
Une pompe à métal liquide de la taille d'un pois rend les robots souples plus légers, portables et agiles
Des ingénieurs de l'Université de Bristol ont présenté une micropompe à métal liquide baptisée LIMA (liquid-metal magnetohydrodynamic), pesant 0,2 gramme et fonctionnant à moins de 0,1 volt, dont les résultats sont publiés dans Nature Communications. Ce dispositif vise à remplacer les compresseurs pneumatiques volumineux qui équipent aujourd'hui la quasi-totalité des robots souples, limitant leur mobilité et leur portabilité. Pour valider le concept, l'équipe du Bristol Soft Robotics Lab a construit trois démonstrateurs : des ailes de papillon robotiques, un bracelet à changement de couleur, et une poche haptique connectée à un bracelet simulant les sensations tactiles par compression. La pompe exploite les propriétés du métal liquide, notamment sa haute conductivité et sa déformabilité, pour convertir un courant électrique en mouvement fluidique via la force de Lorentz : le courant traversant des gouttelettes de métal dans un champ magnétique génère une poussée qui produit l'action de pompage à très basse tension.
Ce résultat est notable pour le secteur de la robotique souple et des dispositifs portables, où la miniaturisation de l'actionnement pneumatique reste un verrou technologique persistant. La plupart des systèmes actuels, qu'il s'agisse d'exosquelettes légers, de gants haptiques ou d'instruments médicaux embarqués, dépendent de pompes rigides ou de sources d'air comprimé externes qui contraignent leur déploiement en conditions réelles. LIMA propose une architecture différente : une plateforme basse tension capable de transporter simultanément de l'énergie hydraulique, de l'énergie chimique et des signaux d'information à travers un réseau fluidique souple. Cette triple fonction, intégrée dans un composant de moins d'un gramme, pourrait intéresser les concepteurs de dispositifs haptiques pour la réalité virtuelle, de vêtements robotiques et d'outils médicaux miniaturisés. Le professeur Jonathan Rossiter, co-auteur de l'étude, qualifie la pompe de "coeur" compact pour les futurs systèmes robotiques.
Le Bristol Soft Robotics Lab s'inscrit dans une dynamique de recherche académique sur les actionneurs intégrés, dans un domaine où plusieurs groupes internationaux travaillent sur des approches comparables, notamment le Harvard Biodesign Lab et des équipes de l'EPFL. Sur le plan applicatif, l'équipe annonce explorer des pansements intelligents, des vêtements robotiques et, à plus long terme, des robots comestibles. La publication dans Nature Communications valide le principe de fonctionnement, mais les démonstrateurs présentés restent au stade prototype de laboratoire, sans intégration industrielle ni timeline de commercialisation annoncées. Des questions restent ouvertes sur la durabilité du métal liquide sous cycles répétés et sur sa biocompatibilité pour les applications médicales.
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