
Unitree Robotics a créé des collèges industriels dans dix pôles de production avant son introduction en bourse
Unitree Robotics, le fabricant chinois de robots humanoïdes, a signé depuis décembre 2025 des partenariats avec plus d'une dizaine d'universités réparties dans dix pôles industriels chinois, dont Qingdao, Liuzhou, Zhengzhou, Jiaozuo, Hefei, Xiamen, Suzhou, Ningbo, Guangzhou et Wuhan, selon le 21st Century Business Herald. La dernière signature en date, le 7 août 2026, concerne le Changjiang Engineering Vocational and Technical College et la China University of Geosciences à Wuhan. Chaque collège industriel est calibré sur les besoins locaux : les partenariats avec des établissements universitaires visent la R&D et l'ingénierie transversale, tandis que les filières professionnelles ciblent les métiers d'exploitation, de maintenance et de débogage, aujourd'hui les plus en tension. À Hefei, l'écosystème compte déjà 190 entreprises couvrant toute la chaîne de valeur de la robotique intelligente, des puces aux systèmes corps entier. Le prospectus d'introduction en bourse d'Unitree révèle que la recherche scientifique et l'éducation ont représenté plus de 70% du chiffre d'affaires humanoïde sur les trois premiers trimestres 2025, contre environ 9% seulement pour les applications industrielles pures.
Cette stratégie éducative est en réalité une stratégie commerciale : les universités et instituts de recherche constituent le principal segment client d'Unitree, pas seulement un vivier de talents en amont. En intégrant les standards techniques Unitree dans l'enseignement, les équipements de laboratoire et les projets étudiants, l'entreprise crée une dépendance plus durable qu'une simple vente d'équipement, tout en s'implantant à long terme dans les villes où les futurs déploiements industriels sont les plus susceptibles de monter en échelle. Pour le secteur, cette manœuvre confirme que le marché des humanoïdes reste dominé par la recherche et l'éducation plutôt que par des cas d'usage industriels matures, malgré le statut de leader mondial des livraisons revendiqué par Unitree. Elle illustre aussi une course silencieuse entre villes chinoises pour capter en premier les talents et l'écosystème humanoïde, dans un contexte où l'application industrielle incontournable qui justifierait un déploiement massif fait encore défaut.
Cette offensive éducative s'inscrit dans un calendrier d'introduction en bourse encore non officialisé mais manifestement imminent. Elle répond à une pénurie de compétences aiguë : les estimations sectorielles évoquent un déficit d'environ un million de travailleurs en IA incarnée en Chine, et les offres d'emploi dans la catégorie robots humanoïdes ont été multipliées par quinze sur un an entre janvier et avril 2026, avec un salaire annuel moyen d'environ 406 100 yuans. Peu d'universités chinoises proposent à ce jour une filière de premier cycle dédiée à l'IA incarnée. Le cofondateur d'Unitree, Chen Li, a publiquement reconnu que l'entreprise avait dû former elle-même ses talents pendant sa première décennie d'existence faute de marché domestique établi. En verrouillant dès maintenant des partenariats éducatifs à l'échelle des villes, Unitree cherche à transformer son revenu actuel, largement issu de la recherche et de l'éducation, en future demande de déploiement industriel.
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