
Rêver, construire, détruire, recommencer
Le MIT Combat Robotics Club (CRC), fondé en 2001 et hébergé par l'Edgerton Center du MIT, fabrique des robots de combat et les engage dans la National Havoc Robot League (NHRL), avec une compétition environ tous les deux mois, dont des « house battles » organisées sur le campus. Relancé en 2023 avec de nouveaux membres et de nouveaux designs, le club a vu passer des machines connues des spectateurs de BattleBots, comme Uppercut, SawBlaze, the Dentist ou Overhaul. Son robot ARES, engagé dans la catégorie 30 livres (les autres catégories NHRL sont 3 et 12 livres), associe un spinner vertical dit « Beater Bar » à un système d'arme brushless compact à double courroie poly-V redondante, sur une transmission brushless à quatre roues motrices et un châssis en aluminium, titane et polyéthylène à ultra-haut poids moléculaire. Tête de série lors des championnats du monde NHRL 2025, ARES s'est incliné dans deux combats face à des adversaires dotés d'armes de même type, que son blindage, jugé insuffisamment développé par le capitaine Ryan Duarte, n'a pas supporté. Il a ensuite pris la deuxième place d'une compétition en avril et la troisième en octobre. Le club améliore parallèlement ARES et un second robot, KRATOS, tout en préparant une prochaine génération.
L'intérêt de ce cas dépasse l'anecdote étudiante. Le club est entièrement géré par les étudiants, ouvert à tous sans condition d'année, de filière ou d'expérience, et fonctionne en autoformation. Les participants y pratiquent la CAO, l'analyse par éléments finis, l'usinage CNC et le soudage, soit des compétences que les employeurs de la robotique réclament et que les cursus théoriques enseignent mal. Le combat de robots impose une boucle de conception très courte : un défaut d'armure ou de transmission est sanctionné en quelques secondes et se corrige avant l'événement suivant. Pour un intégrateur ou un recruteur, ce type de filière forme des ingénieurs habitués à concevoir sous contrainte de masse, de fiabilité et de délai, avec des pièces qui doivent survivre à des chocs violents, une exigence proche de celle des actionneurs et structures de robots mobiles industriels. Le club a accueilli 54 nouveaux membres cet automne, ce qui montre que l'attrait pour ce travail pratique reste fort.
Le CRC s'inscrit dans l'écosystème né de la télévision (BattleBots) et des ligues indépendantes comme la NHRL, dont les catégories de poids permettent à des équipes universitaires de concourir à coût maîtrisé. Les points de comparaison sont les autres clubs étudiants et les équipes locales qui se mesurent à lui lors des événements bimestriels. Le récit reste celui d'un club et non d'un produit : aucun chiffre de performance indépendant n'est fourni au-delà des classements. Les prochaines étapes sont connues : les nouveaux membres construisent par équipes de trois des robots « ant weight » de 1 livre dans le cadre de leur intégration, tandis que la capitaine 2026-27, Abi Dixon, prendra la suite de Ryan Duarte. Les modifications d'ARES et de KRATOS seront testées lors des prochaines compétitions NHRL.




