
Des codeurs brésiliens propulsent des robots humanoïdes chinois lors d'un tournoi de foot high-tech à Pékin

Le deuxième World Humanoid Robot Games (WHRG) se tient sur cinq jours à Pékin en 2026, et une équipe de jeunes chercheurs brésiliens issus de cinq universités du Brésil y aligne des robots humanoïdes chinois pour un tournoi de football à 5 contre 5. Plutôt que de concevoir leurs propres machines, ces chercheurs utilisent le T1, plateforme de développement fabriquée par l'entreprise chinoise Booster Robotics, et concentrent leur travail sur la couche logicielle : perception du terrain, localisation du ballon, coordination des mouvements et exécution des tirs. Le T1 compte 23 degrés de liberté (six par jambe, quatre par bras, deux à la tête, un à la taille), une tête équipée d'une caméra de profondeur, d'une matrice de microphones et d'un haut-parleur, ainsi qu'une électronique de contrôle et une batterie logées dans le torse. L'édition 2026 rassemble 2 056 robots issus de 666 équipes représentant 16 pays et six continents, avec 51 épreuves (30 concours athlétiques, 21 défis basés sur des scénarios), contre 26 épreuves lors de la première édition en 2025. La Chine domine très largement le plateau avec 1 975 robots engagés par 641 équipes, impliquant 157 entreprises et 200 universités ou instituts de recherche, un volume de robots qui aurait quadruplé par rapport à l'an dernier selon les organisateurs, cités par China.org.
Cette organisation, où une équipe étrangère se contente d'apporter le logiciel sur un matériel chinois clé en main, illustre une tendance structurante de la robotique humanoïde : découpler le développement mécanique, coûteux et long, de l'intelligence embarquée, pour que des laboratoires universitaires puissent itérer directement sur l'IA sans réinventer actionneurs, batteries et électronique. Le football constitue un test particulièrement exigeant pour cette IA incarnée, car un robot bipède doit garder l'équilibre en marchant, tourner, absorber des chocs et frapper une cible mobile, tout en faisant coopérer en temps réel perception, localisation, planification de trajectoire, contrôle postural et décision, plutôt que de traiter ces fonctions isolément. L'élargissement des WHRG à des défis par scénarios, production industrielle, logistique, gestion d'urgence, commerce de détail, services de bureau, hôtellerie, tâches ménagères, recharge de véhicules électriques, marque un glissement des simples démonstrations de mouvement vers des tests de fiabilité logicielle en conditions autonomes : une prouesse athlétique filmée ne garantit pas qu'un humanoïde exécute une tâche utile de façon fiable et sans supervision, un écart que les organisateurs eux-mêmes reconnaissent implicitement en séparant les deux catégories d'épreuves.
Le WHRG, lancé en 2025 avec seulement 26 épreuves, s'inscrit dans la stratégie chinoise consistant à faire de la robotique humanoïde une vitrine industrielle en attirant équipes universitaires et entreprises étrangères autour de plateformes locales comme le T1 de Booster Robotics, conçu spécifiquement pour la recherche. Sur les 666 équipes et 2 056 robots engagés cette année, seules 25 équipes et 81 robots viennent de l'étranger, ce qui souligne à quel point la Chine concentre déjà la fabrication de plateformes humanoïdes de recherche à grande échelle, pendant que des pays comme le Brésil misent sur la collaboration internationale pour rattraper leur retard côté logiciel plutôt que côté matériel. Aucun acteur français ou européen n'apparaît dans cette compétition, et la prochaine échéance à surveiller sera la capacité des équipes scénarisées à faire tourner ces mêmes robots de façon autonome hors du terrain de sport, dans des tâches industrielles ou de service réelles.
Aucun acteur français ou européen ne participe à cette compétition, ce qui illustre le retard pris par la France et l'UE dans l'accès aux plateformes de recherche humanoïdes face à la stratégie chinoise d'attraction des équipes étrangères.
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