
MOFU : ce mini-robot à fourrure se gonfle et se dégonfle en respirant pour paraître plus vivant

Un robot mobile sphérique baptisé MOFU (MOrphing Fluffy Unit), développé conjointement par des chercheurs de l'Université d'Electro-Communications (UEC) au Japon et par Sony Corporation, fait l'objet d'une étude publiée dans la revue PLOS ONE consacrée à la perception de l'"animacy", c'est-à-dire le degré auquel un objet paraît vivant. MOFU repose sur une structure géométrique de type Jitterbug, où plusieurs segments se déplacent de façon coordonnée pour modifier l'ensemble du volume du robot. Un seul mécanisme linéaire motorisé fait varier sa hauteur d'environ 210 à 280 millimètres lors de l'expansion et de la contraction, tandis qu'un système de traction différentielle à deux roues lui permet d'avancer en ligne droite ou de pivoter. Recouvert d'un pelage doux et doté d'une forme abstraite plutôt que d'une ressemblance animale précise, l'engin utilise des moteurs à entraînement direct pour limiter le bruit mécanique et embarque une batterie qui le rend autonome, sans câble. Pour tester l'effet de ce mouvement volumétrique, les chercheurs ont mené trois expériences vidéo en ligne auprès de 498 participants, qui notaient l'animacy perçue de MOFU sur l'échelle du Godspeed Questionnaire Series (version japonaise, six items, note sur cinq). Résultat : l'expansion-contraction et la rotation augmentent chacune la perception d'animacy par rapport à l'absence de mouvement, sans différence nette entre les deux effets ; utiliser deux robots plutôt qu'un seul ne change rien à ce constat ; et un robot combinant expansion, rotation et déplacement est jugé plus vivant qu'un robot qui se contente de rouler, bien que cette dernière expérience, menée avec un échantillon plus restreint que prévu, nécessite une réplication.
L'intérêt pour l'industrie de la robotique sociale et de l'interaction homme-robot est de proposer un canal d'expressivité alternatif aux visages, écrans ou bras articulés habituellement utilisés pour rendre un robot attachant. Un simple changement de volume corporel, sans traits faciaux ni gestuelle complexe, suffirait à modifier la perception de vivant, ce qui ouvre une piste de conception moins coûteuse et mécaniquement plus simple pour des robots compagnons ou d'accueil. Il s'agit toutefois d'une recherche académique en amont, testée uniquement via des vidéos de vingt secondes, et non d'un produit commercialisé ou déployé.
Le concept s'inspire de phénomènes biologiques comme la respiration ou les parades animales, telles que la poche gulaire gonflable de la frégate ou le déploiement de la roue du paon. Les auteurs annoncent vouloir comparer directement ce mouvement à d'autres formes de gestuelle robotique et faire varier vitesse, amplitude et timing, tout en reconnaissant les limites d'une évaluation purement vidéo qui ne mesure ni la texture, ni le son, ni la présence physique du robot.




