
Vidéo : un robot DIY fixé au plafond ramasse jouets, vêtements et objets épars

Nathaniel Nifong, un ingénieur indépendant, a publié les plans complets d'un robot domestique open source baptisé Stringman, conçu pour ramasser et trier automatiquement les objets épars au sol. Le système repose sur une architecture à câbles (cable-driven parallel robot) : quatre lignes haute résistance, ancrées aux quatre coins d'une pièce, suspendent un préhenseur à deux doigts équipé d'un mécanisme de poignet, qui se déplace dans l'espace aérien de la pièce et descend environ 50 centimètres sous son point d'accroche pour atteindre le sol, voire sous les meubles. Le robot s'appuie sur la plateforme LeRobot de Hugging Face et apprend par imitation : l'utilisateur pilote le système en télé-opération pour lui enseigner la saisie de différents types d'objets. Des marqueurs fiduciaires clip-on désignent les zones de dépôt (bac à jouets, panier à linge, poubelle). L'ensemble est disponible sous licence Apache 2.0 sur GitHub, et des kits prêts à assembler sont proposés en parallèle pour ceux qui ne souhaitent pas usiner les pièces eux-mêmes.
L'intérêt principal de Stringman réside dans son rapport fonctionnalité/coût : avec seulement quatre moteurs, le système atteint une couverture spatiale qu'un bras robotique fixe ne peut pas égaler, sans les contraintes d'une plateforme mobile (batteries, navigation, coût unitaire). C'est la thèse centrale que défend Nifong : de nombreuses tâches domestiques répétitives peuvent être automatisées sans recourir aux robots humanoïdes, dont le coût et la complexité mécanique restent prohibitifs pour le grand public. L'architecture câble-driven évite rails, roues et membres articulés, tout en couvrant la totalité d'une pièce. Des algorithmes de compensation de balancement actif (swing-cancellation) stabilisent le préhenseur en déplacement, un défi classique des systèmes CDPR. Le projet inclut également un mode entièrement local pour le traitement vidéo et la télémétrie, répondant aux préoccupations de vie privée que soulèvent systématiquement les robots domestiques connectés.
Stringman s'inscrit dans l'écosystème DIY qui s'est constitué autour de LeRobot depuis son lancement par Hugging Face en 2024, un framework qui a déjà fédéré des centaines de contributeurs autour de manipulateurs de table bas coût comme le SO-100 ou le Koch v1.1. Il se positionne dans un segment distinct : l'espace domestique vertical plutôt que l'établi ou l'atelier. Il n'existe pas encore de concurrent direct sur ce format résidentiel, bien que les grues CDPR soient bien documentées dans la littérature de robotique industrielle. Les limites actuelles sont réelles et assumées par le créateur : la vision machine nécessite encore des ajustements, les objets plats comme les livres restent difficiles à saisir de manière fiable, et les câbles descendent dans la pièce pendant le fonctionnement, ce qui peut gêner les habitants. Un kit commercial est en préparation, mais ni date de disponibilité ni prix n'ont été communiqués.
Stringman s'appuie sur LeRobot de HuggingFace (entreprise française) comme plateforme d'apprentissage par imitation, renforçant l'adoption internationale de cet écosystème open source français comme standard émergent pour la robotique domestique apprenante.




