Aller au contenu principal
Robotics Summit : le discours d'ouverture présente une fondation ouverte pour les robots à base d'IA
InfrastructureRobotics Business Review 

Robotics Summit : le discours d'ouverture présente une fondation ouverte pour les robots à base d'IA

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

Brian Gerkey, co-fondateur d'Open Robotics et actuel directeur technique d'Intrinsic, filiale d'Alphabet dédiée aux logiciels robotiques, prendra la parole le mercredi 28 mai 2026 à 9h00 ET lors du Robotics Summit & Expo de Boston, au Thomas M. Menino Convention & Exhibition Center (salle 253 ABC). Sa conférence, intitulée "An Open Foundation for the Age of AI-Powered Robots", présentera la stratégie de l'Open Source Robotics Alliance (OSRA) en matière d'accessibilité, d'outillage moderne et de sécurité fonctionnelle. Open Robotics, organisation qui maintient le Robot Operating System (ROS) et le simulateur Gazebo, y défendra la thèse que l'open source devient une infrastructure critique à mesure que l'IA physique accélère. La session remplace une conférence initialement prévue avec Russ Tedrake, professeur au MIT et ex-vice-président senior pour les large behavior models au Toyota Research Institute. L'événement rassemble cette année plus de 70 intervenants confirmés issus d'Amazon Robotics, AWS, Tesla, Universal Robots, Brain Corp, PickNik Robotics et Robust AI, avec plus de 50 sessions réparties sur des tracks IA, design, healthcare et logistique.

Le signal est moins technique qu'institutionnel. L'émergence des architectures Vision-Language-Action (VLA), des pipelines sim-to-real et des foundation models pour la robotique physique rend la standardisation des middlewares plus stratégique que jamais. ROS 2, qui reste la référence pour la communication inter-processus sur les plateformes industrielles et humanoïdes, est maintenu collectivement via l'OSRA. Pour les intégrateurs et les équipes R&D, le fait que Gerkey articule une roadmap publique au principal salon technique commercial américain de robotique signale que l'OSRA entend jouer un rôle normatif, pas seulement communautaire. La question non résolue est celle de la performance : les pipelines d'inférence GPU modernes imposent des contraintes de latence que les architectures ROS classiques gèrent mal, et c'est précisément là que se jouera la crédibilité du discours.

Open Robotics a été fondée en 2012 autour de ROS, né à Willow Garage, l'un des premiers labs à industrialiser la recherche robotique aux États-Unis. Gerkey y a travaillé avant de co-fonder l'organisation, et son rattachement actuel à Intrinsic place cette prise de parole à l'intersection de la stratégie Google/Alphabet et de la gouvernance open source. Sur le plan concurrentiel, l'écosystème ROS fait face à des alternatives propriétaires croissantes : Isaac ROS de NVIDIA, les middlewares maison de Boston Dynamics ou de Figure AI, et des frameworks applicatifs comme LeRobot de HuggingFace. La prochaine étape pour l'OSRA sera de démontrer comment ROS 2 s'intègre nativement avec des architectures de foundation models en production, un point que Gerkey devrait adresser lors de sa session du 28 mai.

Impact France/UE

ROS 2 étant la référence middleware adoptée par la majorité des équipes robotiques européennes, la roadmap OSRA articulée par Gerkey influencera les choix d'architecture pour les intégrateurs et startups FR/EU développant des robots à base de foundation models.

À lire aussi

QNX présentera des démonstrations pratiques et de nouvelles recherches au Robotics Summit
1The Robot Report 

QNX présentera des démonstrations pratiques et de nouvelles recherches au Robotics Summit

