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Daxiao Robot a levé des centaines de millions de dollars : son fondateur révèle les fractures de l'industrie de l'IA incarnée
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Daxiao Robot a levé des centaines de millions de dollars : son fondateur révèle les fractures de l'industrie de l'IA incarnée

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Résumé IASource uniqueImpact UE

ACE Robotics (大晓机器人), fondée en juillet 2025 par Wang Xiaogang, co-fondateur de SenseTime, a annoncé le 15 juin 2026 la clôture d'un tour Angel+ réunissant Dachen Caizhong, Shenzhen Capital Group, le Shanghai Science and Innovation Fund, Muxin Shares, Fosun Ruizheng et le Lingang New Area Fund, avec un réinvestissement de l'actionnaire historique SenseTime Guoxiang Capital. Le cumul de levées 2026 dépasse désormais plusieurs centaines de millions de dollars, classant ACE parmi les premières licornes de la robotique incarnée en Chine. La startup dévoile simultanément Kairos 3.0, son modèle monde (world model) dédié à l'intelligence incarnée, revendiquant le SOTA sur quatre benchmarks mondiaux d'embodied intelligence, et publie en open-source Kairos 3.0-4B, présenté comme la première version capable de piloter un robot directement depuis un périphérique embarqué (edge device) sans serveur distant. Le corpus d'entraînement atteint un million d'heures d'interactions humain-environnement, obtenu via une collecte centrée sur l'acteur humain en situation réelle, soit dix fois le volume produit par télé-opération traditionnelle. Les modules A1 équipent des chiens robots pour l'inspection de voirie à Shanghai (secteur Ouest Rive), ainsi que des robots opérant dans des hôtels, des magasins sans caissier et des entrepôts logistiques automatisés.

La levée met en lumière une fracture structurelle de l'écosystème chinois : contrairement à Figure, Tesla Optimus ou Physical Intelligence (Pi-0), qui internalisent la boucle matériel-données-modèle pour accélérer l'itération, les acteurs locaux fonctionnent encore en silos. Wang Xiaogang l'admet explicitement : les standards de collecte de données restent fragmentés, les corpus directement exploitables pour l'entraînement de modèles incarnés sont rares, et les cycles d'itération matérielle sont trop longs pour rester synchronisés avec la cadence des modèles. La réponse d'ACE est pragmatique : s'ancrer dans des scénarios B2B contrôlés et reproductibles (logistique, inspection routière), y collecter des données réelles en boucle fermée via des partenaires intégrateurs -- dont Shanhui Robots, acteur du retail sans caissier issu de l'écosystème SenseTime -- et abaisser le coût de la solution au tiers de la moyenne sectorielle par l'effet d'échelle. Cette stratégie scene-first sert aussi à valider la thèse du world model face aux VLA (vision-language-action) : Wang soutient que seul un modèle capable de comprendre, générer et prédire simultanément peut atteindre une véritable émergence de l'intelligence incarnée.

Wang Xiaogang, co-fondateur de SenseTime depuis 2014, a délibérément créé ACE en juillet 2025, après la première vague de startups incarnées, pour capitaliser sur les impasses avérées des VLA et éviter les gaspillages en données et en calcul accumulés par ses prédécesseurs. En Chine, la concurrence se structure autour de niches sectorielles : Qianjue Technology (spin-off de l'Université Tsinghua) cible l'hôtellerie et les services commerciaux, tandis que Tasishi Zhihang, fondée par Chen Yilun (ex-chef scientifique du département automobile de Huawei), se concentre sur l'assemblage de faisceaux de câbles industriels. La feuille de route d'ACE progresse en trois temps : inspection routière et chiens robots (déjà en production), entrepôts logistiques (déploiements en cours), puis la sphère domestique grand public. Wang reste prudent sur les délais : Kairos n'a pas encore atteint l'équivalent d'un GPT-3 pour les modèles monde, ce seuil d'émergence à partir duquel les paradigmes de recherche se stabilisent et les capacités commencent à généraliser à grande échelle.

