Aller au contenu principal
ADAPT : un chariot élévateur autonome pour les chantiers de construction
IndustrielarXiv cs.RO 

ADAPT : un chariot élévateur autonome pour les chantiers de construction

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

Des chercheurs ont publié sur arXiv (réf. 2503.14331, version 4) ADAPT, pour Autonomous Dynamic All-terrain Pallet Transporter, un chariot élévateur tout-terrain entièrement autonome conçu pour les chantiers de construction. Contrairement aux robots AMR d'entrepôt qui opèrent dans des espaces balisés et prévisibles, ADAPT doit composer avec des terrains non revêtus et accidentés, des obstacles dynamiques (ouvriers, engins en mouvement) et des conditions météorologiques variables. Le système associe des techniques de perception par intelligence artificielle à des méthodes classiques de planification de trajectoire et de contrôle. Les auteurs ont évalué le dispositif lors de tests en conditions réelles, en comparant ses performances en continu à celles d'un opérateur humain expérimenté sous plusieurs conditions climatiques, et revendiquent un niveau de performance proche du seuil humain.

La logistique matériaux sur chantier est l'un des derniers angles morts de l'automatisation industrielle. Là où les entrepôts disposent de solutions AMR matures portées par des acteurs comme Exotec, Locus Robotics ou Seegrid, les chantiers restent quasi exclusivement manuels, avec les retards, accidents et pénuries de main-d'oeuvre qui en découlent. L'enjeu central d'ADAPT est de prouver que les techniques de perception robuste, rodées en environnement indoor, peuvent tenir dans un contexte extérieur non structuré, ce qui constituerait une avancée significative sur le problème du sim-to-real en robotique mobile. La revendication "niveau humain" appelle néanmoins à la prudence : il s'agit d'un preprint non encore validé par les pairs, aucune métrique précise (temps de cycle, charge utile, taux d'incidents) n'est publiée dans l'abstract, et les conditions exactes de la comparaison restent à qualifier.

La robotique de chantier est un segment émergent mais encore peu peuplé. Built Robotics automatise des excavatrices aux États-Unis, Dusty Robotics déploie des robots de traçage au sol sur des projets de construction commerciale, et les grands constructeurs de chariots industriels comme Toyota Material Handling et Jungheinrich développent des solutions autonomes qui restent cantonnées à l'indoor. Sur le segment outdoor tout-terrain, le créneau est quasi vierge. Les prochaines étapes logiques pour l'équipe de recherche seront de publier les métriques complètes, de conduire des pilotes à plus grande échelle sur des chantiers réels, et de trouver un partenaire industriel ou équipementier pour franchir le fossé entre prototype académique et déploiement opérationnel.

Dans nos dossiers

À lire aussi

ABB Robotics complète sa gamme de robots mobiles autonomes à SLAM visuel avec le lancement d'un chariot élévateur autonome
1Robotics & Automation News 

ABB Robotics complète sa gamme de robots mobiles autonomes à SLAM visuel avec le lancement d'un chariot élévateur autonome

ABB Robotics complète son offre de robots mobiles autonomes (AMR) avec le lancement du Flexley Stack F712, un chariot élévateur autonome basé sur la technologie Visual SLAM (cartographie et localisation simultanées par vision). Avec ce nouveau modèle, l'entreprise suisso-suédoise couvre désormais l'ensemble des catégories majeures d'AMR à navigation visuelle : chariots élévateurs, tracteurs de remorquage (tugs) et convoyeurs mobiles (movers), tous interopérables sur une même plateforme logicielle. L'objectif affiché est de permettre aux clients industriels d'automatiser un spectre plus large de tâches de manutention et de logistique interne, du transport de palettes au déplacement de charges légères, sans multiplier les systèmes de gestion de flotte incompatibles entre eux. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, cette annonce marque une étape dans la consolidation du marché des AMR, où l'enjeu central n'est plus seulement la performance individuelle d'un robot mais l'interopérabilité d'une flotte hétérogène pilotée par une seule couche logicielle. En complétant sa gamme plutôt qu'en lançant un produit isolé, ABB répond à une demande récurrente des entrepôts et usines : pouvoir mélanger différents types de robots (levage, traction, transport) sans dépendre de plusieurs fournisseurs ni de plusieurs interfaces de supervision. Le communiqué reste toutefois avare de données chiffrées vérifiables sur les performances du F712 (capacité de charge, autonomie, temps de cycle), ce qui invite à la prudence tant que des retours d'intégrateurs indépendants ne sont pas disponibles. ABB Robotics, acteur historique de la robotique industrielle, investit depuis plusieurs années le segment des AMR pour répondre à la concurrence de spécialistes comme Locus Robotics, Geek+ ou MiR (également détenu par Teradyne comme d'autres poids lourds du secteur). La stratégie de plateforme unifiée s'inscrit dans une tendance de fond de l'intralogistique, où les entrepôts cherchent à réduire la complexité opérationnelle en standardisant leurs flottes robotiques. Aucun calendrier de déploiement client précis n'a été communiqué à ce stade pour le Flexley Stack F712, et il faudra suivre les premiers retours d'implantation en conditions réelles pour évaluer si l'ambition d'interopérabilité totale tient ses promesses face aux contraintes concrètes des sites industriels.

