
Après les usines, les robots entrent dans les spas
Aux États-Unis, la société Aescape a dépassé les 100 installations de son robot masseur dans des spas, hôtels et clubs de sport, avec des séances facturées environ 89 dollars l'heure, à des tarifs dégressifs pour les formats plus courts. Le système repose sur une table équipée de deux bras robotisés qui reproduisent les gestes d'un praticien, pendant que l'utilisateur ajuste en temps réel la pression exercée et les zones du corps à privilégier. En France, la start-up Capsix Robotics développe une approche comparable avec son robot iYU, destiné aux mêmes professionnels du bien-être. Ces machines n'imitent pas l'expérience haut de gamme d'un massage traditionnel, mais automatisent un protocole standardisé de plusieurs dizaines de minutes, avec un objectif de disponibilité plutôt que de prestige. Un calcul simple illustre l'argument économique avancé par le secteur : un robot assurant six séances d'une heure par jour, facturées en moyenne 60 euros, génère un potentiel de 360 euros de chiffre d'affaires quotidien, soit plus de 9 000 euros par mois sur 26 jours d'exploitation ; à huit séances par jour, ce total dépasse 12 000 euros, avant déduction du financement de la machine, de sa maintenance, de l'énergie et de l'espace occupé.
Cette arithmétique cible une contrainte structurelle du secteur du bien-être : un praticien humain ne peut masser que quelques heures par jour compte tenu des pauses, des horaires et des congés, et le recrutement reste difficile dans de nombreuses régions. En automatisant une partie du protocole, ces robots permettent aux exploitants de spas, hôtels et salles de sport d'ouvrir des créneaux supplémentaires, y compris sur des plages horaires coûteuses à couvrir avec une équipe complète. Pour les décideurs du secteur, la question centrale devient financière : coût d'acquisition ou de location, nombre de séances réalisables par jour, et délai d'amortissement. Ce déploiement illustre aussi une tendance plus large de la robotique de service, qui sort des usines et des entrepôts pour investir des espaces grand public, où l'acceptabilité du client compte autant que la performance technique.
Le massage automatisé n'est pas une nouveauté, les fauteuils massants existant depuis des décennies dans les aéroports, mais la génération actuelle de robots vise une précision et une personnalisation nettement supérieures, grâce à des capteurs et des bras articulés plutôt qu'à des mécanismes fixes. Aescape s'est imposée comme l'acteur le plus visible de ce segment outre-Atlantique, tandis que Capsix Robotics tente d'occuper une position équivalente en Europe avec iYU. Le scénario le plus probable pour l'industrie n'est pas un remplacement des praticiens, mais une coexistence : le massage humain conservant sa valeur pour l'expertise et la relation client, le robot occupant un créneau de séances courtes, de récupération sportive ou de disponibilité immédiate. Les prochaines étapes attendues par le secteur concernent l'élargissement du nombre d'installations et la validation, sur la durée, des taux d'utilisation nécessaires pour rentabiliser l'investissement.
La start-up française Capsix Robotics développe un robot masseur comparable (iYU) pour spas et hôtels, positionnant la France sur ce segment naissant de la robotique de bien-être.




