FORT Robotics prévoit une entrée en Bourse via fusion SPAC pour sa pile de sécurité
FORT Robotics, société de Philadelphie fondée en 2018 par Samuel Reeves (ex-Humanistic Robotics, spécialisée dans le déminage), a annoncé sa fusion avec la SPAC Newbury Street II Acquisition Corp pour entrer en bourse. Sa plateforme Trust Layer, protégée par 25 brevets et certifiée SIL 3 selon la norme IEC 61508, vise à sécuriser la cohabitation entre robots de fabricants différents et humains dans des environnements partagés. En janvier 2026, FORT a lancé le Wireless E-Stop Pro, un dispositif d'arrêt d'urgence portable, suivi de la mise à jour logicielle FORT 2.61 ; en mai, elle a racheté la société de téléopération Mapless AI, puis a annoncé en juin un partenariat avec NVIDIA autour du programme Halos for Robotics. L'entreprise revendique 600 clients, dont Agility, Google DeepMind, Zoox, RIVR, Carnegie Robotics, Textron, Ocado et DoorDash, et affiche une croissance de chiffre d'affaires de 62% en 2025 (91% chez les comptes dépensant plus de 100 000 dollars par an), avec des marges brutes de 70% en 2024 puis 66% en 2025.
Cette opération traduit un basculement du secteur : à mesure que robots humanoïdes et mobiles autonomes sortent des pilotes pour s'implanter durablement dans entrepôts, usines et chantiers, la sécurité certifiée devient un critère d'achat plutôt qu'un module ajouté après coup. En se positionnant comme une couche neutre et agnostique du fabricant, FORT répond à un vrai problème d'interopérabilité que peu d'acteurs traitent frontalement, ce qui explique l'intérêt de clients aussi variés que Zoox ou DeepMind. Le choix d'une entrée en bourse via SPAC plutôt qu'un tour de financement classique offre un accès rapide aux marchés publics, mais les chiffres de croissance avancés restent des données communiquées par l'entreprise elle-même, sans audit indépendant mentionné.
FORT prolonge directement l'héritage de Humanistic Robotics, la précédente entreprise de Reeves dédiée au déminage, ce qui explique son positionnement sur la sécurité critique plutôt que sur la performance brute des robots. Face à des acteurs plus généralistes, elle mise sur la certification (IEC 61508, travaux au sein de l'ISO TC 200 via son CTO Nathan Bivans) et empile trois couches, matériel certifié, intelligence cloud et télémétrie, puis écosystème d'API, pour accompagner la montée des flottes de robots humanoïdes et des AMR. L'acquisition de Mapless AI en mai 2026 étend ce périmètre à la téléopération, en complément de l'arrêt d'urgence et du contrôle embarqué. La fusion avec Newbury Street II Acquisition Corp doit encore franchir les étapes réglementaires habituelles d'une opération SPAC avant une cotation effective, sans calendrier précis communiqué à ce stade.