UEABB, acteur europeen majeur de la robotique industrielle, etend son offre d'AMR interoperables pour les entrepots europeens, mais aucun deploiement client concret n'est annonce en France ou en UE a ce stade.

IndustrielActu
1 source
ABB Robotics intègre la navigation vSLAM dans son chariot élévateur autonome F712
2Robotics Business Review 

ABB Robotics intègre la navigation vSLAM dans son chariot élévateur autonome F712

Traduction ABB Flexley Stack F712 : ABB Robotics a dévoilé le Flexley Stack F712, un chariot élévateur autonome destiné au stockage et à la manutention en entrepôt, capable de porter jusqu'à 2 000 kg et de lever à 8,5 mètres de hauteur. Contrairement aux chariots automatisés classiques qui s'appuient sur des marqueurs ou des réflecteurs installés au sol, le F712 navigue grâce au vSLAM (localisation et cartographie simultanées par vision), sans infrastructure préalable, avec une précision positionnelle annoncée de ±10 mm. Ses fourches ajustables permettent de manipuler des palettes ouvertes ou fermées, des conteneurs ou des racks. Il rejoint le Flexley Tug (tracteur) et le Flexley Mover, décliné en P604 (plateforme omnidirectionnelle pour deux palettes) et P2603 (modèle plus petit et modulaire). Toute la flotte partage désormais la même technologie vSLAM, intégrée au logiciel AMR Studio et compatible avec le standard d'interopérabilité VDA 5050, ce qui permet au F712 de coopérer avec les bras robotisés industriels d'ABB. Le lancement a été présenté par Renaud Dubé, responsable R&D chez Sevensense by ABB, ainsi que par Ricardo Martinez et Alfonso Gonzalez, respectivement responsable produit R&D et responsable de la ligne AMR chez ABB Robotics. L'enjeu central est l'élimination de l'infrastructure de guidage, un frein historique à l'adoption des chariots automatisés dans des entrepôts qui changent souvent de configuration. En s'appuyant sur une vision 3D plutôt que sur les lidars 2D traditionnels, ABB veut que ses robots partagent des cartes et opèrent ensemble sur un même site, là où les flottes AMR restent souvent cloisonnées par constructeur ou par technologie de navigation. Pour les intégrateurs et les directeurs d'exploitation industriels, l'argument de la pénurie de caristes est concret, mais la formule d'ABB présentant ce lancement comme un « tournant pour la robotique industrielle » relève surtout du discours marketing : le vSLAM est déjà exploité par plusieurs concurrents, et la précision de ±10 mm n'a pas été vérifiée en conditions indépendantes. L'intérêt réel tient davantage à l'unification logicielle de toute la gamme (chariots, tracteurs, porteurs, bras) qui simplifie le déploiement multi-robots dans l'automobile et l'industrie lourde. Le F712 s'inscrit dans la stratégie qu'ABB nomme AVR (autonomous versatile robotics), amorcée avec le rachat de Sevensense, spin-off suisse issue de l'ETH Zurich spécialisée dans la navigation par vision, dont la technologie irrigue désormais toute la gamme Flexley. Sur ce segment, ABB Robotics affronte des acteurs établis de la manutention automatisée comme Seegrid, OTTO Motors (racheté par Rockwell Automation) ou Toyota Material Handling, tandis que des spécialistes européens de l'entrepôt automatisé comme le français Exotec occupent des créneaux voisins. ABB n'a communiqué aucune date de disponibilité commerciale ni premier site client au-delà de l'annonce, qui reste pour l'instant un lancement produit sans déploiement réel confirmé.

UEABB s'appuie sur la technologie vSLAM de Sevensense, spin-off suisse issue de l'ETH Zurich, et fait face sur ce segment logistique à des acteurs européens comme le français Exotec, sans toutefois annoncer de déploiement confirmé en France ou en UE.

IndustrielOpinion
1 source
Raymond s'associe à Third Wave Automation pour déployer l'IA physique dans ses flottes de chariots élévateurs
3Robotics & Automation News 

Raymond s'associe à Third Wave Automation pour déployer l'IA physique dans ses flottes de chariots élévateurs

