Om AI de Zhao Tiancheng : des années de persévérance, pari sur l'avenir « en flux continu » natif de l'IA physique
Om AI, jeune pousse chinoise fondée par Zhao Tiancheng, docteur de l'institut de technologies du langage de Carnegie Mellon, vient de dévoiler VLX, une famille de modèles multimodaux présentée comme la première au monde conçue nativement pour fonctionner en flux continu sur des terminaux physiques. L'architecture repose sur trois modules imbriqués, Flow pour la perception, Seek pour la localisation, Go pour la décision et l'action, formant une boucle complète perception, localisation, action directement embarquée, sans dépendre du cloud. Contrairement à l'approche dominante qui découpe la vidéo en images fixes traitées une par une, VLX ingère le flux vidéo en continu, à la manière d'une eau qui coule, et raisonne en temps réel sans attendre de requête. Le déclic remonte à 2023, quand l'équipe a constaté qu'un modèle multimodal n'ayant jamais vu la moindre image de vidéosurveillance surpassait des modèles spécialisés entraînés pendant des années sur ce type de données, preuve selon Zhao Tiancheng que l'entraînement conjoint vision-langage generalise mieux dans le monde physique ouvert que les modèles dédiés. Om AI revendique aujourd'hui des revenus de l'ordre de la centaine de millions de yuans et un déploiement effectif sur des robots, drones, objets connectés, caméras de sécurité et PC IA, avec des données réelles remontant en continu depuis le terrain pour réentraîner les modèles.
Cette annonce arrive alors que le secteur de l'IA physique traverse une phase de forte incertitude méthodologique, entre modèles vision-langage-action, génération vidéo, simulation 3D et approches par représentation type JEPA, sans consensus sur la voie qui mènera à une production industrielle. Le pari d'Om AI sur l'intelligence embarquée plutôt que centralisée dans le cloud répond à une contrainte concrète de sécurité et de latence: un robot qui se fige ou chute a des conséquences bien plus graves qu'un bug logiciel classique, un argument que la société met en avant pour justifier une intelligence distribuée sur chaque terminal plutôt qu'un cerveau unique. Le financement mondial de l'IA physique a dépassé 6,4 milliards de dollars sur le seul premier trimestre 2026, signe d'un secteur en quête de preuves de déploiement réel plutôt que de démonstrations.
Le positionnement de Zhao Tiancheng s'est construit sur cinq années à contre-courant: alors que l'industrie chinoise se ruait sur les grands modèles de langage générateurs de texte après 2023, il a maintenu le cap sur la fusion vision-langage, misant sur son expérience d'un projet multimodal à un milliard de dollars mené chez Yahoo pendant son doctorat. Plusieurs membres de l'équipe sont partis durant les vagues successives d'engouement pour d'autres approches, avant que le virage du secteur vers l'IA physique en 2026 ne valide, selon lui, ce choix initial resté longtemps minoritaire face aux modèles de langage et, plus récemment, aux modèles du monde.
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