
CATL investit dans RoboParty : Huang Yi, fondateur de 22 ans issu de l'Institut de technologie de Harbin, propulse sa startup open source de robot humanoïde bipède avec une valorisation multipliée par 20
CATL, premier fabricant mondial de batteries, a réalisé un investissement stratégique direct rare dans RoboParty, jeune pousse chinoise spécialisée dans les robots humanoïdes bipèdes open source, en finançant seule son tour Pre-A dans le cadre d'une levée globale (angel plus Pre-A) proche de 500 millions de yuans. Le fondateur, Huang Yi, 22 ans, est entré à l'Institut de technologie de Harbin en 2022 et a développé dès sa première année, dans sa chambre universitaire, le robot bipède open source AlexBot, depuis répliqué par plus d'une dizaine d'entreprises et d'universités. Diplômé un an en avance en 2025, il s'installe dans la Robot Valley de Zhangjiang à Shanghai et fonde RoboParty. En huit mois, la startup boucle six tours de financement et voit sa valorisation multipliée par plus de vingt, avec au capital Matrix Partners, Xiaomi Strategic Investment, Galbot, SenseTime, Baidu Ventures, Pudong Venture Capital et Shunwei Capital, sans clause de performance ni rachat garanti selon les informations disponibles. En janvier, RoboParty a lancé RPO, un projet de robot bipède entièrement open source destiné aux développeurs du monde entier partant de zéro, qui a rassemblé près de 10 000 abonnés dans la communauté, plus de 2 000 étoiles sur GitHub et près de 1 000 commandes. Un modèle plus avancé, RP1, est attendu au quatrième trimestre. L'entreprise a également publié Party OS, une couche logicielle réutilisable couvrant acquisition de données, traitement des actions et déploiement de politiques, avec les outils open source MimicLite, UFO et Human-to-Humanoid Tools.
Cet investissement dépasse la simple opération financière. CATL, en tant qu'entité stratégique de groupe, s'engage rarement de façon directe dans ce type de pari, ce qui marque un basculement vers une logique de coordination de chaîne industrielle plutôt que de pur placement de capital ; les deux parties évoquent des explorations conjointes en manufacturing et en environnements opérationnels complexes. Pour le secteur, l'affaire illustre un pari sur l'ouverture des plateformes robotiques : Huang Yi défend l'idée que les entreprises de modèles d'IA incarnée manquent de corps physiques tandis que les fabricants de corps restent des systèmes fermés, et que l'open source est le chaînon manquant entre les deux. La comparaison avec le "moment DeepSeek" de l'IA, avancée par certains observateurs, mérite d'être prise avec prudence : elle relève davantage du récit médiatique que d'une preuve technique établie, même si elle traduit un pari réel des investisseurs sur une bascule des modèles fermés vers une infrastructure partagée.
Le contexte est celui de l'après-Unitree, dont le modèle G1 reste, selon Huang Yi lui-même, la référence qu'aucun concurrent n'a dépassée en deux ans, un constat qu'il attribue au gaspillage de ressources causé par des changements de direction stratégique avant même la validation d'un produit-marché. RoboParty affiche une priorité affirmée aux indicateurs techniques et aux benchmarks état de l'art plutôt qu'au volume de commandes, misant sur une centaine de développeurs de haute qualité plutôt que sur des centaines de clients. Les investisseurs décrivent Huang Yi comme réservé et obsédé par la technique, avec une lecture business jugée inhabituellement claire pour son âge. Reste à voir si RP1, prévu au quatrième trimestre, confirmera cette promesse face à des concurrents comme Unitree, Figure ou les laboratoires chinois rivaux du même segment.
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