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Pourquoi les systèmes temps réel déterministes sont plus essentiels que jamais en robotique
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Pourquoi les systèmes temps réel déterministes sont plus essentiels que jamais en robotique

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Résumé IASource uniqueImpact UE

Dans l'épisode 245 du Robot Report Podcast, Winston Leung, directeur des alliances stratégiques chez BlackBerry QNX, développe un argument central : à mesure que les robots autonomes intègrent les environnements humains, les systèmes d'exploitation temps réel déterministes deviennent un prérequis de sécurité fonctionnelle, pas un simple choix d'infrastructure. QNX, filiale de BlackBerry, mise sur une architecture microkernel propriétaire qui isole les processus critiques et garantit des temps de réponse bornés, quelle que soit la charge CPU. L'entreprise a présenté à l'occasion du Robotics Summit & Expo 2025 son "Inside the Robot: Architecture Benchmark Report", une étude comparative des architectures logicielles embarquées dans les robots actuels. En parallèle, deux actualités ont retenu l'attention cette semaine : Slamcore a levé 14 millions de dollars pour sécuriser l'automatisation d'entrepôts, et Amazon a étendu les capacités de son robot Proteus en Europe, lui ajoutant une interface en langage naturel.

La montée en puissance des robots humanoïdes et des AMR (autonomous mobile robots) en milieu industriel pose une exigence que ROS 2, conçu pour la recherche, ne couvre pas nativement : la prévisibilité absolue des temps de cycle et la résistance aux attaques cybernétiques sur des systèmes embarqués exposés en réseau. Un microkernel comme celui de QNX permet d'isoler les défaillances logicielles dans des espaces mémoire séparés, réduisant la surface d'attaque et empêchant qu'un crash applicatif compromette le contrôle moteur ou les fonctions de sécurité. Les partenariats annoncés avec NVIDIA et Intel visent à optimiser cet OS pour les SoC haute performance (Jetson, Core Ultra) qui équipent la prochaine génération de robots, combinant inférence d'IA embarquée et contraintes temps réel strictes. Pour un intégrateur ou un COO industriel, le message est direct : déployer un robot dans un espace partagé avec des humains sans couche RTOS certifiable représente un risque de conformité croissant, notamment en Europe avec la révision de la directive machines.

QNX est présent depuis les années 1980 dans les systèmes embarqués critiques, d'abord dans l'industrie médicale et l'aérospatiale, puis massivement dans l'automobile avec des déploiements chez BMW, Ford ou Honda. Son rachat par BlackBerry en 2010 lui a apporté une orientation cybersécurité que ses concurrents directs, Wind River VxWorks et LynuxWorks, n'ont pas développée au même niveau. Face à l'essor de ROS 2 dans la robotique commerciale, QNX se positionne non pas comme un remplacement mais comme une couche de sécurité complémentaire, un argument que son benchmark report cherche visiblement à étayer avec des données comparatives. Les prochaines étapes pour l'entreprise passent par l'élargissement de ces partenariats matériels et par la certification de son stack pour les normes robotiques émergentes, notamment ISO 10218 et ISO/TS 15066 pour la collaboration humain-robot.

Impact France/UE

La révision de la directive machines européenne impose un risque de conformité croissant pour les intégrateurs EU déployant des robots en espaces partagés sans RTOS certifiable ; l'extension d'Amazon Proteus en Europe renforce l'urgence de ces exigences pour les opérateurs logistiques.

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GMSL et l'écosystème croissant autour des systèmes de vision pour la robotique
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GMSL et l'écosystème croissant autour des systèmes de vision pour la robotique

