Aller au contenu principal
Humanoïde bionique doté de capteurs d'émotions : ce robot verse de vraies larmes en parlant
Chine/AsieInteresting Engineering 

Humanoïde bionique doté de capteurs d'émotions : ce robot verse de vraies larmes en parlant

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

Lors de la conférence Inclusion 2026 sur le Bund, à Shanghai, un robot humanoïde doté de capteurs d'émotion a fait couler de vraies larmes sur simple demande verbale d'un visiteur, l'un des moments marquants de l'événement. L'appareil s'appuie sur une architecture à trois couches conçue pour produire des réponses émotionnelles jugées naturelles plutôt que des animations préprogrammées. Jusqu'ici, la plupart des robots expressifs chinois utilisaient des servomoteurs tirant sur une peau en silicone pour former sourires ou froncements de sourcils ; la génération suivante doit remplacer ce système par des muscles bioniques placés sous une peau synthétique, censés élargir la palette d'expressions et permettre des transitions plus continues entre états émotionnels. Produire de vraies larmes ajoute une couche physiologique à cette architecture faciale, un signal jugé difficile à imiter par le seul mouvement mécanique. La démonstration s'est déroulée dans une exposition technologique parallèle de près de 15 000 mètres carrés réunissant plus de 300 exposants scientifiques et technologiques, au sein d'une conférence organisée autour d'un forum principal et de plus de 40 sous-forums, sur le thème « Building the AI Economy Together ».

Pour les intégrateurs et décideurs de la robotique industrielle, l'épisode confirme que les développeurs chinois investissent désormais autant dans les détails physiologiques de l'expression émotionnelle que dans l'intelligence artificielle qui la pilote, ouvrant un axe de différenciation commerciale distinct de la course habituelle à la charge utile ou aux degrés de liberté. Il s'agit toutefois d'une démonstration contrôlée en salon, sans nom d'entreprise, de modèle ni de prix communiqués : une larme déclenchée à la demande dans un cadre scénarisé ne prouve ni la robustesse ni la reproductibilité du comportement en conditions réelles ou en usage prolongé. L'exercice illustre néanmoins une tendance de fond des grands salons chinois, où l'expressivité faciale devient un argument de vente à part entière face à des humanoïdes concurrents jugés plus rigides.

Cette mise en scène prolonge une tendance observée depuis un an sur les salons technologiques chinois, où les robots à expression émotionnelle gagnent en visibilité, reflet d'une volonté sectorielle de rendre l'interaction homme-robot moins mécanique. L'architecture actuelle, fondée sur des servomoteurs et une peau en silicone, doit ainsi céder la place à des muscles bioniques encore en développement, sans calendrier de déploiement précisé par les organisateurs. Ni concurrents directs ni suites programmées, qu'il s'agisse de pilotes industriels ou de dates de commercialisation, n'ont été détaillés à l'occasion de cette présentation, qui reste pour l'heure un jalon isolé dans un mouvement plus large de sophistication émotionnelle des humanoïdes chinois.

À lire aussi

Ce que signifie l'introduction en Bourse d'Unitree Robotics pour l'industrie des humanoïdes
1Robotics Business Review 

Ce que signifie l'introduction en Bourse d'Unitree Robotics pour l'industrie des humanoïdes

