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Table ronde : tout le monde voit la bulle, mais quand les robots entreront-ils dans des usages réels ?
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Table ronde : tout le monde voit la bulle, mais quand les robots entreront-ils dans des usages réels ?

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Lors de la conférence WAVES 2026 organisée par 36Kr à Guangzhou fin juin, une table ronde sur la robotique incarnée (具身智能) a réuni six acteurs du secteur : les fondateurs de Shenpu Intelligence et Qiongming Intelligence côté constructeurs, le CEO de Qingtian Rent pour la commercialisation, et trois investisseurs de BV Baidu Ventures, Kailiane Capital et Yunshi Capital. La toile de fond est parlante : la startup Shizhi Hang vient de lever 242 millions de dollars en tour d'amorçage, mais Goldman Sachs a sondé neuf fournisseurs de la chaîne d'approvisionnement robotique chinoise, sans qu'aucun ne rapporte de gros contrat ferme. BV Baidu Ventures, entrée dès 2022 avant la vague spéculative, confirme continuer à investir et à renforcer ses positions existantes.

La discussion cartographie ce qui génère concrètement des revenus aujourd'hui. La location courte durée de robots, à quelques milliers de yuans par jour pour cinq à dix unités (comparable à la location d'une Rolls-Royce selon un investisseur du panel), constitue la niche la plus rentable à court terme. La sous-traitance humaine déguisée en collecte de données d'entraînement représente un deuxième flux, tout comme les ventes dans le marché geek/maker et les robots compagnons à forte dimension IP. Qingtian Rent affirme que l'intégralité de ses contrats est rentable en se concentrant sur les tâches "sous le plafond" des capacités actuelles. Les participants reconnaissent unanimement le triangle impossible des robots domestiques : bon marché, fonctionnel et sûr, trois critères impossibles à satisfaire simultanément à ce stade. Les modèles grand public à moins de 10 000 yuans existent, mais restent cantonnés à l'accompagnement ; dès que l'on exige des tâches ménagères réelles, le coût monte immédiatement. Cui Kedi de BV Baidu Ventures cite les combats de robots développés par Zhongqing comme scénario haute intensité utile pour valider les capacités dynamiques, tout en estimant que le secteur reste sous-financé par rapport aux grands laboratoires d'IA générative.

BV Baidu Ventures a commencé à investir dans l'intelligence incarnée dès mi-2022, en partant du débordement technologique de la conduite autonome. Li Xiaofei de Shenpu compare l'état actuel au marché de l'autonomie routière en 2017-2018 : la preuve de concept est établie, mais la commercialisation de masse s'inscrit sur un horizon de cinq à dix ans. Sa stratégie dite "1+2+N" (un modèle de base, deux pipelines de données réelles, N scénarios progressifs) privilégie d'abord les environnements structurés comme les hôtels et les établissements de soins avant de viser les foyers. Ce gradualisme rejoint le constat de Wang Zixuan de Yunshi Capital : les robots qui font déjà de l'argent opèrent souvent dans des espaces invisibles, chantiers navals, usines lourdes périphériques, fonds marins, là où l'équation économique est claire avant même que la généralisation soit résolue.

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En Chine, les robots humanoïdes et de service quittent les laboratoires pour s'intégrer dans des environnements opérationnels réels, un virage visible depuis le début de 2025. En mars, une offre de nettoyage a été lancée sur 58.com, plateforme chinoise d'annonces équivalente à LeBonCoin, associant un robot à un technicien humain pour des interventions à domicile. Au-delà du ménage, des robots sont désormais déployés pour réguler la circulation routière et intervenir dans des ateliers industriels à risque, là où l'exposition humaine est problématique, soudure, manipulation de produits chimiques, environnements haute température. Ce glissement du POC vers le déploiement opérationnel est structurellement significatif pour le secteur. Il signale que l'écart "demo-to-reality" commence à se résorber dans des cas d'usage à périmètre contrôlé : tâches répétitives, environnements semi-structurés, supervision humaine maintenue. Pour les intégrateurs B2B, cela ouvre une fenêtre concrète sur des ROI calculables, à condition que les cycles de maintenance et les taux d'erreur en conditions réelles soient publiés, ce que les annonces chinoises ne détaillent pas encore systématiquement. La Chine a inscrit la robotique incarnée comme priorité nationale dans son plan industriel 2025, avec des financements étatiques directs vers des acteurs comme Unitree, UBTECH et Fourier Intelligence. Face à Figure AI (Figure 02), Boston Dynamics (Atlas) et Tesla (Optimus Gen 2) côté américain, Pékin mise sur le déploiement massif et rapide plutôt que sur la performance en vitrine. Les prochaines étapes probables : extension des services 58.com à d'autres villes, et multiplication des pilotes industriels dans la logistique et la maintenance lourde.

UELa montée en puissance du déploiement opérationnel des robots chinois (Unitree, UBTECH, Fourier) accentue la pression concurrentielle indirecte sur les fabricants et intégrateurs européens, sans impact direct immédiat sur la France ou l'UE.

