
Amazon investit 100 millions de dollars dans une nouvelle usine dans l'Indiana
Amazon a annoncé cette semaine un investissement de plus de 100 millions de dollars dans une nouvelle usine de fabrication de 585 000 pieds carrés (environ 54 000 m²) à Greenwood, dans l'Indiana. Le site doit créer 300 emplois qualifiés dans la fabrication et l'ingénierie, et devrait entrer en service d'ici 2028. Il produira des composants destinés au réseau logistique et robotique d'Amazon en Amérique du Nord, en combinant sous un même toit fabrication, soudure robotisée, revêtement poudre automatisé et assemblage, le tout appuyé par des systèmes de fabrication intelligente utilisant AWS et de l'intelligence artificielle. Cette annonce fait suite à celle d'un investissement similaire au Texas en août 2026, confirmant l'expansion de l'empreinte manufacturière domestique du groupe. Amazon affirme avoir déjà fabriqué plus d'un million de robots aux Etats-Unis, déployés dans plus de 300 sites dans le monde, où ils contribueraient au traitement de 75% des commandes clients livrées par l'entreprise. Le principal pôle de fabrication robotique du groupe reste ses sites du Massachusetts.
Cette annonce illustre la volonté d'Amazon d'internaliser la production de son parc robotique plutôt que de dépendre de fournisseurs tiers, une stratégie qui la rapproche des fabricants spécialisés en automatisation industrielle. Pour les intégrateurs et décideurs du secteur, le signal est celui d'un changement d'échelle: l'automatisation logistique n'est plus un projet pilote mais une infrastructure industrielle à part entière, construite en interne par un hyperscaler. Il faut toutefois distinguer l'annonce de la réalité opérationnelle: le site de Greenwood n'ouvrira qu'en 2028, et les chiffres avancés (un million de robots, 75% des commandes, 300 sites) sont des déclarations d'Amazon elle-même, non vérifiées de façon indépendante. Il s'agit donc d'un investissement projeté, pas d'un déploiement déjà opérationnel.
Cette expansion s'inscrit dans une stratégie robotique plus large. Dans ses centres de traitement des commandes, Amazon exploite déjà plus d'un million de robots pour le stockage, le picking, le tri et le transport intra-site, dont les robots mobiles Proteus. Au-delà de l'entrepôt, l'entreprise investit aussi dans la livraison: elle a racheté cette année RIVR, développeur de robots quadrupèdes à roues pour la livraison au porte-à-porte, une société que Jeff Bezos suivait depuis 2024 via un tour d'amorçage de 22 millions de dollars mené par Bezos Expeditions et HongShan. Ce rachat intervient après l'arrêt en 2022 du programme de robot-livreur Scout. Amazon prévoit aussi d'étendre son service de drones Prime Air à près de 500 villes américaines d'ici fin 2026, soit un bond de six fois par rapport à son empreinte actuelle.