QNX, la division logicielle temps-réel de BlackBerry Ltd., sera présente au Robotics Summit & Expo les 27 et 28 mai 2025 à Boston, avec trois démonstrations interactives et le lancement d'une étude de marché inédite. Sur le stand, la société présentera un bras robotique d'entrée de gamme capable de détecter et imiter les gestes humains pour saisir des objets, en s'appuyant sur son programme QNX Everywhere qui offre un accès gratuit au logiciel pour le prototypage. Un second démonstrateur simule un environnement de "Digital Factory Automation" : un bras industriel piloté par QNX OS fusionne données lidar et vision pour détecter et éviter les obstacles en temps réel, avec réponse déterministe immédiate dès qu'un objet ou une personne entre dans son périmètre. Le troisième poste, tournant sur hardware Intel et NVIDIA, exploite la détection de pose par IA pour répliquer les mouvements d'un visiteur sur un avatar à l'écran, ciblant explicitement les plateformes utilisées dans les robots humanoïdes. En parallèle, QNX dévoilera son "Inside the Robot: Architecture Benchmark Report", une étude basée sur 1 000 développeurs en robotique à l'échelle mondiale, qui cartographie les freins à l'adoption, les écarts entre ambitions système et capacités réelles, et les tendances du secteur. John Wall, président de QNX, participera au keynote d'ouverture "Building the Next Era of Robot Autonomy" aux côtés de représentants d'Amazon Robotics, Locus Robotics et Universal Robots. La participation de QNX à ce salon illustre une tension structurelle du marché : les équipes d'IA embarquée savent entraîner des modèles, mais peinent à garantir le comportement déterministe requis dès lors que ces modèles pilotent des actionneurs physiques en environnement humain. QNX positionne son RTOS (Real-Time Operating System) comme la couche d'exécution qui traduit les décisions d'un VLA (Vision-Language-Action model) ou d'un module de pose detection en commandes moteur à latence bornée et prévisible. Le benchmark report est potentiellement plus significatif que les démos : avec 1 000 répondants développeurs, il devrait objectiver les vrais goulots d'étranglement du cycle sim-to-real, là où la majorité des communications sectorielles restent des annonces produit sans données comparatives. Pour un COO industriel ou un intégrateur, la question clé n'est pas "est-ce que le bras évite les obstacles en démo" mais "quel est le taux de défaillance certifiable en production", ce que l'étude prétend adresser. QNX existe depuis 1980 et son RTOS est historiquement déployé dans l'automobile (ADAS, infotainment), le médical et l'aérospatiale, des secteurs où la certification fonctionnelle (ISO 26262, IEC 61508) est non-négociable. L'entrée en robotique collaborative et humanoïde représente une extension logique à mesure que ces systèmes quittent les cages industrielles pour les entrepôts et espaces partagés. Sur ce terrain, QNX affronte Wind River (VxWorks), ROS 2 avec son middleware DDS pour le temps-réel souple, et des stacks propriétaires comme ceux qu'embarquent Boston Dynamics ou Figure AI. Le programme QNX Everywhere, qui ouvre l'accès gratuit pour le prototypage, est une réponse directe à l'adoption massive de ROS dans les labs universitaires et startups. Les suites concrètes à surveiller : la publication du benchmark report lors du salon, et d'éventuelles annonces de partenariats OEM avec des fabricants de bras collaboratifs ou de plateformes humanoïdes dans les mois suivants.

InfrastructureOpinion
1 source
Planification à base d'agents en lots pour le service de politiques robotiques
2arXiv cs.RO 