Le standard GMSL (Gigabit Multimedia Serial Link), longtemps cantonné aux systèmes embarqués automobiles comme l'ADAS, s'impose progressivement dans les architectures de vision robotique industrielle. Selon Stephen Liu, responsable robotique chez Advantech, développeur de systèmes embarqués, environ un tiers des projets robotiques qu'il accompagne utilisent ou envisagent déjà des caméras GMSL. La technologie permet de transporter vidéo haute résolution, signaux de contrôle et synchronisation sur un unique câble léger, avec une latence déterministe et une résistance aux interférences électromagnétiques (EMI) significativement améliorée. Analog Devices (ADI), qui dispose d'un écosystème GMSL structuré -- modules caméra pré-validés, adaptateurs, BSP (Board Support Packages) et plateformes compatibles ROS -- positionne cette offre comme un raccourci entre preuve de concept et production de masse. L'adoption dépasse le stade POC : les plateformes AMR (robots mobiles autonomes) de logistique en sont les premiers utilisateurs en production, suivis par les robots humanoïdes, les stations de picking, les applications agricoles et certains usages en santé et construction. Ce glissement du GMSL vers la robotique répond à une contrainte système qui s'aggrave : à mesure que le nombre de capteurs embarqués augmente (caméras multiples, lidars, IMU), la gestion simultanée de la bande passante, de la latence et de la synchronisation devient le vrai goulot d'étranglement. Un décalage de quelques millisecondes entre les flux capteurs suffit à dégrader la précision de navigation. "Les robots ne font pas que voir, ils doivent décider et agir instantanément", résume Liu, ce qui impose une coordination serrée entre GPU, MPU et système d'exploitation temps réel. Dans des environnements difficiles -- vibrations, poussière, températures extrêmes, câblages longs dans des châssis compacts -- les contraintes d'ESD et d'intégrité de signal rendent les interfaces non-automotive-grade insuffisantes. Le GMSL apporte ici une robustesse éprouvée en conditions réelles, sans surcharger les équipes d'intégration d'une couche de développement bas niveau supplémentaire. La transition depuis l'automobile n'est pas anodine sur le plan industriel. Les chaînes d'outillage ADAS ont absorbé pendant une décennie les problèmes que la robotique affronte aujourd'hui : multiples caméras synchronisées, longues distances de câblage, tolérance zéro aux pannes de perception. ADI capitalise sur cet héritage pour proposer un écosystème directement transposable, réduisant les délais d'intégration de plusieurs mois à quelques semaines selon Advantech. Les concurrents directs sur ce segment -- notamment les acteurs proposant des solutions basées sur MIPI CSI-2 ou USB3 Vision -- restent pertinents pour les robots opérant en conditions contrôlées, mais peinent à répondre aux contraintes des déploiements extérieurs ou mobiles à longue durée. Les prochaines étapes portent sur l'extension vers les humanoïdes et les plateformes agricoles, segments où la densité sensorielle et la rugosité environnementale font du GMSL un candidat naturel face aux architectures plus conventionnelles.

UEL'adoption du GMSL dans les AMR et robots industriels concerne indirectement les intégrateurs et fabricants européens confrontés aux mêmes contraintes de synchronisation multi-capteurs dans leurs architectures de vision embarquée.

InfrastructureOpinion
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GMSL et l'écosystème croissant autour des systèmes de vision robotique
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GMSL et l'écosystème croissant autour des systèmes de vision robotique

