
Les robots sont-ils prêts pour les lignes de production ? La voie de Galbot vers l'IA industrielle
Galbot, société chinoise de robotique fondée en mai 2023, développe des robots destinés aux lignes de production industrielles à travers deux produits phares : le Galbot G1, qui associe une plateforme mobile à un système de manipulation à deux bras, et le Galbot S1, conçu spécifiquement pour des tâches manufacturières comme le transport, la palettisation et le chargement de machines. L'entreprise a levé plus de 2,4 milliards de yuans (environ 360 millions de dollars) au total jusqu'en 2025, dont un tour de table de 1,1 milliard de yuans (160 millions de dollars) annoncé en juin 2025. En 2026, Galbot a annoncé un nouveau tour de financement de 2,5 milliards de yuans (370 millions de dollars), avec parmi ses investisseurs le Fonds national d'investissement dans l'industrie de l'intelligence artificielle, le groupe pétrolier Sinopec et CITIC Investment Holdings. Sa valorisation dépasserait désormais 22 milliards de yuans, soit environ 3,27 milliards de dollars.
Ce positionnement illustre un basculement en cours dans l'industrie : les bras robotiques traditionnels, fixes à un poste de travail et programmés pour des séquences répétitives, peinent à couvrir les tâches de manutention, de tri ou de chargement encore largement confiées à des opérateurs humains dans les usines. Un robot mobile capable de se déplacer et de s'adapter à des objets variés répond à une demande réelle des industriels confrontés à la hausse des coûts de main-d'œuvre et à la recherche de lignes plus flexibles. L'usine, plus structurée qu'un environnement domestique, est aussi perçue comme le terrain le plus propice à l'accumulation de données et à la fiabilisation à long terme des robots à IA incarnée, ce qui explique pourquoi le secteur industriel est vu comme la voie la plus crédible vers la commercialisation de cette technologie. Il faut toutefois noter que la communication de Galbot met surtout en avant des montants de financement et une valorisation, mais reste silencieuse sur des indicateurs opérationnels concrets, cadence de cycle, charge utile, degrés de liberté ou volumes réellement déployés en usine, ce qui rend difficile de juger si G1 et S1 ont dépassé le stade de la démonstration pour une adoption industrielle à l'échelle.
Cette trajectoire s'inscrit dans la vague d'investissement massif que connaît la robotique à IA incarnée en Chine depuis 2023, portée à la fois par des fonds privés et par des capitaux publics et industriels, comme en témoigne la présence du fonds national d'IA et de Sinopec au tour de table 2026 de Galbot. Face aux fabricants historiques de bras robotiques industriels, dont l'automatisation reste cantonnée à des tâches prédéfinies, Galbot cherche à se différencier par la mobilité et l'adaptabilité de ses plateformes, un pari partagé par plusieurs acteurs chinois de la robotique humanoïde et de la manipulation mobile. L'entreprise mise sur une intégration verticale du matériel, des modèles d'IA et des systèmes de données pour accélérer le passage du laboratoire à la ligne de production, mais les échéances de déploiement pilote, les sites industriels concernés et les clients confirmés ne sont pas précisés à ce stade, ce qui place encore Galbot du côté de l'annonce et du financement plutôt que du déploiement industriel vérifié.
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