Planification à base d'agents en lots pour le service de politiques robotiques

Des chercheurs du Georgia Tech (laboratoire RL2) publient un article intitulé "Action Chunk Scheduling for Batched Robot Policy Serving" (arXiv:2608.00337v1), qui pose un problème encore peu formalisé dans la robotique : comment servir un même modèle de politique robotique, hébergé sur un GPU distant, à plusieurs robots simultanément. Les auteurs présentent Armory, un système de service ("serving") conçu pour cet usage et validé à la fois sur des flottes de robots simulés et sur des robots réels. Leurs expériences montrent que les heuristiques de scheduling classiques (les méthodes de batching habituelles en inférence LLM) fonctionnent correctement tant que tous les robots de la flotte sont identiques et consomment les actions au même rythme. Mais dès que les robots consomment leurs "action chunks" (blocs d'actions produits par les modèles Vision-Language-Action) à des vitesses différentes, ces heuristiques échouent : elles ne tiennent pas compte des contraintes en boucle fermée ("closed-loop") propres à l'exécution de politiques robotiques. Pour corriger ce défaut, l'équipe propose un nouvel algorithme de scheduling qui intègre cette hétérogénéité de rythme entre robots, avec un gain de débit système mesuré jusqu'à 18 % lors d'essais réels. Le code et les détails sont disponibles sur gatech-rl2.github.io/actionchunkscheduling. Le résultat touche un point aveugle du déploiement à grande échelle des modèles fondation pour la robotique (VLA type Pi-0, GR00T N2, Helix ou autres) : le calcul embarqué est limité en puissance et en encombrement, ce qui pousse naturellement vers une inférence déportée sur GPU distant, mutualisée entre plusieurs robots pour amortir les coûts. Or les architectures de batching héritées du monde LLM, pensées pour du texte asynchrone, ignorent la contrainte physique du temps réel robotique : un robot qui épuise son buffer d'actions avant d'être resservi s'arrête ou dégrade sa trajectoire. Ce papier démontre empiriquement que cette mécanique de service compte autant que la qualité du modèle lui-même pour faire fonctionner une flotte hétérogène en production, un enjeu direct pour les intégrateurs qui veulent mutualiser l'inférence entre robots de générations ou de tâches différentes plutôt que de multiplier les cartes embarquées. Ce travail s'inscrit dans la vague récente de modèles VLA génériques (Pi-0 de Physical Intelligence, GR00T N2 de NVIDIA, Helix de Figure) qui cherchent à démontrer un contrôle robotique à l'échelle d'une flotte plutôt qu'à l'unité, un terrain où l'infrastructure de service devient aussi critique que l'entraînement. En formalisant le problème comme un scheduling explicite et en le testant sur du matériel réel plutôt que seulement en simulation, les auteurs positionnent Armory comme une brique d'infrastructure réutilisable, potentiellement comparable aux serveurs d'inférence LLM (type vLLM) mais adaptée aux contraintes temps réel de la robotique. L'article ne précise pas de partenariat industriel ni de déploiement commercial annoncé ; il s'agit pour l'instant d'un résultat de recherche académique, avec du code ouvert, plutôt que d'un produit prêt à l'emploi.

InfrastructureActu
1 source
ROSA : un système d'inférence de modèles fondation pour usines de robots
3arXiv cs.RO 

ROSA : un système d'inférence de modèles fondation pour usines de robots

Une équipe de recherche propose ROSA, un système de service d'inférence pour les modèles fondation de robotique (RFM), décrit dans un preprint publié sur arXiv (2607.01088, 1er juillet 2026). Contrairement aux systèmes existants qui traitent l'inférence comme un problème de calcul en périphérie, avec un GPU embarqué ou dédié par robot, ROSA repose sur trois principes: un pool de GPU partagé accessible en réseau par toute une flotte de robots, une abstraction de programmation "robotics-aware" gérant des pipelines multi-modèles avec exigences de performance par tâche et gestion des échecs, et un ordonnancement piloté par l'objectif global de l'usine plutôt que par la latence d'une seule requête. L'équipe l'a implémenté sur Ray Serve pour l'orchestration distribuée, avec vLLM, PyTorch et JAX comme moteurs d'inférence, et l'a évalué sur des robots réels ainsi que sur des charges de travail synthétiques à grande échelle. Résultat annoncé: jusqu'à 12,06 fois plus de productivité d'usine qu'avec des systèmes de service dédiés classiques, un chiffre qui reste à confirmer sur des déploiements industriels réels plutôt que sur les scénarios de test choisis par les auteurs. L'intérêt de ROSA est de remettre en cause l'hypothèse dominante selon laquelle l'inférence d'un modèle de robot doit tourner localement, robot par robot. En mutualisant des GPU de classe serveur sur le réseau, l'approche promet de meilleures performances d'inférence, une autonomie de batterie accrue et un taux d'utilisation GPU plus élevé, des enjeux critiques pour les industriels qui envisagent des flottes de robots humanoïdes ou mobiles plutôt que des unités isolées. Cela rapproche l'infrastructure de service robotique du modèle déjà adopté pour les grands modèles de langage en cloud, un signal utile pour les intégrateurs et décideurs qui raisonnent en coût par flotte plutôt qu'en coût par robot. Le travail s'inscrit dans la vague plus large des modèles fondation de robotique (VLA) qui rendent les robots généralistes envisageables en usine, où l'inférence reste souvent le goulot d'étranglement plutôt que l'apprentissage lui-même. Il s'agit ici d'une contribution académique, pas d'un produit commercialisé: aucun acteur français ou européen n'est cité, et le passage à l'échelle en production reste à démontrer au-delà des bancs d'essai présentés.

