
DARPA prépare une mission de maintenance satellitaire robotisée pour 2026
La Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) et ses partenaires industriels s'apprêtent à lancer en été 2026 la mission RSGS (Robotic Servicing of Geosynchronous Satellites), un démonstrateur orbital conçu pour inspecter, réparer et reconfigurer des satellites en orbite géostationnaire (GEO, à environ 35 786 km). Le robot serviceur, développé en partenariat avec Maxar Space, embarque un bras manipulateur multi-degrés-de-liberté équipé d'outils spécialisés capables d'intervenir sur des satellites dits "non coopératifs", c'est-à-dire non conçus a priori pour être réparés en orbite.
L'enjeu économique est direct : un satellite GEO commercial représente entre 150 et 400 millions de dollars d'investissement, avec une durée de vie typiquement limitée par l'épuisement du carburant de maintien à poste plutôt que par une défaillance technique. Prolonger ces plateformes de 5 à 10 ans modifie structurellement les modèles économiques des opérateurs (SES, Intelsat, Eutelsat) et réduit la dépendance aux cycles de remplacement coûteux. La mission RSGS cherche aussi à valider des capacités de relocalisation orbitale, ouvrant la voie à des services de "space tug" commerciaux.
Le programme RSGS remonte à 2017, date à laquelle DARPA a signé un accord coopératif avec SSL (devenu Maxar Space) après des années de recherche sur la technologie FREND (Front-end Robotics Enabling Near-term Demonstration). Sur ce même créneau, Northrop Grumman a déjà commercialisé son Mission Extension Vehicle (MEV), avec deux satellites Intelsat servis depuis 2020. Astroscale (Japon/UK) et ClearSpace (Suisse, soutenu par l'ESA) progressent sur des segments adjacents. Un succès de RSGS en 2026 légitimerait un marché du "on-orbit servicing" estimé à plusieurs milliards de dollars sur la prochaine décennie.
Eutelsat (opérateur français) figure parmi les bénéficiaires potentiels directs d'un service de prolongation de vie satellitaire, tandis que ClearSpace (Suisse, soutenu par l'ESA) opère sur un segment adjacent et sera directement impacté par la légitimation ou non du marché 'on-orbit servicing' que validera RSGS en 2026.




