
Des chercheurs du MIT construisent un laboratoire robotisé qui assemble et exécute ses propres expériences laser

Des chercheurs du MIT, au Research Laboratory of Electronics, ont construit un laboratoire robotique capable d'assembler, calibrer et démonter seul des expériences d'optique laser, un travail qui prend habituellement des mois de réglages manuels. Menée par le postdoctorant Sachin Vaidya et le professeur Marin Soljačić, l'équipe utilise un bras robotique qui saisit des composants optiques standards (miroirs, lentilles), chacun logé dans un boîtier imprimé en 3D avec code QR d'identification et base magnétique, pour les positionner avec une précision micrométrique. Un outil de réglage Wi-Fi tourne à distance les molettes des montures optiques, tandis que deux caméras aériennes guident le logiciel dans la reconnaissance des pièces et le calcul des trajectoires ; une interface virtuelle permet aussi de déplacer les composants en glissant leur icône à l'écran. Lors d'une démonstration, le robot a assemblé seul une cavité laser de table, brique de base de la plupart des montages optiques, en 50 manœuvres et 30 minutes, puis s'est réajusté automatiquement après le déplacement volontaire d'un composant pour maintenir l'intensité du faisceau. Les détails complets seront présentés à la conférence IROS (Intelligent Robots and Systems) ce mois-ci.
Pour la photonique et les laboratoires de R&D, l'enjeu est de lever un goulot d'étranglement connu : le montage optique reste un geste artisanal, dépendant du savoir-faire individuel et peu reproductible. Un système fonctionnant sans fatigue, avec une constance que Vaidya juge supérieure au réglage "au feel" pratiqué par les humains, pourrait libérer du temps de recherche et accélérer les cycles d'expérimentation, promesse qu'une seule démonstration de 30 minutes ne suffit pas à établir à grande échelle. Le projet rejoint la tendance des laboratoires autopilotés ("self-driving labs"), déjà testée en chimie et en science des matériaux, ici appliquée à l'optique de précision où les tolérances se comptent en microns. Une interface cloud, si elle aboutit, permettrait à des chercheurs distants de soumettre des protocoles exécutés physiquement par le robot, utile pour tester plus vite des prototypes de caméras, écrans, cellules solaires ou casques AR/VR.
Construire une seule expérience d'optique peut prendre des mois de positionnement manuel de miroirs et lentilles fragiles, d'où le choix de la cavité laser comme premier cas d'usage, composant quasi universel des montages optiques. L'équipe étend le système sur deux fronts : le matériel, pour élargir la gamme de composants manipulables, et l'interface cloud, pour l'exécution à distance de protocoles. Les chercheurs appliquent déjà leur plateforme à un usage concret hors laser, l'évaluation de matériaux candidats à la capture du carbone, en éclairant des échantillons avec une lumière calibrée pour mesurer leur absorption de CO2. Aucun partenaire industriel, prix ni calendrier de déploiement commercial n'est mentionné ; le système reste, à ce stade, un démonstrateur académique.




