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Entretien avec José António Bernardo, chef de projet R&D chez ABMI Groupe

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Résumé IASource uniqueImpact UE

Dans un entretien publié par Robot Magazine, José António Bernardo, docteur en microélectronique et intelligence artificielle, chef de projet R&D chez ABMI Groupe, détaille plusieurs cas concrets issus d'un projet de bras robotique couplé à de la vision. La fonction de positionnement fournie par le constructeur du bras renvoyait un statut « OK » alors qu'elle laissait 24 mm d'erreur sur la cible ; en recalculant sa propre cinématique inverse, l'équipe a ramené cette erreur à 1,8 mm. Côté vision, leur réseau détectait 99,4 % des points d'intérêt en simulation contre 27 % seulement sur le robot physique, un écart réduit à 8 points après plusieurs mois de travail. La machine à états du système démarre désarmée et un superviseur surveille en continu neuf conditions d'arrêt, dont l'incohérence entre commande envoyée et mesure réelle. Un capteur de pince signalant à tort un objet saisi a imposé l'ajout d'un test de soulèvement systématique après chaque prise. Enfin, le temps de cycle par mouvement est passé de 22,7 à 1,35 seconde sans changer la vitesse du bras, simplement en mesurant l'immobilité réelle plutôt qu'en attendant une temporisation fixe.

Ce témoignage recadre un débat central pour l'industrie robotique : une démonstration réussie ne prouve rien sur la fiabilité en production. Bernardo pointe que le principal verrou des modèles vision-langage-action (VLA), aujourd'hui très suivis dans le secteur, n'est pas la qualité intrinsèque du modèle mais l'absence de méthode pour prouver qu'un système continue de fonctionner hors de son domaine d'entraînement. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, la répétabilité sur des centaines de cycles, la capacité à s'arrêter en sécurité et la gestion explicite des échecs de capteurs séparent un prototype d'un outil de production, bien plus que la précision brute ou la vitesse affichée dans une vidéo. Ce discours nuance le narratif dominant selon lequel l'écart simulation-réel serait en voie d'être résolu par la seule montée en échelle des modèles : ici, l'écart reste mesuré en dizaines de points de pourcentage et se réduit par un travail d'ingénierie méthodique, mois après mois.

ABMI Groupe, groupe d'ingénierie français où travaille Bernardo, se positionne comme un acteur de rigueur méthodologique dans un secteur où la communication autour des robots humanoïdes et des modèles génératifs repose largement sur des démonstrations soigneusement montées. Sans citer de concurrent nommément, l'entretien s'inscrit dans le débat, de plus en plus présent en France et en Europe, sur les conditions d'émergence de « champions européens » de la robotique face aux laboratoires nord-américains et chinois qui dominent les modèles vision-langage-action. Publié par Robot Magazine, l'entretien se poursuit au-delà de cet extrait sur les projets concrets menés par l'équipe R&D, mais sans calendrier de déploiement industriel ni client nommé à ce stade : il s'agit d'un partage de méthodologie et de retour d'expérience technique, non de l'annonce d'un produit ou d'un pilote commercial.

Impact France/UE

Ce témoignage émane d'ABMI Groupe, groupe d'ingénierie français, et nourrit le débat sur l'émergence de champions européens de la robotique face aux laboratoires nord-américains et chinois.

Dans nos dossiers

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Danser avec REEM-C : une étude de communication physique et sociale entre robot et humain
1arXiv cs.RO 

Danser avec REEM-C : une étude de communication physique et sociale entre robot et humain

Une équipe de recherche publie une étude actualisée (arXiv:2408.05301, version 3) consacrée à la communication physique et sociale entre un robot humanoïde et un humain, testée à travers un scénario de danse en couple. La plateforme humanoïde à corps complet REEM-C, développée par l'entreprise espagnole PAL Robotics, tient le rôle du meneur et guide un partenaire humain en lui signalant les prochains pas via trois canaux de communication, haptique (contact physique), visuel et audio, utilisables seuls ou combinés. Pour cela, les chercheurs ont conçu une architecture de contrôle du corps entier scindée en deux : le haut du corps combine contrôle en admittance et en impédance pour gérer le contact physique avec le partenaire, tandis que le bas du corps reste en contrôle de position pour assurer l'équilibre et l'exécution des pas. Des expériences menées avec des participants humains ont permis de vérifier les performances du contrôleur et de comparer l'efficacité perçue et le confort des différentes modalités de communication. L'interaction physique-sociale homme-robot (psHRI) reste un point faible de la robotique humanoïde actuelle : la plupart des plateformes évitent le contact physique direct avec un humain ou le gèrent de façon rigide, ce qui limite les scénarios de collaboration rapprochée comme le guidage physique, l'assistance à la mobilité ou le co-portage de charges. En testant un robot qui initie et maintient un contact physique continu pour transmettre de l'information, l'étude sort du cadre habituel des démonstrations de manipulation ou de locomotion isolées et s'attaque directement à la lisibilité de l'intention robotique en contact rapproché. Pour les intégrateurs et chercheurs en robotique collaborative, les résultats sur la modalité jugée la plus efficace et la plus confortable, au-delà de la seule faisabilité technique du contrôleur, offrent des repères concrets pour concevoir des interfaces physiques en usine, en logistique ou en assistance à la personne, où le geste doit rester intuitif sans effort cognitif pour l'humain. REEM-C est la plateforme de recherche humanoïde de PAL Robotics, entreprise basée à Barcelone, déjà utilisée dans de nombreuses études académiques d'interaction homme-robot avant ce travail sur la danse meneur-suiveur. Cette publication s'inscrit dans un contexte où la majorité des annonces humanoïdes récentes, qu'il s'agisse de Figure 03, d'Optimus ou d'autres plateformes commerciales, mettent l'accent sur la manipulation autonome et la marche plutôt que sur la communication physique fine avec un partenaire humain. Il s'agit ici d'un travail de recherche académique, article arXiv en version révisée et non d'un produit commercialisé ni d'un déploiement industriel, dont l'objectif est de poser des bases méthodologiques pour des contrôleurs psHRI plus lisibles. Les auteurs évoquent des prolongements possibles vers d'autres scénarios de guidage physique au-delà de la danse, où ce type de communication multimodale pourrait s'appliquer à la rééducation ou à l'accompagnement de personnes à mobilité réduite.

