Robots en ville : perceptions des robots urbains selon différents profils d'usagers
Des piétons croisent de plus en plus de robots dans les espaces publics urbains sans interagir avec eux, mais l'effet de ces machines sur la sécurité perçue d'une rue reste mal documenté. Une étude diffusée sur arXiv le mesure à partir de 18 images de rues de Séoul générées par IA, qui varient selon l'heure (jour ou nuit), la classe de voirie et la condition robotique : aucun robot, un robot de livraison ou un humanoïde. Deux modèles de langage multimodaux (MLLM), Qwen3.8-27B et Gemma4-26B, chacun conditionné par 500 personas synthétiques, devaient choisir l'image la plus sûre dans chaque paire. 25 répondants humains ont réalisé la même tâche.
Les deux modèles préfèrent les rues sans robot et jugent le robot de livraison plus rassurant que l'humanoïde. Les robots sont choisis plus souvent la nuit et moins souvent par les personas âgés, tandis que la classe de voirie pèse peu. Dans les justifications produites par les modèles, le robot de livraison apparaît surtout comme un obstacle physique, alors que l'humanoïde est perçu soit comme une menace, soit comme une source de protection. Par rapport aux humains, les deux modèles reproduisent l'effet nocturne, mais choisissent beaucoup moins souvent l'humanoïde face au robot de livraison. Gemma présente un effet de la nuit sur l'humanoïde environ trois fois supérieur à celui des participants humains.
Pour les opérateurs de robots de service, les municipalités et les intégrateurs, le résultat est que l'impact d'un robot sur la sécurité perçue dépend du moment où il apparaît, et pas seulement de sa forme. Un robot peut être lu comme une présence rassurante dans une rue peu fréquentée la nuit, mais comme un obstacle en plein jour. Pour la robotique humanoïde, qui vise la voie publique après l'usine et l'entrepôt, la perception ambivalente (menace ou protection) signale un risque d'acceptabilité à traiter dans le design et le choix des zones de déploiement. Le second enseignement est méthodologique : les personas simulés par MLLM ne captent qu'une partie des jugements humains. Les remplacer par des sondages réels pour des études d'acceptation reste donc risqué.
Les limites sont notables. Le protocole repose sur seulement 18 images synthétiques d'une seule ville, Séoul, et sur un échantillon humain de 25 personnes, ce qui restreint la portée statistique et la transposition à d'autres contextes culturels. Il s'inscrit dans la montée des robots de livraison sur trottoir et des premiers humanoïdes envisagés pour des usages urbains. Il s'inscrit aussi dans l'usage croissant de personas synthétiques pour simuler des panels d'enquête. Les travaux suivants devront confronter ces résultats à des observations en conditions réelles et à des échantillons humains plus larges.
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