Le standard GMSL (Gigabit Multimedia Serial Link), longtemps cantonné aux systèmes embarqués automobiles, s'impose progressivement comme interface de référence pour les architectures de vision multi-caméra en robotique. Stephen Liu, responsable robotique chez Advantech, développeur de systèmes embarqués, estime qu'environ un tiers des projets robotiques qu'il accompagne intègrent ou évaluent déjà des caméras GMSL. La technologie est désormais déployée en production, au-delà du stade POC, dans des robots mobiles autonomes (AMR) d'entrepôt, des stations de picking et des robots humanoïdes, avec une adoption croissante en agriculture, santé et construction. Le principe : transporter flux vidéo haute résolution, signaux de contrôle et synchronisation sur un seul câble léger, avec une latence déterministe et une résistance aux perturbations électromagnétiques (EMI). Le défi que résout le GMSL n'est plus simplement la qualité d'image, mais l'orchestration système. Dans un robot équipé de plusieurs caméras, d'un lidar et d'une IMU, même quelques millisecondes de dérive entre capteurs suffisent à dégrader la précision de navigation. Gérer simultanément la bande passante, la latence, la synchronisation matérielle et le calcul embarqué (GPU, MPU, RTOS temps réel) est une contrainte qui bloque de nombreux projets en phase d'intégration. En milieu industriel difficile - vibrations, poussière, eau, températures extrêmes - les problèmes s'amplifient : les câbles longs exposent les connecteurs aux contraintes mécaniques et aux interférences ESD. Le GMSL apporte une réponse éprouvée : synchronisation hardware précise, câblage simplifié, robustesse démontrée à l'échelle. Pour les OEM robotiques, l'enjeu est autant économique que technique : réduire les mois d'intégration bas niveau pour se concentrer sur la différenciation réelle - modèles d'IA, logique applicative, déploiement. La trajectoire du GMSL est directement héritée de l'ADAS automotive et des systèmes de conduite autonome, secteurs qui ont résolu en premier les mêmes contraintes : caméras multiples synchronisées, longs filaires, conditions sévères. Analog Devices Inc. (ADI), qui sponsorise cet article, a construit un écosystème GMSL comprenant modules caméra pré-validés, adaptateurs, BSP et plateformes compatibles ROS, avec pour objectif affiché de raccourcir le chemin du prototype à la production. Cette origine éditoriale oriente naturellement le propos vers les avantages du GMSL sans mise en perspective concurrentielle : d'autres interfaces coexistent, notamment MIPI CSI-2 pour les courtes distances ou Ethernet TSN pour les architectures distribuées. La maturité croissante de l'écosystème GMSL en robotique mobile - notamment pour les humanoïdes et l'agriculture robotisée - laisse anticiper une standardisation plus large dans les prochaines générations de plateformes commerciales.

InfrastructureActu
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QNX présentera des démonstrations pratiques et de nouvelles recherches au Robotics Summit
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QNX présentera des démonstrations pratiques et de nouvelles recherches au Robotics Summit

QNX, la division logicielle temps-réel de BlackBerry Ltd., sera présente au Robotics Summit & Expo les 27 et 28 mai 2025 à Boston, avec trois démonstrations interactives et le lancement d'une étude de marché inédite. Sur le stand, la société présentera un bras robotique d'entrée de gamme capable de détecter et imiter les gestes humains pour saisir des objets, en s'appuyant sur son programme QNX Everywhere qui offre un accès gratuit au logiciel pour le prototypage. Un second démonstrateur simule un environnement de "Digital Factory Automation" : un bras industriel piloté par QNX OS fusionne données lidar et vision pour détecter et éviter les obstacles en temps réel, avec réponse déterministe immédiate dès qu'un objet ou une personne entre dans son périmètre. Le troisième poste, tournant sur hardware Intel et NVIDIA, exploite la détection de pose par IA pour répliquer les mouvements d'un visiteur sur un avatar à l'écran, ciblant explicitement les plateformes utilisées dans les robots humanoïdes. En parallèle, QNX dévoilera son "Inside the Robot: Architecture Benchmark Report", une étude basée sur 1 000 développeurs en robotique à l'échelle mondiale, qui cartographie les freins à l'adoption, les écarts entre ambitions système et capacités réelles, et les tendances du secteur. John Wall, président de QNX, participera au keynote d'ouverture "Building the Next Era of Robot Autonomy" aux côtés de représentants d'Amazon Robotics, Locus Robotics et Universal Robots. La participation de QNX à ce salon illustre une tension structurelle du marché : les équipes d'IA embarquée savent entraîner des modèles, mais peinent à garantir le comportement déterministe requis dès lors que ces modèles pilotent des actionneurs physiques en environnement humain. QNX positionne son RTOS (Real-Time Operating System) comme la couche d'exécution qui traduit les décisions d'un VLA (Vision-Language-Action model) ou d'un module de pose detection en commandes moteur à latence bornée et prévisible. Le benchmark report est potentiellement plus significatif que les démos : avec 1 000 répondants développeurs, il devrait objectiver les vrais goulots d'étranglement du cycle sim-to-real, là où la majorité des communications sectorielles restent des annonces produit sans données comparatives. Pour un COO industriel ou un intégrateur, la question clé n'est pas "est-ce que le bras évite les obstacles en démo" mais "quel est le taux de défaillance certifiable en production", ce que l'étude prétend adresser. QNX existe depuis 1980 et son RTOS est historiquement déployé dans l'automobile (ADAS, infotainment), le médical et l'aérospatiale, des secteurs où la certification fonctionnelle (ISO 26262, IEC 61508) est non-négociable. L'entrée en robotique collaborative et humanoïde représente une extension logique à mesure que ces systèmes quittent les cages industrielles pour les entrepôts et espaces partagés. Sur ce terrain, QNX affronte Wind River (VxWorks), ROS 2 avec son middleware DDS pour le temps-réel souple, et des stacks propriétaires comme ceux qu'embarquent Boston Dynamics ou Figure AI. Le programme QNX Everywhere, qui ouvre l'accès gratuit pour le prototypage, est une réponse directe à l'adoption massive de ROS dans les labs universitaires et startups. Les suites concrètes à surveiller : la publication du benchmark report lors du salon, et d'éventuelles annonces de partenariats OEM avec des fabricants de bras collaboratifs ou de plateformes humanoïdes dans les mois suivants.