Third Wave Automation et The Raymond Corporation, filiale de Toyota Material Handling North America, ont annoncé en juin 2026 une collaboration technologique visant à déployer des capacités d'automatisation physique pilotées par IA sur une sélection de chariots élévateurs Raymond automatisés. L'accord s'appuie sur cinq ans de développement conjoint et d'apprentissage opérationnel entamés dès 2021, période durant laquelle Toyota Ventures avait pris une participation au capital de Third Wave Automation. Le communiqué parle de "physical AI", expression marketing désignant ici des systèmes de perception et de navigation autonome embarqués directement sur les engins de manutention, sans préciser de métriques de performance (vitesse, payload, taux d'erreur) ni de volumes de déploiement planifiés. L'accord signale une évolution notable dans la commercialisation de la robotique de manutention : plutôt que de proposer des flottes autonomes en remplacement complet, Third Wave Automation opte pour une approche de retrofit ou d'intégration progressive sur des chariots existants d'un équipementier établi. Pour les décideurs logistiques et les intégrateurs, cela réduit le risque de transition en s'appuyant sur l'infrastructure matérielle Raymond déjà certifiée et déployée dans des milliers d'entrepôts. La question reste ouverte sur le sim-to-real gap : aucun chiffre de fiabilité en conditions industrielles réelles n'a été communiqué, ce qui invite à traiter cette annonce comme un engagement partenarial plutôt qu'un produit en production à grande échelle. Third Wave Automation s'est construit depuis sa fondation sur une philosophie dite de "Collaborative Autonomy", combinant téléopération humaine et navigation autonome pour gérer les cas limites que les systèmes purement automatiques peinent encore à résoudre. Raymond, dont le réseau couvre l'Amérique du Nord avec des flottes utilisées dans la distribution, l'alimentation et la fabrication, représente un point d'entrée considérable en termes d'accès marché. Sur ce segment, les concurrents directs incluent Seegrid (chariots autonomes, acquis par Zebra Technologies), Hyster-Yale avec son partenariat Nuvera, ainsi que des acteurs comme Locus Robotics ou Fetch Robotics côté AMR. Aucune timeline de déploiement commercial ni annonce de pilotes clients n'accompagne l'annonce.

IndustrielOpinion
1 source
Vendredi vidéo : des engins de chantier lourds fonctionnent de façon autonome
4IEEE Spectrum Robotics 

Vendredi vidéo : des engins de chantier lourds fonctionnent de façon autonome

Cette semaine dans le panorama robotique publié par IEEE Spectrum, la démonstration la plus concrète provient d'ETH Zurich, qui présente la première solution d'autonomisation complète déployée sur un engin de manutention de matériaux industriels de 40 tonnes en conditions réelles, un manipulateur hydraulique équipé d'une pince libre sous-actionnée traditionnellement opéré par un conducteur humain dans les secteurs des déchets, de la construction et de la démolition. La Norwegian University of Science and Technology (NTNU) a publié en open-source son Unified Autonomy Stack, une architecture de navigation combinant LiDAR, radar, vision et centrale inertielle pour robots aériens et terrestres à pattes, validée en environnements GNSS-dégradés ; le système intègre raisonnement visio-langagier, planification multi-comportements et couches de sécurité par fonctions de barrière de contrôle. En parallèle, Figure AI a diffusé une vidéo de rangement de chambre sans préciser le modèle de robot utilisé ni les conditions de tournage. Unitree a présenté un véhicule civil habité transformable pesant environ 500 kg avec conducteur à bord. La startup Lumos a annoncé NIX, un robot humanoïde orienté danse urbaine et IA incarnée, disponible gratuitement pour des partenaires sélectionnés parmi des universités, laboratoires de robotique et technologues créatifs. L'autonomisation d'engins lourds présente un ratio effort/impact plus favorable à court terme que le déploiement humanoïde grand public : les machines de 40 tonnes opèrent sur des cycles répétitifs en environnements semi-structurés, rendant la tâche plus tractable pour les systèmes actuels. L'intégration réalisée par ETH Zurich est notable parce qu'elle s'appuie sur un engin existant, sans reconstruire une nouvelle plateforme dédiée. L'open-sourcing du stack NTNU répond à un verrou réel : la navigation robuste sans GPS reste un frein majeur pour les déploiements en intérieur industriel ou en zones isolées. Sur les humanoïdes, l'éditorial d'IEEE Spectrum formule explicitement une mise en garde contre les revendications de "niveau humain" sur des tâches de manipulation : les humains sont structurellement très performants dans ce type de travail, et les évaluer correctement exige des benchmarks rigoureux, un rappel pertinent pour les décideurs B2B qui instruisent des pilotes. Rodney Brooks, cofondateur et CTO de Robust.AI, classé 44e au Forbes 250 America's Greatest Innovators, s'est exprimé sur les défis structurels de l'innovation robotique et la signification de la vague IA actuelle pour le secteur, soulignant que la difficulté fondamentale reste l'intégration fiable en monde ouvert. Agility Robotics, dont le bipède Cassie est évoqué comme référence historique de la recherche en locomotion, poursuit sa trajectoire vers son humanoïde Digit. Du côté de la recherche fondamentale, la méthode EFGCL (reinforcement learning guidé par forces assistives) démontre des mouvements dynamiques, sauts, backflips et vrilles latérales, sur robots à pattes, une direction qui alimente les futures plateformes de loco-manipulation. L'University of Southern California explore pour sa part l'utilisation de robots à pattes pour la récolte légumière en contexte agricole réel, un cas d'usage concret dont les performances à l'échelle restent à documenter.

UEETH Zurich (Suisse) démontre l'autonomisation complète d'un engin de manutention de 40 tonnes sur équipement existant sans nouvelle plateforme dédiée, et NTNU publie en open-source un stack de navigation robuste sans GPS, deux contributions de la recherche européenne directement applicables à l'automatisation industrielle et logistique sur le marché EU.

IndustrielActu
1 source