Robot humanoïde à toucher intégral : un docteur de HKUST lève des fonds auprès de Sequoia, Lingzhi et AgiBot
La société chinoise MoSense (模感科技), fondée en mai 2026 et basée à Shanghai avec un centre de R&D à Qianhai (Shenzhen), a bouclé une levée d'amorçage de plusieurs dizaines de millions de yuans un mois seulement après sa création. Le tour associe Sequoia Chine, GL Ventures (bras d'investissement de Hillhouse Capital) et AgiBot (智元机器人), l'un des principaux fabricants chinois d'humanoïdes. Les fonds serviront à accélérer la R&D, étoffer l'équipe, renforcer la puissance de calcul et bâtir un dispositif de tests pour la production de masse. Le produit central, MoSkin, est un système de peau tactile souple multimodale couvrant l'intégralité du corps du robot (mains, membres, torse, plantes des pieds), basé sur une technologie de mécanique métamatérielle électromagnétique. Il transforme les surfaces rigides du robot en un champ de perception de force à six degrés capable de capter simultanément force de contact, température, glissement, vibration et texture des matériaux.
Le pari de MoSense est que la perception tactile, aujourd'hui cantonnée aux bouts des doigts des mains articulées et pinces, constitue un goulot d'étranglement pour le déploiement des humanoïdes hors des démonstrations, vers l'industrie, la logistique ou les services à domicile. En parallèle du matériel, l'entreprise développe un modèle de prédiction tactile combinant monde et action, fondé sur un mécanisme de fusion en espace latent multimodal, destiné à corriger en temps réel les décisions de bas niveau grâce à un retour tactile haute fréquence. L'objectif affiché est de réduire l'écart sim-to-real: un modèle du monde entraîné en simulation connaît parfaitement les limites physiques du robot, mais perd ce repère une fois déployé sur une machine réelle dépourvue de perception tactile complète. Concrètement, un robot détectant une variation de friction sur sa main ou son corps pourrait anticiper la chute d'un objet et ajuster sa prise avant qu'elle ne se produise, plutôt que de corriger après coup.
L'équipe fondatrice vient largement de l'université HKUST: le CEO Yan Zhaoxu, docteur en microélectronique, spécialiste des systèmes haute fréquence et de la perception multimodale incarnée avec une expérience d'industrialisation de composants; le CTO Zhou Hang, docteur en robotique, ancien chercheur en algorithmes de conduite autonome de niveau véhicule et spécialiste des modèles de bout en bout et des modèles du monde; le CFO Yang Mujun, diplômé en économie de l'Université de Hong Kong. Le scientifique en chef Wen Weijia, professeur titulaire à HKUST et doyen du pôle fonctionnel de HKUST à Guangzhou, revendique une expérience de transfert technologique en série. Sur la feuille de route, MoSense évoque trois étapes: éviter les collisions et sécuriser la manipulation, puis assister des tâches complexes (transport d'objets encombrants, gestes compensatoires façon Figure AI), avant d'envisager, à plus long terme, l'assistance humaine à haute précision comme le transfert de personnes à mobilité réduite, un objectif nécessitant un taux de succès annoncé de 99,999%, un chiffre pour l'instant présenté comme cible plutôt que résultat démontré. La commercialisation, au-delà des humanoïdes, viserait aussi d'autres secteurs industriels utilisateurs de capteurs intelligents.