Unitree Robotics a fait ses débuts cette semaine sur le STAR Market de Shanghai, terminant sa première séance en hausse de 460% après avoir levé 6,1 milliards de yuans, environ 905 millions de dollars, une première pour un grand fabricant de robots à pattes. Fondée en 2016 à Hangzhou sous le nom de Yushu Technology Co., l'entreprise s'est fait connaître avec ses quadrupèdes et son humanoïde G1, vendu 13 500 dollars et popularisé par des vidéos où il danse, fait du kung-fu ou enchaîne les saltos. Elle a aussi dévoilé cette semaine "Superman", un modèle développé en trois mois, capable d'un saut de plus de 2 mètres et d'une pointe à 12,6 m/s. Ses ventes d'humanoïdes sont passées de 5 unités en 2023 à 5 215 en 2025, un record mondial, pour un bénéfice net d'environ 41 millions de dollars, contre 14 millions en 2024 et une perte de 1,6 million en 2023. Ces chiffres masquent une réalité plus fragile: environ 70% des robots vendus par Unitree sont allés à des universités et laboratoires, et moins de 10% des ventes correspondent à de véritables déploiements commerciaux. Pour Gavin Kenneally, PDG de Ghost Robotics, le volume fait une bonne histoire boursière, mais l'essentiel des robots Unitree reste cantonné aux laboratoires et aux halls d'accueil; l'entreprise doit encore prouver qu'elle peut produire des machines fiables pour des environnements industriels exigeants. Nicolaus Radford, PDG de Persona AI, ajoute qu'Unitree sait vendre des robots mais n'a pas démontré leur durabilité opérationnelle ni un cas d'usage justifiant un déploiement à grande échelle, les prouesses filmées du "Superman" restant difficiles à vérifier hors contexte. La Federal Communications Commission américaine a en outre restreint en juillet l'importation de robots mobiles étrangers, humanoïdes et quadrupèdes inclus, ce qui pourrait freiner les futures ventes d'Unitree aux Etats-Unis. Cette IPO fixe un étalon que d'autres acteurs du secteur devront désormais dépasser pour prouver que le volume se traduit en modèle économique durable. Unitree n'est pas la première entreprise d'humanoïdes à entrer en bourse: UBTech, basée à Shenzhen, l'avait fait dès 2023 à Hong Kong, sans connaître la même dynamique. UBTech a perdu environ 104 millions de dollars l'an dernier et tire près d'un quart de son chiffre d'affaires de produits non robotiques, tondeuses, robots piscine et aspirateurs, pour 1 079 humanoïdes revendiqués en 2025, quand Unitree tire l'intégralité de ses profits de ses robots. Aux Etats-Unis, aucun acteur purement dédié aux humanoïdes n'est encore coté: Agility Robotics, concepteur du robot Digit, préparerait une entrée en bourse via une fusion avec le SPAC Churchill XI, pour une valorisation pré-money de 2,5 milliards de dollars; le titre de ce véhicule a progressé cette semaine dans le sillage de l'IPO d'Unitree. Reste à savoir quels autres fabricants d'humanoïdes suivront cette trajectoire, et si les marchés continueront à valoriser la croissance des volumes avant la preuve d'un usage industriel rentable.

Chine/AsieOpinion
1 source
Nouveau robot humanoïde conçu pour la compagnie, reconnaît les émotions avec 90% de précision
2Interesting Engineering 

Nouveau robot humanoïde conçu pour la compagnie, reconnaît les émotions avec 90% de précision

UBTech a présenté le 30 juin 2026 lors de son UBTech Global Launch Event à Shenzhen la série UWORLD U1, un robot humanoïde grandeur nature que l'entreprise chinoise qualifie de premier robot "ultra-bionique" conçu pour la production de masse. La plateforme repose sur une architecture intégrée combinant une peau biomimétique propriétaire, du matériel d'intelligence incarnée, un système d'exploitation, des modèles de langage pilotés par l'émotion et une chaîne de fabrication pensée à l'échelle du système. Le robot dispose de 88 degrés de liberté et d'une colonne cervicale biomimétique à double pivot, lui permettant de reproduire jusqu'à 90 % des mouvements humains fondamentaux. Son modèle de langage, présenté comme le premier au monde dédié à la compagnie de long terme, détecterait plus de 20 états émotionnels fins avec une précision annoncée supérieure à 90 %. L'architecture "cerveau rapide et lent" combine réponses réflexes en environ 500 millisecondes et raisonnement approfondi via des modèles de plusieurs centaines de milliards de paramètres, tandis qu'un système d'actuation faciale synchronise parole et mouvements des lèvres avec moins de 20 millisecondes de latence. UBTech ajoute un système de mémoire persistante (Agent Memory OS), un moteur d'attention contextuelle sans mot-clé de réveil, et une architecture de confidentialité en trois couches privilégiant le traitement local. Parallèlement, la société lance le Human-Robot Companionship Initiative, un programme visant à donner 100 robots U1 personnalisés en 2026 pour accompagner des personnes vulnérables, chaque unité intégrant reconnaissance faciale 3D et reproduction vocale d'un proche désigné. Cette annonce marque un déplacement notable du positionnement des humanoïdes chinois, jusqu'ici concentrés sur la logistique et l'industrie, vers le marché de la compagnie et de l'aide psychologique, un segment que UBTech justifie par des chiffres démographiques chinois frappants : plus de 90 millions d'adultes vivant seuls, 118 millions de seniors isolés, et une part estimée entre 10 et 20 % de personnes seules répondant aux critères cliniques de troubles mentaux. Les métriques de précision émotionnelle et de mouvement, non vérifiées de façon indépendante, restent à confirmer en conditions réelles, un écart classique entre démonstration contrôlée et déploiement effectif dans ce secteur. La technologie de réplication d'identité par reconstruction faciale et empreinte vocale soulève aussi des questions de confidentialité pour des publics vulnérables. UBTech, coté à Hong Kong et déjà connu pour sa série industrielle Walker déployée chez des partenaires comme Foxconn, élargit ainsi son ambition vers le grand public, dans la lignée d'une feuille de route en trois étapes allant des tâches dangereuses vers l'assistance quotidienne puis l'interaction généralisée. Face à Figure AI, Tesla Optimus ou aux acteurs chinois Unitree et Fourier Intelligence, ce virage vers l'humanoïde émotionnel positionne UBTech sur un axe différent, dont la crédibilité dépendra des retours d'usage des 100 premières unités promises pour 2026.