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Pudu Robotics lève près de 150 millions de dollars pour cibler les applications industrielles
1Robotics Business Review 

Pudu Robotics lève près de 150 millions de dollars pour cibler les applications industrielles

Pudu Technology Inc., fabricant de robots de service basé à Shenzhen, a annoncé le 23 avril 2026 avoir levé près de 150 millions de dollars lors d'un nouveau tour de financement. Cette opération porte la valorisation de l'entreprise au-delà de 1,5 milliard de dollars, et son financement cumulé à plus de 300 millions de dollars depuis sa création en 2016. Pudu structure son offre autour de trois gammes de produits -- robots de livraison intérieure, systèmes de nettoyage commercial, et plateformes logistiques -- déployées dans dix secteurs d'activité incluant la restauration, le retail, l'hôtellerie, la santé, l'éducation et l'industrie. Sur le plan produit, la société a lancé en 2024 le PUDU T300, un robot mobile conçu pour évoluer dans des allées étroites avec des charges lourdes, avant de dévoiler début 2026 le PUDU T150, un AMR à faible charge utile ciblant la manutention en environnements d'entrepôt et de fabrication. Le T150 est disponible en Chine continentale et dans les régions de Hong Kong, Macao et Taïwan, avec un déploiement prévu dans plusieurs marchés à forte croissance : Vietnam, Thaïlande, Singapour, Malaisie, Indonésie, Corée du Sud et Turquie. Ce tour de table illustre un mouvement structurel dans la robotique de service : la migration vers l'industrie. Pudu, longtemps cantonné aux robots de livraison en restauration et hôtellerie, accélère son repositionnement sur la manutention industrielle et l'IA incarnée (embodied AI), un segment où les marges et les contrats sont plus solides qu'en service grand public. Les fonds seront affectés au développement de technologies d'IA embarquée, à l'élargissement du portefeuille produit, à l'expansion internationale et à la montée en capacité de production. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, ce pivot signifie une concurrence accrue sur le segment AMR léger, traditionnellement occupé par des acteurs comme Geek+, Hai Robotics ou le français Exotec -- qui reste cependant positionné sur un créneau plus automatisé et dense. Aucune métrique de performance n'a été communiquée sur le T150 (vitesse, charge utile exacte, temps de cycle), ce qui rend toute comparaison technique prématurée à ce stade. Pudu n'est pas un cas isolé : D-Robotics, également basé à Shenzhen et spécialisé dans les plateformes matérielles et logicielles pour robots grand public et IA incarnée, a levé 270 millions de dollars en Série B quelques semaines plus tôt, en avril 2026. Ces levées massives de capitaux dans la robotique chinoise reflètent une course à l'échelle mondiale, soutenue par une chaîne d'approvisionnement locale compétitive et une pression croissante des gouvernements asiatiques pour automatiser leur secteur manufacturier. Fondée en 2016 par Felix Zhang, Pudu a d'abord conquis le marché de la restauration avant d'élargir progressivement son empreinte ; la prochaine étape déclarée est l'accélération hors de Chine, avec un focus sur l'Asie du Sud-Est et potentiellement l'Europe, sans calendrier précis annoncé à ce jour.

UELe pivot de Pudu vers l'AMR industriel léger intensifie la pression concurrentielle sur Exotec (FR), acteur de référence sur ce segment, bien que positionné sur un créneau plus automatisé et dense.

Chine/AsieActu
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Zhongke Diwuji lève des centaines de millions en série A pour déployer ses modèles d'IA incarnée à grande échelle
2Pandaily 

Zhongke Diwuji lève des centaines de millions en série A pour déployer ses modèles d'IA incarnée à grande échelle

