
Mitsubishi va produire 1 000 robots humanoïdes par mois sur une ligne de moteurs inutilisée

Mitsubishi Motors va produire en série des robots humanoïdes dans son usine de Kyoto, en partenariat avec la startup tokyoïte Highlanders Inc. La production doit démarrer début 2027, sur une ligne de fabrication de moteurs thermiques actuellement à l'arrêt, reconvertie pour l'assemblage de robots, avec un objectif affiché de 1 000 unités par mois. Le robot, baptisé HL Human et dévoilé par Highlanders en 2025, dispose d'un corps à 19 degrés de liberté (DOF) et d'actionneurs électriques à haut rendement, conçu pour exécuter des tâches industrielles via perception, planification de mouvement et interaction en langage naturel pilotées par IA ; de futures versions doivent recevoir des mains à cinq doigts capables de saisir jusqu'à 3 kg. Dans un premier temps, les robots seront déployés sur les propres lignes moteur de Mitsubishi pour générer des données avant toute commercialisation. Mitsubishi a déjà investi au capital de Highlanders, spin-off de l'Université de Tokyo fondée en 2023, et prévoit d'autres investissements.
Cette annonce illustre un mouvement de fond : des constructeurs automobiles, confrontés à des pénuries de main-d'œuvre et déjà rompus aux chaînes de production standardisées, deviennent fabricants de robots humanoïdes plutôt que simples clients. En réutilisant une ligne moteur existante plutôt qu'en bâtissant une usine dédiée, Mitsubishi mise sur son savoir-faire de contrôle qualité automobile pour apporter une fiabilité "grade automobile" à une catégorie de produits restée largement expérimentale ailleurs dans le secteur. Le chiffre de 1 000 unités mensuelles, s'il est atteint, dépasserait les cadences généralement annoncées par les concurrents occidentaux et chinois, encore de l'ordre de quelques centaines d'exemplaires par an en présérie. Il faut toutefois garder à l'esprit qu'à ce stade, il s'agit d'un plan industriel et d'un partenariat capitalistique avec un démarrage prévu pour 2027, pas d'un déploiement chez des clients tiers ni de robots livrés : la distinction entre annonce et production réelle reste de mise.
Highlanders s'inscrit dans une vague de spin-offs universitaires japonaises misant sur l'IA physique, avec l'ambition de couvrir manufacture, logistique, inspection d'infrastructures et réponse aux catastrophes, des secteurs où le vieillissement démographique du Japon aggrave la pénurie de main-d'œuvre. La startup développe aussi un framework d'IA physique et un logiciel de simulation destinés à accélérer l'entraînement et le déploiement de ses robots. Le partenariat la place face à des acteurs mieux capitalisés et plus avancés en déploiement réel, comme Figure AI, Tesla avec Optimus, Agility Robotics ou 1X, ainsi que d'autres initiatives asiatiques telles que Hyundai via Boston Dynamics. Takao Kato, PDG de Mitsubishi Motors, présente ce partenariat comme un levier de croissance, tandis que Hiroya Masuoka, PDG de Highlanders, y voit une étape vers la production de masse de robots humanoïdes conçus au Japon, avant une commercialisation élargie à d'autres industriels.
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