
CuPIQP : un solveur QP par lots et différentiable sur GPU pour l'apprentissage et la commande des robots
Cette équipe publie cuPIQP, un solveur de programmation quadratique (QP) par lots et différentiable, exécuté sur GPU. Il repose sur une méthode de points intérieurs proximale et prend en charge, dans une interface unifiée, les problèmes denses, creux et multi-étages. Les QP servent de brique de base à la cinématique inverse, au contrôle du corps entier (whole-body control) et à la commande prédictive (MPC). Le solveur résout de nombreux QP indépendants en parallèle et exploite leur structure interne. Chaque problème garde ses propres mises à jour numériques et son propre critère d'arrêt, donc un cas difficile ne contraint pas les autres du lot. Les benchmarks portent sur des lots allant jusqu'à 16 384 QP. Le temps de résolution est jusqu'à 18,8 fois plus court que celui de Moreau et 4,26 fois plus court que PIQP sur huit coeurs CPU. Sur une tâche d'apprentissage de bout en bout, l'entraînement est 4,6 fois plus rapide qu'avec QPAX et 7,8 fois plus rapide qu'avec Moreau.
L'intérêt dépasse le seul gain de vitesse. L'apprentissage par renforcement massivement parallèle (milliers d'environnements simulés sur GPU) s'est largement passé des contrôleurs classiques, car ceux-ci obligent à repasser par le CPU. Disposer d'un solveur QP qui reste sur GPU permet d'insérer dans la boucle d'entraînement des couches d'optimisation, comme un contrôleur de corps entier ou un MPC, et de les différencier. Pour un intégrateur ou une équipe de contrôle, cela rend plus accessible l'hybridation entre méthodes à base de modèle, qui offrent des garanties de contraintes, et politiques apprises. Les chiffres viennent toutefois des auteurs, sur leurs propres benchmarks. Le gain face à PIQP est plus modeste que face à Moreau, et il dépend de la taille des problèmes et du matériel testé. Aucune démonstration sur robot réel n'est mentionnée dans le résumé.
Ce travail s'inscrit dans l'essor des solveurs d'optimisation accélérés par GPU et différentiables, héritiers de couches comme OptNet et de bibliothèques plus récentes telles que QPAX et Moreau, que cuPIQP prend ici comme références. Il prolonge PIQP, solveur CPU à points intérieurs proximal déjà utilisé en robotique. La concurrence se joue donc moins entre robots qu'entre briques logicielles, au moment où les fabricants de humanoïdes cherchent à combiner contrôle de bas niveau et politiques apprises de type VLA. La suite probable tient à la publication du code, à une intégration dans des simulateurs GPU et à des tests de MPC ou de contrôle du corps entier sur matériel réel, qui diront si ces gains d'entraînement se traduisent en performances de déploiement.