Chine/AsieOpinion
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La Chine déploie des robots humanoïdes capables de trier 1 200 colis par heure dans un grand centre postal
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La Chine déploie des robots humanoïdes capables de trier 1 200 colis par heure dans un grand centre postal

La Chine a déployé des robots humanoïdes dans le centre logistique de Jianggao, rattaché au hub postal de Guangzhou (province du Guangdong), pour trier les colis à une cadence annoncée de 1 200 unités par heure. Des images diffusées cette semaine par l'agence Xinhua montrent ces systèmes humanoïdes travaillant en parallèle avec des bras robotiques et des chariots élévateurs autonomes dans un entrepôt fortement automatisé opéré par China Post Group. Le site traite en moyenne 6,5 millions de pièces de courrier par jour, avec des pics dépassant 10 millions. Les robots filmés saisissent des colis depuis des conteneurs et les déposent sur des lignes de tri, tandis que des véhicules autonomes assurent les flux au sol. À noter : les chiffres de cadence (1 200 colis/heure) émanent des médias d'État et n'ont pas été vérifiés de manière indépendante, et les vidéos publiées ne montrent que des séquences sélectionnées dans des conditions optimales. Ce déploiement marque une inflexion notable dans la stratégie d'automatisation logistique. Les robots humanoïdes présentent un avantage structurel par rapport à l'automatisation industrielle fixe : ils peuvent théoriquement opérer dans des infrastructures conçues pour les humains, sans nécessiter de refonte complète de l'entrepôt. Pour les intégrateurs et les décideurs B2B, cela réduit la barrière à l'entrée par rapport aux systèmes dédiés qui exigent une architecture entrepôt repensée de zéro. La logistique devient ainsi le premier secteur à tester à grande échelle la promesse de la robotique humanoïde en conditions réelles, au-delà des démos en laboratoire, dans un environnement à forte pression opérationnelle (24h/24, volumes croissants portés par l'e-commerce, pénuries de main-d'oeuvre régionales). C'est précisément ce contexte de charge élevée et continue qui permet d'évaluer si le gap sim-to-real est réellement comblé. China Post Group s'inscrit dans une dynamique nationale soutenue par des investissements publics massifs dans la robotique humanoïde, avec des acteurs comme Unitree, Fourier Intelligence et UBTECH qui cherchent à commercialiser leurs systèmes dans l'industrie, les services à la personne et la logistique. À l'international, les concurrents directs incluent Figure (avec son robot 02 déployé chez BMW), Agility Robotics (Digit chez Amazon) et 1X Technologies. La différence est que la Chine déploie à une échelle de volumes postaux nationaux, là où les déploiements occidentaux restent pour l'instant des pilotes industriels circonscrits. Des interrogations légitimes subsistent sur la fiabilité à long terme, les coûts de maintenance et la pertinence économique face à des alternatives plus simples comme les AMR (robots mobiles autonomes). Mais la décision de China Post de franchir le seuil du déploiement opérationnel à grande échelle, plutôt que de rester en mode pilote, constitue en soi un signal industriel significatif.

UELe déploiement à grande échelle de robots humanoïdes par China Post accentue le retard compétitif des intégrateurs et constructeurs européens, qui restent cantonnés à des pilotes industriels circonscrits face à une automatisation logistique humanoïde déjà opérationnelle à l'échelle nationale en Chine.

Chine/AsieOpinion
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IA à l'échelle urbaine : du pilote à la généralisation, robots en conditions réelles et passage à l'échelle
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Coowa Technology, fondée en 2015 à Shanghai et dont le siège social est à Pékin, a présenté lors de la conférence AI+ Industry de Yizhuang en mai 2026 un bilan opérationnel chiffré: 55 millions de kilomètres réels parcourus, déploiement dans plus de 50 villes chinoises, et 10 millions de clips vidéo-sémantique-action alignés collectés. La gamme commercialisée comprend des robots d'assainissement urbain de 1 et 3 tonnes, le minibus autonome Coobus (déployé dans une dizaine de villes à l'échelle mondiale, dont prochainement Yizhuang), le robot de gestion immobilière Wall-E R0, et des robots-chiens quadrupèdes pour la livraison du dernier kilomètre, capables d'assurer des livraisons en moins de 30 minutes dans un rayon de 3 km sans modification des ascenseurs ni de l'infrastructure existante. Li Kehong, COO et co-fondateur, a indiqué une rentabilité annuelle de "plusieurs centaines de millions de yuans". L'argument central de la présentation porte sur la donnée comme avantage concurrentiel structurel: dans l'IA incarnée (embodied AI), le goulot d'étranglement n'est pas algorithmique mais datalogique. Coowa y répond avec une stratégie où les revenus d'exploitation financent directement l'itération du modèle CooWAIM (World-Action Interactive Model), une architecture duale combinant inférence temps réel en bordure de réseau pour la sécurité immédiate et planification sémantique longue portée pour la navigation globale. L'approche "Drive+Work", qui fusionne mobilité et manipulation dans un espace d'action indissociable, s'écarte du paradigme modulaire dominant dans la robotique de service. Les chiffres d'exploitation donnent une mesure concrète: aux heures de pointe, les robots traitent en temps réel plus de 100 caractéristiques dynamiques par intersection (piétons, véhicules non motorisés); un gain de 20% sur le temps de traversée équivaut selon Coowa à une hausse de 20% de la marge brute, argument directement actionnable pour un décideur B2B ou un intégrateur. Fondée sur la base académique de l'Université Jiaotong de Shanghai, Coowa opère depuis dix ans dans les environnements urbains ouverts chinois, accumulant une antériorité opérationnelle que peu de concurrents peuvent revendiquer à cette échelle commerciale. Waymo, issu du laboratoire Google X après plus d'une décennie de développement, et Tesla, qui s'appuie sur sa flotte de plusieurs millions de véhicules pour constituer ses données d'entraînement, progressent en robotaxi sur un périmètre distinct; les acteurs de la robotique humanoïde comme Figure, Agility Robotics ou 1X Technologies demeurent majoritairement en phase de pilote industriel. Coowa anticipe l'ouverture réglementaire de marchés étrangers en positionnant en priorité ses produits dans les pays de l'initiative "Ceinture et Route". Les prochaines étapes concernent la montée en puissance de la livraison instantanée à court terme et, à horizon plus long, l'entrée dans les environnements domestiques fermés, segment le plus complexe techniquement mais potentiellement le plus générateur de données d'entraînement inédites.

