
7 fabricants de robots humanoïdes qui s'imposent dans les usines réelles

Les robots humanoïdes sortent des laboratoires pour entrer dans les usines et entrepôts, et en 2025 la Chine a capté plus de quatre installations mondiales sur cinq. Figure AI (Californie) a testé son Figure 03, piloté par le système d'IA Helix qui traduit voix et vision en gestes, sur une chaîne de production BMW active ; son prédécesseur Figure 02 a chargé plus de 90 000 composants sur 1 250 heures de fonctionnement, contribuant à plus de 30 000 véhicules. AgiBot, fondée à Shanghai en 2023, domine le marché avec 30,4 % des installations mondiales en 2025 selon des chiffres relayés par le South China Morning Post, devant Unitree Robotics (26,4 %), dont le modèle G1 démarre à environ 13 500 dollars. UBTech (Shenzhen) a livré 1 079 humanoïdes de sa série Walker en 2025, dont le Walker S2, capable de remplacer seul sa propre batterie. Tesla développe Optimus à partir des technologies de ses véhicules autonomes mais n'a pas encore atteint de déploiement commercial significatif, Elon Musk ayant reconnu que la montée en production serait très lente, tandis qu'Apptronik (Texas), issu de travaux liés au programme Valkyrie de la NASA, développe le robot Apollo pour le transport de matériaux, la livraison de composants et l'inspection de produits.
Cette avance chinoise en volume nuance l'idée d'une domination américaine totale sur la robotique humanoïde : Washington garde la main sur l'IA générale et les architectures vision-langage-action comme Helix, mais Pékin a industrialisé le hardware à bas coût, à l'image du G1 d'Unitree à 13 500 dollars. Le déploiement de Figure 03 sur une vraie ligne BMW, plutôt qu'en démonstration scénarisée, suggère que l'écart entre marketing et usage industriel réel se réduit pour des tâches répétitives bien définies. La prudence reste toutefois de mise : une enquête de Reuters conclut que les humanoïdes demeurent globalement trop lents et trop sujets aux erreurs pour la plupart des tâches industrielles, ce qui relativise les volumes annoncés côté chinois. Pour les décideurs B2B, le hardware devient plus accessible et plus rapide à produire, mais la fiabilité opérationnelle à grande échelle reste à prouver, y compris pour Tesla, dont l'expérience de fabrication de masse n'a pas empêché une montée en charge très progressive d'Optimus.
Cette répartition reflète des trajectoires distinctes : Figure AI et Apptronik misent sur l'intelligence artificielle incarnée et un héritage de recherche, Apptronik prolongeant directement le programme Valkyrie de la NASA, tandis que Tesla capitalise sur son savoir-faire de fabrication automobile à très grande échelle. En Chine, AgiBot, Unitree et UBTech ont privilégié la production de masse, l'ouverture des plateformes et des prix cassés pour saturer le marché avant même la pleine maturité de la technologie, une stratégie qui explique leur poids combiné de près de 57 % des installations mondiales en 2025. Les prochaines étapes attendues incluent la poursuite des essais de Figure 03 chez BMW, une montée en production toujours qualifiée de lente pour Optimus, et l'extension des usages de la série Walker d'UBTech vers davantage de manutention et de contrôle qualité, dans un secteur où la vitesse d'exécution reste, selon Reuters, le principal frein à un déploiement industriel généralisé.
BMW, constructeur automobile allemand, teste le Figure 03 sur une de ses chaînes de production actives, illustrant l'adoption naissante de robots humanoïdes par un grand industriel européen.
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