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Les logiciels deviennent le principal frein à l'innovation en IA physique, selon une étude QNX
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Les logiciels deviennent le principal frein à l'innovation en IA physique, selon une étude QNX

Lors du Robotics Summit & Expo de Boston, QNX, division de BlackBerry Ltd., a publié les résultats de son étude "Inside the Robot: Architecture Benchmark Report", menée entre février 2025 et avril 2026 auprès de 1 000 développeurs et ingénieurs logiciels travaillant en robotique. Le constat central est statistiquement net : 27 % des répondants identifient l'architecture logicielle et l'intégration comme leur principal goulot d'étranglement de performance, contre seulement 16 % qui pointent le matériel. 83 % des équipes interrogées déclarent que leurs systèmes opèrent déjà aux côtés d'humains, dans des environnements aussi variés que des blocs opératoires ou des entrepôts actifs. 85 % anticipent que le logiciel jouera un rôle encore plus déterminant dans les trois à cinq prochaines années, et les investissements prioritaires déclarés convergent vers l'IA décisionnelle et la cybersécurité (51 % chacun), suivis des systèmes d'exploitation et du contrôle temps réel (37 %). Fait notable : 95 % des développeurs affirment que l'exécution déterministe et temps réel est une exigence critique pour leurs systèmes. Ce renversement de priorité, du matériel vers le logiciel, n'est pas anodin pour les intégrateurs et les décideurs industriels. Pendant des décennies, la robotique butait sur des contraintes mécaniques et énergétiques. Le signal envoyé ici est que la limite structurante est désormais la capacité à faire cohabiter, dans une même architecture logicielle, des niveaux de criticité hétérogènes : boucles de sécurité fonctionnelle temps réel, couches IA adaptatives, et exigences de certification (notamment IEC 61508 ou ISO 26262 pour les environnements à risque). Le déploiement de robots dans des environnements non contrôlés, rues, hôpitaux, ateliers mixtes, exige un comportement prédictible dans des conditions que les simulateurs ne couvrent pas entièrement. Les retards de certification cités comme frein majeur suggèrent que le "sim-to-real gap" logiciel est aujourd'hui aussi structurant que le gap physique, un point que les équipes focalisées sur les performances des modèles VLA (vision-language-action) auraient intérêt à intégrer. QNX opère sur ce marché depuis les années 1980 avec son OS temps réel, historiquement dominant dans l'automobile et le médical. Le rapport s'inscrit dans un repositionnement stratégique de BlackBerry sur la robotique collaborative et les systèmes embarqués critiques, face à une concurrence qui inclut des solutions open-source comme ROS 2 couplé à des RTOS (Linux RT, Zephyr), ainsi que des stacks propriétaires développés en interne par des acteurs comme Boston Dynamics ou Intrinsic (Alphabet). L'étude ne couvre pas les timelines de déploiement produit ni les résultats quantitatifs sur des systèmes réels, ce qui lui confère davantage la valeur d'un état des lieux de perception industrielle que d'un benchmark technique au sens strict. Les prochains trimestres verront si QNX traduit ces signaux en offres logicielles concrètes adaptées aux architectures hybrides CPU/NPU qui équipent les humanoïdes et les AMR de nouvelle génération.

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