UEPAL Robotics (Barcelone, Espagne) fait progresser via cette étude académique l'interaction physique homme-robot, un savoir-faire européen directement transférable a l'industrie, la logistique et l'assistance a la personne en UE.

FR/EU ecosystemePaper
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Brightpick étend son partenariat avec Dr. Max Group
2Robotics & Automation News 

Brightpick étend son partenariat avec Dr. Max Group

Brightpick, fournisseur de robotique d'entrepôt pilotée par IA, annonce l'extension de son partenariat avec Dr. Max Group, la plus grande chaîne de pharmacies d'Europe. Après une phase d'exploitation réussie et une montée en charge progressive au centre de distribution de Prague, en République tchèque, l'entreprise va déployer 44 robots mobiles autonomes Autopicker supplémentaires dans d'autres entrepôts tchèques et slovaques. Le communiqué ne précise ni le volume total de la flotte résultante ni de calendrier de livraison détaillé, ce qui invite à la prudence sur l'ampleur réelle de l'opération à ce stade. Cette extension confirme un mouvement de fond dans la logistique pharmaceutique européenne: après la phase pilote, les robots mobiles autonomes de picking passent à un déploiement multi-sites, signe que la technologie tient au-delà d'une démonstration isolée. Pour les intégrateurs et décideurs B2B du secteur, c'est l'indication que l'automatisation robotisée des centres de distribution pharmaceutiques, où traçabilité et précision de prélèvement sont critiques, sort du stade expérimental. Cela renforce aussi la position de Brightpick face aux autres acteurs européens des AMR d'entrepôt, comme le français Exotec, dans un marché où la preuve par l'usage compte plus que les annonces. Dr. Max Group exploite un vaste réseau de pharmacies et de centres de distribution en Europe centrale et de l'Est, une échelle qui explique le choix de valider d'abord la robotisation sur un site pilote avant d'étendre le modèle. Prague a servi de site de référence, avant un élargissement en République tchèque et en Slovaquie, ce qui laisse entrevoir une extension future vers d'autres marchés du groupe, même si Brightpick n'a pas communiqué de calendrier précis pour ces prochaines étapes.

UELe déploiement de robots Autopicker s'étend à des entrepôts pharmaceutiques en République tchèque et en Slovaquie, confirmant la maturité de l'automatisation logistique dans l'UE face à des acteurs comme le français Exotec.

FR/EU ecosystemeActu
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Robots peuvent désormais apprendre des tâches d'usine à haute dextérité par la vidéo, avec un minimum d'entraînement
3Interesting Engineering 

Robots peuvent désormais apprendre des tâches d'usine à haute dextérité par la vidéo, avec un minimum d'entraînement