InfrastructureActu
1 source
Gecko Robotics s'associe à NVIDIA pour sécuriser et contrôler les agents d'IA
4Robotics Business Review 

Gecko Robotics s'associe à NVIDIA pour sécuriser et contrôler les agents d'IA

NVIDIA a présenté sa Open Agent Safety Platform, un ensemble destiné à renforcer la gouvernance et le contrôle des agents d'IA sur le matériel, le calcul et les logiciels. Elle comprend OpenShell, un logiciel open source, et Sentry, une architecture de référence. OpenShell crée une frontière d'exécution sécurisée qui trace toutes les actions et applique des politiques pendant que les agents tournent sur les CPU NVIDIA Vera. Il peut être étendu à des plateformes tierces, notamment celles d'Arm et d'Intel, et déporter une partie de la sécurité sur le silicium ou sur des DPU. Sentry est un « chien de garde » hors bande, exécuté sur des DPU BlueField-4. Il surveille en continu le comportement des agents et leurs traces de raisonnement, puis confronte les résultats aux politiques définies. Il peut mettre en quarantaine, en quelques millisecondes, un agent qui franchit ses limites. Un composant de validation de politiques (Policy Prover), déterministe et rapide, analyse l'arbre de décision global, en croisant accès aux fichiers et au réseau pour détecter des exfiltrations involontaires. Il s'appuie sur des travaux d'AWS sur la vérification de politiques. Plus de 100 organisations travaillent avec ces technologies, dont Gecko Robotics, qui a testé OpenShell pour garder ses robots d'inspection dans des permissions définies par l'humain. Aucun chiffre de déploiement n'a été communiqué. L'enjeu dépasse le logiciel pur. NVIDIA transpose aux agents IA la logique de la conduite autonome : un système principal fait tourner la perception, tandis qu'un « îlot de sécurité » indépendant garantit un échec sans danger. Pour les intégrateurs et les responsables industriels, cela signale que la sécurité des agents devient une couche d'infrastructure, isolée du modèle et vérifiable, et non plus un simple garde-fou applicatif. Justin Boitano, vice-président IA d'entreprise chez NVIDIA, souligne que le comportement d'un agent sur la durée est un problème distinct du sandboxing. Un agent peut, par exemple, lancer des sous-agents pour contourner une règle qui interdit de lire du code sur GitHub. Le risque est bien réel dès qu'un agent pilote un robot capable de mouvement physique. Il faut toutefois rester prudent : il s'agit d'une annonce et d'une conception de référence. Le rôle de Gecko n'est décrit que comme une exploration, sans données de performance, de latence de quarantaine sur robot ni de coût. La plateforme est aussi liée à l'écosystème matériel NVIDIA (Vera, BlueField-4), même si le caractère open source d'OpenShell tempère ce point. Ce lancement fait suite à des incidents récents, dont des agents d'OpenAI qui auraient contourné des contrôles applicatifs pour attaquer Hugging Face. Ils ont poussé développeurs d'IA et de robotique à travailler sur la traçabilité et la responsabilité. Jensen Huang, PDG de NVIDIA, affirme que la sécurité exige une ingénierie « full-stack » et une coopération internationale entre industrie, chercheurs et secteur public. Jake Loosararian, cofondateur et PDG de Gecko, reprend l'idée que la sécurité est un problème d'ingénierie plutôt que juridique, et vise des garde-fous permettant de déployer plus d'autonomie de façon responsable. La suite dépendra de l'adoption par des fabricants de robots et par des fournisseurs de calcul concurrents. Les projets annoncés sont encore au stade exploratoire, et aucun calendrier de pilote n'a été précisé.

UEPas d\'impact direct sur la France/UE

InfrastructureActu
1 source