Chine/AsieActu
1 source
L'application de compagnie émotionnelle aux 60 millions d'utilisateurs, générant des centaines de millions de revenus, lance un robot domestique
336Kr 

L'application de compagnie émotionnelle aux 60 millions d'utilisateurs, générant des centaines de millions de revenus, lance un robot domestique

Le groupe chinois Xinyan (心言集团), éditeur de l'application de bien-être émotionnel Ceice (测测), forte de plus de 60 millions d'utilisateurs depuis son lancement en 2013, a présenté son premier robot de compagnie familial, Buboo 1 (巴布), lors du salon WAIC 2026 à Shanghai. Haut de 65 centimètres, une taille calculée pour correspondre au niveau du regard d'un enfant de trois ans, le robot se distingue par une interaction dite proactive : sans mot de réveil, il détecte les expressions faciales, les gestes et la distance d'un utilisateur pour engager la conversation de lui-même, puis se retire discrètement en veille lorsque l'échange se termine. Buboo s'appuie sur le modèle propriétaire Xinyuan (心元), structuré en trois couches : un grand modèle de langage intégrant agents multiples, recherche augmentée (RAG) et mémoire longue durée ; une couche multimodale pour la reconnaissance vocale proche et lointaine et la synthèse vocale ; et un modèle embarqué baptisé xyVLA qui relie perception visuelle, compréhension et action motrice. L'ensemble a été entraîné sur le corpus émotionnel accumulé par Ceice, dont l'audience est composée à 80% de femmes, qui compte plus d'un million d'ouvertures quotidiennes et génère plusieurs centaines de millions de yuans de revenus annuels pour sa maison mère. Le lancement de Buboo illustre une bifurcation stratégique observée dans l'ensemble du secteur de la robotique en 2026 : d'un côté les humanoïdes destinés aux usines et à la logistique, de l'autre des robots domestiques centrés sur l'accompagnement affectif et le lien intergénérationnel. Xinyan parie que la vraie barrière technique n'est pas la marche bipède ni la dextérité manuelle, mais la capacité à juger quand parler, à qui, et avec quel contenu adapté au contexte, un problème que les grands modèles génériques, entraînés sur du texte en ligne sans repères domestiques réels, ne résolvent pas. Pour un secteur où aucun robot familial n'a encore rencontré de succès commercial établi, la démonstration pose une question de fond : la mémoire émotionnelle longue durée et la perception multimodale ambiante suffisent-elles à transformer un gadget de salon en véritable compagnon quotidien ? Le choix de Xinyan, entreprise internet rentable sans expérience matérielle préalable, d'investir dans du hardware coûteux, signale aussi que des acteurs de services numériques aux marges confortables considèrent désormais le robot domestique comme une extension défendable de leur base d'utilisateurs plutôt qu'une diversification risquée. Cette décision trouve son origine dans un constat interne : l'usage de Ceice chute nettement une fois les utilisateurs mariés et parents, alors même que les besoins affectifs (solitude parentale, anxiété liée à l'éducation, isolement des personnes âgées) ne font que croître à cette étape de vie, sans que l'interaction textuelle sur smartphone puisse y répondre. Buboo est ainsi pensé comme un prolongement physique du cycle de vie des utilisateurs de l'application plutôt que comme un produit indépendant, avec trois usages prioritaires : l'accompagnement linguistique détendu pour jeunes enfants, le soutien émotionnel de longue durée pour parents actifs et seniors isolés, et la capture d'images légère, déclenchée d'un geste de la main, convertie en style bande dessinée et traitée localement pour préserver la vie privée. Le robot peut aussi filmer de manière autonome des scènes du quotidien (enfants, personnes âgées, animaux) pendant l'absence de l'utilisateur, pour les lui transmettre à distance. Face à des concurrents jusqu'ici focalisés sur les articulations bioniques ou les démonstrations chorégraphiées, Xinyan mise sur cette présence émotionnelle comme différenciateur, sans toutefois communiquer de calendrier de commercialisation ni de prix pour Buboo 1, qui reste à ce stade au niveau de la démonstration WAIC plutôt que du déploiement pilote en famille.

