
Une queue robotique souple biomimétique et vertébrée pour des manœuvres dynamiques rapides et puissantes
Des chercheurs ont publié sur arXiv (article 2509.20219, version révisée) la conception d'une queue robotique baptisée BVSR, pour Biomimetic Vertebraic Soft Robotic tail. Il s'agit d'un corps pneumatique souple renforcé par une colonne vertébrale articulée passivement, inspirée des structures musculo-squelettiques animales. Actionné jusqu'à 6 bars de pression, ce dispositif atteint des vitesses angulaires supérieures à 670 degrés par seconde. Avec une charge utile de 500 grammes fixée en bout de queue, il génère des forces inertielles jusqu'à 23,6 newtons et des couples jusqu'à 2,48 newton-mètres, soit une amélioration de plus de 200 % par rapport aux queues souples dépourvues de structure vertébrale. Les auteurs ont bâti et validé expérimentalement un modèle cinématique et dynamique intégrant les contraintes de la colonne, puis testé la queue sur plusieurs tâches : stabilisation rapide d'un chariot, franchissement d'obstacles, virages à haute vitesse et intégration sur un robot quadrupède.
Cette architecture hybride répond à un compromis classique en robotique mobile : les queues rigides produisent de forts effets inertiels mais deviennent dangereuses en environnement non structuré, tandis que les queues souples, plus sûres, manquent de vitesse et de force pour stabiliser efficacement un robot en mouvement rapide. En séparant la fonction porteuse, confiée à la colonne vertébrale passive, de la fonction d'actionnement, assurée par le corps pneumatique, les chercheurs ouvrent une voie pour équiper des plateformes agiles, quadrupèdes ou robots de terrain, d'un organe d'équilibrage à la fois puissant et compliant. Si ces performances se confirment hors laboratoire, elles réduiraient l'écart entre les démonstrations spectaculaires de robots inspirés du vivant et des usages réels exigeant robustesse aux chocs et sécurité en environnement humain.
Le projet s'inscrit dans une lignée de travaux biomimétiques s'inspirant des queues de guépards ou de kangourous, utilisées dans la nature pour la stabilisation en course et les virages rapides. Jusqu'ici, les concepteurs devaient arbitrer entre queues rigides motorisées, puissantes mais risquées, et queues souples en élastomère, sûres mais peu réactives ; la colonne vertébrale passive proposée ici comble cet écart. L'article ne mentionne aucun partenaire industriel ni calendrier commercial ; les prochaines étapes annoncées portent sur une intégration plus poussée à des plateformes quadrupèdes et l'extension des essais en conditions dynamiques réelles.
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