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Des robots humanoïdes chinois relèvent le défi du penalty alors que Messi et Ronaldo illuminent la Coupe du Monde FIFA
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Des robots humanoïdes chinois relèvent le défi du penalty alors que Messi et Ronaldo illuminent la Coupe du Monde FIFA

Le 24 juin 2026, à l'ouverture du MWC Shanghai 2026, la Mobile AI Innovation Frontiers Zone du Shanghai New International Expo Centre a accueilli le Humanoid Robot Football Penalties Challenge, une compétition de tirs au but mettant en scène des robots humanoïdes en conditions semi-autonomes. D'après les images diffusées en ligne, des modèles de Booster Robotics et Unitree Robotics participent à l'épreuve. Le format est structuré : chaque robot doit interpréter indépendamment la position du ballon et les déplacements du gardien, puis déclencher le tir en effectuant des corrections en temps réel sur la base de ses capteurs, sans séquences pré-programmées ni intervention humaine externe. Les demi-finales et la finale sont prévues le 25 juin, avec des contraintes progressivement durcies pour simuler la pression compétitive. En parallèle, Hyundai Motor, maison mère de Boston Dynamics, a publié une vidéo de son robot Atlas réalisant des exercices de football dans le cadre d'une initiative baptisée "School of Football" : le robot observe des séquences vidéo de matchs, puis reproduit immédiatement dans un espace d'entraînement les gestes observés, passes incluses, imitation de célébration de but et simulation de blessure au genou compris. Hyundai évoque une possible présence d'Atlas et du quadrupède Spot à la Coupe du monde 2026, sans préciser leurs rôles. L'intérêt technique de l'exercice réside dans ce qu'un tir au but exige : perception en temps réel, équilibre dynamique lors du transfert de poids et de l'extension de jambe, et planification motrice adaptative dans un environnement non contrôlé. En faisant d'un moment sportif universellement compris un banc d'essai robotique, l'événement sert de point de comparaison public entre plateformes. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, il convient cependant de distinguer soigneusement une démonstration scénarisée d'un déploiement opérationnel : les conditions restent contrôlées, les métriques publiées sont limitées, et les vidéos disponibles proviennent de flux non officiels. La valeur réelle réside moins dans la performance sportive que dans la capacité à enchaîner perception, décision et exécution physique sans intervention humaine, un sous-problème direct du sim-to-real transfer et de la robustesse des VLA (Vision-Language-Action models) en environnement ouvert. Unitree Robotics et Booster Robotics s'inscrivent dans la vague de constructeurs chinois d'humanoïdes qui ont considérablement accéléré depuis 2024, aux côtés de Zhiyuan Robotics et Fourier Intelligence, dans un contexte de forte pression concurrentielle avec les Américains Figure AI, Agility Robotics et Tesla Optimus. Du côté de Boston Dynamics, la campagne football intervient après une série de démonstrations industrielles d'Atlas Gen 2 en environnement d'usine automobile, et sert manifestement à repositionner le robot sur le terrain de la dextérité et de l'apprentissage par imitation plutôt que sur la seule force brute. La Coupe du monde 2026, dont les matchs se tiennent aux États-Unis, au Canada et au Mexique à partir du 11 juin, fournit un calendrier marketing opportun, mais aucune intégration fonctionnelle concrète n'a été annoncée pour l'instant.

UELa progression rapide des humanoïdes chinois accentue la pression compétitive sur les constructeurs et intégrateurs robotiques européens, sans déploiement ni annonce ciblant directement le marché européen.

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