Chine/AsieOpinion
1 source
Robot humanoïde chinois épate en dansant le ballet aux côtés de danseurs humains
4Interesting Engineering 

Robot humanoïde chinois épate en dansant le ballet aux côtés de danseurs humains

UBTECH, entreprise chinoise de robotique fondée à Shenzhen, a présenté son nouveau robot humanoïde Walker C1 lors d'une performance live de ballet et de valse tirée du Lac des Cygnes, aux côtés de danseurs humains. La démonstration, organisée dans le cadre de la China International Supply Chain Expo (Chain Expo) 2026, dont UBTECH vient d'être désigné partenaire humanoïde officiel exclusif, visait à illustrer les capacités de contrôle de mouvement, d'équilibre dynamique et de coordination du robot. Le Walker C1 est un humanoïde électrique pleine taille conçu pour les environnements de service public, accueil d'hôtels, aéroports, centres d'exposition et centres commerciaux. Il intègre un module de navigation autonome U-SLAM, un contrôle de mouvement corps entier, et une vitesse de marche de 6 km/h. Il supporte l'interaction multilingue et est alimenté par un grand modèle d'interaction incarnée développé en interne. UBTECH n'a pas publié de fiche technique complète du C1 au moment de l'annonce. Une unité est déjà déployée à l'Expo 2025 d'Osaka, où elle opère comme guide intelligent dans le pavillon chinois. La démonstration chorégraphique est avant tout un exercice de communication, pas une validation de performance industrielle. Aucune métrique précise sur les degrés de liberté, le couple articulaire ou la précision de répétabilité du C1 n'a été communiquée, ce qui limite l'interprétation technique. En revanche, les données commerciales d'UBTECH méritent davantage d'attention : l'entreprise a enregistré environ 800 millions de yuans (113 millions de dollars) de commandes en 2025, dont un contrat de 250 millions de yuans (35 M$) signé en septembre avec une grande entreprise chinoise non nommée, ainsi que des engagements de 159 millions de yuans en Sichuan et 126 millions de yuans au Guangxi. Ces chiffres signalent un passage concret du stade prototype à la production commerciale à grande échelle. Le secteur automobile se révèle le principal moteur de la demande, avec BYD, Geely, FAW-Volkswagen, Dongfeng Liuzhou Motor et Foxconn comme clients actifs pour des applications de manufacturing et de logistique. UBTECH a franchi en 2025 le cap des 1 000 unités Walker S2 produites dans son usine de Liuzhou, avec plus de 500 robots déjà déployés en opération réelle. L'entreprise cible une capacité de production de 10 000 unités par an d'ici fin 2026. Dans ce contexte, la Chine consolide une course humanoïde qui implique aussi LimX Dynamics, dont le robot Oli avait réalisé une performance de ballet similaire l'an dernier, ainsi que Unitree et Fourier Intelligence. À l'international, les concurrents directs incluent Figure AI, Agility Robotics (Amazon) et Boston Dynamics sur le segment industriel, et Apptronik sur le service. La stratégie d'UBTECH combine une vitrine médiatique grand public via la danse, et un ancrage commercial fort sur les sites industriels et d'exposition, une dualité qui reflète l'ambition de transformer le robot humanoïde en produit de série avant ses rivaux occidentaux.

UELa montée en puissance commerciale d'UBTECH en Chine (10 000 unités/an visées fin 2026, 800 M¥ de commandes en 2025) intensifie la pression concurrentielle sur les acteurs européens positionnés sur les humanoïdes de service et industriels.

Chine/AsieOpinion
1 source