
Ce papillon robotique de 70 grammes se passe d'hélices et vole en battant des ailes

Un bricoleur connu sous le pseudonyme Max Imagination a construit un papillon télécommandé de 70 grammes baptisé ESP-FLUTTER, relayé par Hackster après une vidéo publiée le 16 octobre. Il s'agit d'un ornithoptère, c'est-à-dire un aéronef dont la portance et la poussée viennent du battement des ailes plutôt que d'hélices. Là où la plupart des ornithoptères utilisent un moteur unique et une timonerie mécanique pour animer les deux ailes, celui-ci confie chaque aile à son propre servomoteur à haute vitesse, les servos de loisir ordinaires étant jugés trop lents et trop faibles. Les ailes sont faites de film plastique de sachets de fruits et légumes tendu sur des cadres en fibre de carbone (la toile de cerf-volant est une alternative) et éclairées par 50 LED reliées par un fil de cuivre émaillé très fin, soit environ 1 gramme par aile pour des vols de nuit. Le châssis imprimé en 3D est en PETG, avec des protections en TPU souple pour les servos en cas de choc. L'ensemble est alimenté par une batterie lithium-polymère sur mesure à deux éléments. Une carte Seeed Studio XIAO ESP32C3 gère les signaux des servos, la liaison sans fil, la surveillance de la batterie et les LED. Le pilotage passe par une page web servie par le réseau Wi-Fi propre au papillon, avec en option un récepteur ExpressLRS pour une radiocommande classique. Le firmware est publié sur GitHub et les fichiers de fabrication sur Google Drive.
L'intérêt tient moins à la performance qu'à l'accessibilité et à ce que montre le choix d'architecture. Le pilotage par deux servos indépendants, qui selon Hackster offre plus de contrôle sans compliquer la mécanique, permet de régler fréquence de battement, réactivité de la direction, positions des servos et profils de mouvement : une onde sinusoïdale donne un mouvement plus naturel, une onde triangulaire peut générer davantage de portance. Le créateur retient environ 4 Hz à pleine puissance. Pour la robotique, c'est un banc d'essai peu coûteux pour le vol battu, sujet qui intéresse la recherche sur les micro-drones où l'on cherche des alternatives aux hélices, sans équivalent industriel à ce stade. Il faut toutefois rester prudent : le vol le plus long annoncé est de 1 minute 9 secondes, pour une portée d'environ 25 mètres, deux chiffres déclarés par le concepteur lui-même, sans test indépendant ni retour d'autres constructeurs. Il s'agit d'un projet de passionné publié en open source, pas d'un produit commercial, et aucune application industrielle n'est avancée.
Le projet s'inscrit dans la lignée des ornithoptères amateurs et académiques, qui ont longtemps dépendu d'un moteur unique couplé à un mécanisme de bielles, plus simple à construire mais moins finement réglable. Hackster rappelle que les hélices restent la solution dominante pour les robots volants, car plus faciles à mettre en œuvre que des ailes battantes. Le design existe en deux variantes : une version modulaire à base de pièces courantes et une version compacte articulée autour d'un circuit imprimé sur mesure à quatre couches. La suite dépendra de la communauté : des temps de vol mesurés par des constructeurs reproduisant le design à partir des fichiers GitHub diraient si la conception est réellement pratique. Max Imagination a par ailleurs annoncé une vidéo dédiée à la configuration de la télécommande.