Zhongke Diwuji, entreprise chinoise spécialisée dans l'intelligence incarnée (embodied AI), a bouclé une levée de fonds de Série A d'un montant de plusieurs centaines de millions de yuans, annoncée en 2026. Le tour a été mené par Futi Capital, avec la participation de Shanghai Semiconductor Industry Investment, CAS Investment, China Venture Capital et Hongruida Technology. L'investisseur historique Zoyuan Asia a choisi d'augmenter significativement sa participation. Il s'agit du troisième tour de financement réalisé par la société dans la seule année 2026. Les fonds seront alloués au développement de la série FAM (few-shot large model), au modèle monde incarné de prochaine génération BridgeV2W, à l'industrialisation des algorithmes d'apprentissage par renforcement, à l'extension des capacités de production robotique et au recrutement d'ingénieurs de haut niveau. La société affirme avoir sécurisé plusieurs centaines de millions de yuans de commandes auprès de clients entreprises internationaux, bien que leurs noms n'aient pas été communiqués. Trois levées en moins de douze mois pour une entreprise fondée en septembre 2024 constituent un signal d'intérêt institutionnel inhabituellement fort. Ce qui distingue Zhongke Diwuji de ses concurrents n'est pas la plateforme matérielle mais la couche d'apprentissage : son approche par few-shot learning permet à un système robotique d'acquérir de nouvelles capacités de manipulation à partir d'un nombre minimal d'exemples, sans les volumineuses campagnes de collecte de données qui alourdissent traditionnellement le coût d'adaptation à de nouvelles tâches industrielles. C'est précisément ce goulot d'étranglement économique qui freine les déploiements à grande échelle, et une solution crédible à ce problème justifie des valorisations élevées. L'obtention de commandes fermes de clients industriels internationaux, et non de simples lettres d'intention, indique que la technologie a franchi la frontière entre démonstration en laboratoire et valeur terrain vérifiable, même si l'absence de noms de clients invite à une certaine prudence. Fondée en septembre 2024, Zhongke Diwuji s'est positionnée dès l'origine comme un acteur de modèles fondationnels physiques universels, à mi-chemin entre startup robotique et laboratoire de recherche en IA. En 2026, le secteur chinois de la robotique incarnée est entré dans une phase de déploiement commercial à l'échelle, avec des concurrents directs comme Unitree Robotics, AgiBot et Fourier Intelligence en compétition sur les mêmes segments industriels. La présence remarquée de Zhongke Diwuji lors de salons professionnels européens et ses commandes internationales annoncées témoignent d'une ambition d'expansion explicite au-delà du marché domestique. Les prochaines étapes identifiées incluent la mise en production de BridgeV2W et l'intégration du reinforcement learning dans des déploiements clients réels, deux jalons qui permettront de vérifier si la promesse du few-shot tient effectivement à l'échelle industrielle.

UELa présence de Zhongke Diwuji lors de salons professionnels européens et ses commandes internationales annoncées signalent une ambition d'expansion vers l'UE qui pourrait accroître la pression concurrentielle sur les acteurs européens de la robotique industrielle et de l'IA physique.

Chine/AsieOpinion
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La startup d'IA incarnée X Square Robot lève près de 276 millions de dollars en série B, menée par Xiaomi et Sequoia China
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La startup d'IA incarnée X Square Robot lève près de 276 millions de dollars en série B, menée par Xiaomi et Sequoia China

