
Les États-Unis nuisent à leur propre industrie robotique en l'isolant de la Chine
Le régulateur américain des télécommunications, la Federal Communications Commission (FCC), a annoncé le mois dernier l'ajout de robots humanoïdes étrangers, de robots quadrupèdes et d'onduleurs de puissance fabriqués à l'étranger à sa "Covered List", la liste des équipements jugés menaçants pour la sécurité nationale. La décision, prise par le président de la FCC Brendan Carr, s'appuie sur les conclusions d'un groupe de travail de la Maison Blanche. Concrètement, l'inscription sur cette liste prive ces appareils de l'autorisation que la quasi-totalité des équipements électroniques doit obtenir pour être commercialisée aux États-Unis, ce qui revient à leur fermer l'accès au marché américain. La mesure vise en priorité le matériel robotique conçu ou assemblé en Chine, dans la continuité d'exclusions déjà appliquées par le passé à des équipementiers télécoms chinois comme Huawei ou ZTE.
Pour l'industrie robotique américaine, cette exclusion pourrait se retourner contre elle. De nombreux intégrateurs et startups américains dépendent de composants, d'actionneurs, de batteries et de sous-systèmes fabriqués en Chine, où se concentre l'essentiel de la chaîne d'approvisionnement des robots humanoïdes et quadrupèdes. Couper l'accès à ce matériel sans alternative domestique compétitive risque de ralentir l'innovation et de renchérir les coûts pour les fabricants américains, plutôt que de stimuler une production locale équivalente à court terme.
Cette décision s'inscrit dans l'escalade plus large des tensions technologiques sino-américaines, où la Covered List, initialement conçue pour les équipements télécoms sensibles, s'étend désormais à la robotique de nouvelle génération. Elle intervient alors que des acteurs chinois occupent une position dominante sur le marché mondial des robots quadrupèdes et humanoïdes commerciaux, face à des concurrents américains encore en phase de montée en échelle industrielle.




