
Pékin remporte les Humanoid Games : son PDG évoque un « moment ChatGPT » imminent pour l'IA incarnée
Le Beijing Humanoid Robotics Innovation Center a dominé la deuxième édition des World Humanoid Robot Games, remportant 15 médailles d'or, 12 d'argent et 18 de bronze au soir du 26 août, quelques heures avant la clôture de la World Robot Conference à Pékin. Sa gamme de robots Tiangong a établi 34 records humains durant la compétition et décroché l'or dans les épreuves phares, tant sportives que scénarisées. La même semaine, le centre a dévoilé Pelican-Unify, un modèle unifié d'intelligence embarquée, ainsi que Tiangong Omni, un humanoïde léger de 1,35 mètre pour 39 kilogrammes conçu pour une production de masse à coût réduit. Il a également annoncé un partenariat stratégique avec Mercedes-Benz, dans lequel le robot Tiangong 3.0 a servi de "conseiller sur base silicium", accueillant les visiteurs, présentant les modèles et répondant aux questions dans un environnement de salon très fréquenté. Le PDG Xiong Youjun a affirmé que le secteur approche la "veille du moment ChatGPT" de l'IA incarnée, une formule qui relève davantage du discours de positionnement que d'un fait vérifiable et mérite d'être lue comme telle.
Au-delà de la vitrine compétitive, le discours de Xiong marque un déplacement notable du débat sectoriel : de la course aux spécifications brutes (couple moteur, degrés de liberté) vers des critères plus systémiques, chaîne d'approvisionnement, ingénierie, expérience client, et surtout la question du retour sur investissement, signe classique d'un marché qui cherche à sortir du stade de la démonstration. Xiong reconnaît lui-même que les humanoïdes restent en retrait des robots industriels et de la main-d'œuvre humaine sur ce critère de rentabilité, ce qui tranche avec la tonalité triomphaliste habituelle de ces événements. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, l'élément le plus concret est ailleurs : la plateforme open source Huisi Kaiwu revendique plus de 16 millions de téléchargements, une dizaine de modèles ouverts et plus de 200 partenaires de développement, dont des institutions aux États-Unis et en Europe, ce qui en fait une tentative sérieuse de mutualisation d'infrastructure plutôt qu'une simple démonstration technologique isolée.
Cette stratégie s'inscrit dans une approche délibérément terre-à-terre : plutôt que de viser des usages spectaculaires, Beijing Humanoid cible ce que Xiong appelle les scénarios "3D" (sales, dangereux, répétitifs), comme les opérations sous tension électrique, les tests en laboratoire, l'inspection énergétique ou le tri logistique. Un cas cité, l'automatisation de la vérification de thermomètres infrarouges pour l'Institut de métrologie du Jiangsu avec un gain de vitesse revendiqué de six fois, reste toutefois un exemple isolé communiqué par l'entreprise, sans données indépendantes pour l'étayer. Xiong pousse également la standardisation du secteur, en présidant un groupe de travail sur les normes de sécurité et en faisant avancer 49 standards, estimant que l'industrialisation des humanoïdes nécessite d'abord une infrastructure commune avant toute adoption à grande échelle. Aucun acteur français ou européen de la robotique humanoïde n'apparaît directement dans cette annonce, en dehors du partenariat commercial avec le constructeur automobile allemand Mercedes-Benz.
Le partenariat commercial de Tiangong 3.0 avec Mercedes-Benz est le seul point de contact avec un acteur européen, sans participation d'entreprises ou d'institutions françaises ou européennes de la robotique humanoïde.
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