X Square Robot, startup chinoise spécialisée dans l'IA incarnée fondée en décembre 2023, a bouclé un tour de série B de près de 2 milliards de yuans (environ 276 millions de dollars) entre fin mars et début avril 2026, co-mené par le bras d'investissement stratégique de Xiaomi et Sequoia China. Cette levée intervient à peine trois mois après un tour A++ d'un milliard de yuans (138 millions de dollars) annoncé le 12 janvier, dans lequel ByteDance, Sequoia China, le Beijing Information Industry Development Fund et le Shenzhen Capital Group figuraient déjà comme investisseurs principaux. Meituan et Alibaba ont également rejoint le cap table, ce qui fait de X Square Robot la seule entreprise d'IA incarnée en Chine à avoir attiré les trois géants de l'internet chinois simultanément. La société a déjà commercialisé deux plateformes robotiques propriétaires : Quantum-1 et Quantum-2, ce dernier étant un humanoïde à roues à usage général. En moins de six mois d'existence publique, X Square Robot cumule plus de 400 millions de dollars levés, un rythme qui place la startup dans la même trajectoire de capitalisation accélérée que Figure AI ou Physical Intelligence aux États-Unis. La présence conjointe de Xiaomi, acteur hardware avec une chaîne d'approvisionnement robuste, et de ByteDance, maître de la donnée comportementale à grande échelle, suggère une stratégie d'intégration verticale : modèles de fondation incarnés alimentés par des volumes de données massifs, déployés sur du matériel maîtrisé. Le fait que le fonds IA dédié de Shenzhen Capital ait effectué ici son premier investissement signale également un intérêt institutionnel croissant pour la robotique généraliste en Chine. X Square Robot émerge dans un contexte de compétition intense entre Beijing et la Silicon Valley sur les modèles de fondation robotiques : Unitree, Agibot et Galbot d'un côté, Figure, 1X Technologies et Physical Intelligence de l'autre. La différenciation affichée de X Square repose sur des "modèles de fondation d'intelligence incarnée générale" développés en interne, une approche similaire à celle de Pi-0 (Physical Intelligence) ou GR00T N2 (NVIDIA). Les détails techniques des modèles, leurs benchmarks réels et les déploiements clients concrets restent à ce stade non divulgués, les annonces demeurant au stade du positionnement stratégique plutôt que du produit validé en conditions industrielles.

UELa capitalisation accélérée de X Square Robot par Xiaomi, ByteDance et Alibaba simultanément accentue la pression concurrentielle mondiale sur les projets européens de robots humanoïdes et de modèles de fondation incarnés, sans impact direct immédiat sur la France ou l'UE.

Chine/AsieOpinion
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IA incarnée : la startup Zenbot lève près de 100 millions de yuans lors de son tour d'amorçage
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IA incarnée : la startup Zenbot lève près de 100 millions de yuans lors de son tour d'amorçage

La startup chinoise Zenbot, spécialisée dans l'infrastructure d'IA embodied, a bouclé un tour de financement d'amorçage de près de 100 millions de yuans (environ 14 millions de dollars). Le tour est co-piloté par trois industriels cotés de la fabrication de précision : ChangYing Precision (300115.SZ), Kedali (002850.SZ) et Zhaoming Technology (301000.SZ), auxquels s'ajoutent le fonds entrepreneurial L2F Light Source et Sirius Capital. L'utilisation des fonds cible quatre axes : le développement d'un world model à vocation généraliste pour l'IA embodied, la production en série de modules articulaires exploitant des drivers GaN de troisième génération, le déploiement d'une architecture de communication temps réel dite "cerveau-colonne vertébrale" (brain-spine), et le renforcement des capacités de conception full-stack pour la production de masse de produits complets. Ce financement signale une tendance structurelle dans l'écosystème robotique chinois : les équipementiers de précision entrent directement au capital des startups d'IA embodied, cherchant à sécuriser un accès précoce aux briques technologiques critiques. L'intégration de drivers GaN dans les modules articulaires est un pari technique notable, ces composants semi-conducteurs de troisième génération promettent une densité de puissance supérieure et des pertes réduites par rapport au silicium classique, ce qui est déterminant pour l'autonomie et la compacité des robots humanoïdes. L'architecture brain-spine en temps réel répond à un verrou bien identifié du secteur : la latence de communication entre le contrôleur central et les actionneurs périphériques, souvent citée comme obstacle au déploiement industriel fiable. Zenbot s'inscrit dans une vague dense de startups chinoises d'IA embodied qui cherchent à concurrencer Figure, Boston Dynamics ou 1X Technologies sur le terrain des briques d'infrastructure plutôt que sur celui des robots finis. Le co-fondateur Dr. Jia Zhenzhong, diplômé du département d'instruments de précision de Tsinghua et docteur de l'Université du Michigan, positionne l'entreprise à l'intersection de la robotique, de la vision par ordinateur et des grands modèles d'IA. Aucun prototype public, ni timeline de production en série, ni client annoncé à ce stade : ce tour reste une annonce d'intention, avec des jalons technologiques ambitieux encore à démontrer.

Chine/AsieOpinion
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