'étendre à des corps à très haute dimensionnalité. Rien n'indique en revanche un transfert vers du matériel physique.
Ce travail prolonge une série de résultats sur les agents musculo-squelettiques entraînés par RL, tandis que le suivi de mouvement humain par retargeting s'est surtout développé pour les humanoïdes classiques, comme dans les travaux de style GR00T de NVIDIA ou les politiques de suivi de capture de mouvement. Côté européen, l'EPFL occupe une position forte à l'interface entre contrôle neuromécanique et robotique, et les applications d'exosquelettes, où Wandercraft en France est un acteur de référence, pourraient bénéficier à terme de modèles de locomotion sur terrain irrégulier. La suite logique serait l'extension à davantage de familles de terrains, la validation sur des mouvements réels de patients et, plus loin, le test sur des systèmes physiques. Aucun calendrier n'est annoncé, et un site de projet est disponible sur cnai.epfl.ch/terra.
Travail de l'EPFL (Suisse, hors UE mais pleinement intégrée à l'écosystème de recherche européen) qui pourrait à terme bénéficier aux applications d'exosquelettes, notamment celles de Wandercraft en France.
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