Mimic Robotics, société suisse de robotique physique, a dévoilé FLUX-mimic, un modèle vidéo-action de nouvelle génération développé avec Black Forest Labs, capable d'enseigner à des robots industriels des tâches de manipulation fine à partir de simples démonstrations vidéo. Le système s'appuie sur FLUX 3, le modèle de génération vidéo de Black Forest Labs, associé à un décodeur d'actions qui traduit les prédictions visuelles en mouvements robotiques exécutables. Selon Mimic Robotics, FLUX-mimic peut être affiné pour certaines tâches avec seulement 30 minutes de démonstrations robotiques, contre 30 heures ou plus pour les pipelines d'apprentissage conventionnels, un écart présenté par l'entreprise elle-même et donc à prendre avec la prudence habituelle réservée aux chiffres communiqués par le fournisseur. La technologie est actuellement déployée chez le constructeur automobile Audi, dans le cadre d'une évaluation portant sur l'automatisation de tâches à haute dextérité impliquant des matériaux flexibles et une manipulation fine. Cette annonce s'inscrit dans un débat plus large sur la viabilité des modèles vidéo-action (VAM) face aux modèles vision-langage-action (VLA) désormais dominants, à l'image de Pi-0 ou GR00T N2. Contrairement à ces derniers, pré-entraînés sur des paires image-texte statiques et devant apprendre la physique quasi exclusivement via des démonstrations robotiques coûteuses, FLUX-mimic part d'un modèle vidéo déjà entraîné à grande échelle sur la dynamique des objets et des mouvements, ce qui réduirait drastiquement le volume de données spécifiques à collecter. Si la promesse se vérifie en production, elle répond directement à l'un des principaux obstacles à la commercialisation de la robotique industrielle par apprentissage: le coût et la lenteur de la collecte de démonstrations pour chaque nouvelle tâche. Une réduction du cycle de déploiement de plusieurs mois à quelques semaines, telle qu'annoncée, changerait significativement le calcul économique pour les intégrateurs face à des tâches variables et peu standardisées, typiquement délaissées par l'automatisation classique programmée manuellement. FLUX-mimic prolonge les travaux antérieurs de Mimic Robotics sur les modèles vidéo-action, avec une architecture désormais pensée spécifiquement pour l'IA physique en environnement industriel. Le partenariat avec Audi, dont les usines affichent déjà un fort taux d'automatisation, sert de banc d'essai pour mesurer si ces systèmes d'apprentissage tiennent la route hors laboratoire, un test que beaucoup d'approches VLA ou VAM concurrentes n'ont pas encore passé à cette échelle. Les deux partenaires évoquent des perspectives d'extension à d'autres opérations de fabrication et de logistique, sans toutefois communiquer de calendrier précis ni de métriques de performance en production, ce qui place pour l'instant cette collaboration au stade du pilote d'évaluation plutôt que du déploiement industriel validé.

UEAudi teste FLUX-mimic dans ses usines allemandes pour automatiser des tâches de manipulation fine, un cas concret d'adoption industrielle en Europe qui pourrait influencer d'autres constructeurs automobiles de l'UE si le pilote se confirme.

FR/EU ecosystemeActu
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Compréhension sémantique du contrôle du corps entier de l'humanoïde par l'audio, en dynamique
4arXiv cs.RO 

Compréhension sémantique du contrôle du corps entier de l'humanoïde par l'audio, en dynamique

Une équipe du Lab Rococo de l'université Sapienza de Rome a publié le 17 juillet 2026 sur arXiv (2607.14182) un système d'orchestration multimodale permettant à un robot humanoïde de choisir et d'exécuter en temps réel des mouvements en réaction à un flux audio continu, sans script préétabli. Le framework distingue deux branches de traitement : la musique, analysée par empreinte audio et embeddings sémantiques pour identifier un morceau et synchroniser temporellement les mouvements avec ses segments, et la parole, ancrée dans une bibliothèque discrète de compétences apprises par imitation pour permettre une interaction directe humain-robot. Les deux flux passent par une interface unifiée qui ordonnance l'exécution des compétences au sein d'un pipeline de contrôle par renforcement. L'approche a été validée en simulation puis transférée sur un humanoïde Unitree G1, avec des résultats montrant un transfert sim-to-real robuste et une sélection de politique cohérente selon le contenu audio. L'intérêt de ces travaux tient moins à la performance spectaculaire qu'à la nature du problème adressé : la plupart des démonstrations de robots humanoïdes dansant ou réagissant à la musique reposent aujourd'hui sur des séquences chorégraphiées à l'avance et déclenchées manuellement, ce qui limite fortement leur autonomie réelle face à un environnement dynamique. En conditionnant la sélection de compétences motrices sur une compréhension sémantique du signal audio plutôt que sur un déclenchement externe, cette recherche s'inscrit dans la tendance plus large des politiques de contrôle vision-langage-action cherchant à rapprocher la réactivité perceptive des robots de celle d'un humain, un axe scruté de près par les intégrateurs et laboratoires travaillant sur l'autonomie des humanoïdes plutôt que sur la simple téléopération ou le scriptage. Le choix du Unitree G1 comme plateforme d'expérimentation illustre son rôle de standard de facto pour la recherche académique en contrôle humanoïde, grâce à son prix contenu comparé aux plateformes de Boston Dynamics ou Figure. Il s'agit ici d'un travail de recherche publié avec matériel supplémentaire en ligne, non d'un produit commercialisé ; les auteurs ne communiquent pas de calendrier de déploiement au-delà de la validation en laboratoire présentée dans l'article.

UECe travail de recherche académique est mène par le Lab Rococo de l'université Sapienza de Rome (Italie), un acteur européen, mais reste une publication de laboratoire sans déploiement commercial ni impact réglementaire annonce en France ou en UE.

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