
Robot d'assemblage structurel reconfigurable : modules à réseau imbriqué composé et auto-alignant
Une équipe de recherche présente un système de construction robotique fondé sur un module de treillis imbriqué composé, associant des unités cuboctaédriques et octaédriques conçues pour porter elles-mêmes une partie de l'intelligence habituellement confiée au robot. Les faces cuboctaédriques offrent des surfaces planes qui permettent à un bras robotique fixe ou à un robot mobile assembleur de saisir et d'aligner chaque pièce sans calcul de position complexe, tandis que les faces octaédriques intègrent des connecteurs à encliquetage libérables par vis et leurs récepteurs correspondants. L'arrangement imbriqué des modules autorise un assemblage par interconnexion selon les trois axes x, y et z. Le système a été démontré à l'échelle du mobilier et de l'architecture, produisant des sièges, des structures porteuses en portée, des surfaces planes et des cadres verticaux, assemblés aussi bien par un bras robotique que par un robot mobile. Des essais de compression sur le module composé ont mesuré une rigidité de 4 556 N/mm, une charge maximale de 3 445 N et un module de compression de 17,5 MPa. Chaque module peut être démonté puis réutilisé dans une autre configuration.
Cette approche déplace l'intelligence du robot vers la géométrie du matériau, réduisant d'autant la charge de perception et de planification de mouvement nécessaire pour assembler des structures complexes, un enjeu concret pour les intégrateurs qui cherchent à simplifier l'automatisation de chantier. La compatibilité démontrée avec deux types de plateformes, un bras fixe et un mobile assembleur, suggère un potentiel d'intégration dans des chaînes d'automatisation déjà utilisées en fabrication modulaire. La possibilité de désassembler et réutiliser les modules répond par ailleurs à une demande croissante du secteur du bâtiment pour des méthodes de construction circulaires, limitant déchets et refabrication. Ces résultats restent toutefois des démonstrations de laboratoire à échelle réduite, et les chiffres de résistance mécanique concernent un module isolé, pas une structure complète en conditions de charge réelles.
Le travail s'inscrit dans un courant de recherche qui cherche à coupler conception de matériaux architecturés et capacités robotiques plutôt que de traiter le robot et le système constructif comme deux problèmes séparés, une approche qui se distingue des méthodes reposant sur des blocs simples nécessitant une planification de trajectoire fine ou sur l'impression 3D béton. Publié comme preprint sur arXiv sous la référence 2608.07576, le document ne mentionne aucun partenariat industriel ni calendrier de déploiement pilote : il s'agit à ce stade d'une preuve de concept académique. Les prochaines étapes attendues pour ce type de recherche incluent des essais à plus grande échelle structurelle, une validation sous charges dynamiques et environnementales, et une évaluation du coût de fabrication en série avant tout transfert vers l'industrie de la construction.
Dans nos dossiers



