RTPolicy : une politique visuomotrice multi-vues en temps réel (32,9 Hz) pour la manipulation robotique sur appareils embarqués
RTPolicy, une politique visuomotrice multi-vues décrite sur arXiv (2610.41625), vise à rendre la manipulation robotique pilotable en temps réel sur des puces embarquées. Son architecture combine une fusion de caractéristiques sensible à la vue et une compression visuelle, qui agrègent les informations complémentaires de plusieurs caméras en un petit nombre de tokens. Ces tokens, avec l'état du robot et le temps de flux, conditionnent un générateur d'actions par flow matching. Sur le benchmark RoboTwin 2.0 (évaluation mono-tâche en environnement propre, 50 tâches), RTPolicy atteint 52,26 % de succès moyen, contre 46,4 % pour π0, la meilleure référence du classement. Sur une plateforme bimanuelle réelle, en inférence asynchrone en flux continu, le taux de succès moyen est de 72,0 %. La latence mesurée est de 30,35 ms (32,9 Hz) sur la puce RDK S600 et de 149,72 ms (6,7 Hz) sur la RDK S100, dans les deux cas en INT16. Le code et une page projet sont publiés par le laboratoire D-Robotics AI Lab.
L'intérêt tient à la latence plus qu'au score. En inférence asynchrone, des segments d'actions (action chunks) sont renouvelés pendant l'exécution du précédent, et plus le cycle est court, plus le robot corrige vite les dérives accumulées. Beaucoup de politiques VLA ou visuomotrices actuelles reposent sur des backbones visuels lourds, qui imposent des GPU de bureau ou de serveur. Démontrer environ 33 Hz sur un module embarqué suggère qu'une partie du coût vient de choix d'architecture (nombre de tokens, génération d'actions) et pas seulement de la taille des modèles. Plusieurs réserves s'imposent : le gain de 5,9 points sur π0 vient d'une seule suite de simulation, en configuration mono-tâche et propre, et la comparaison avec des politiques plus grandes n'est pas à iso-calcul. Le résultat réel de 72 % porte sur une plateforme et un jeu de tâches que le résumé ne détaille pas. Enfin, l'écart entre les deux puces, un facteur proche de cinq, montre que le temps réel dépend fortement du matériel retenu.
Ce travail s'inscrit dans la course à l'efficacité des politiques de manipulation, après les approches par diffusion et flow matching popularisées par π0, et alors que RoboTwin 2.0 s'impose comme banc d'essai bimanuel de référence. Il s'agit d'une prépublication (v1) non évaluée par des pairs, sans déploiement industriel annoncé. Les puces RDK appartiennent à l'écosystème D-Robotics, ce qui laisse penser que l'optimisation est liée à cette pile logicielle et matérielle. Les prochaines étapes à surveiller sont la reproduction indépendante des résultats, des tests sur d'autres plateformes embarquées comme les modules Jetson, et une validation sur des tâches longues et variées, plus proches des cahiers des charges des intégrateurs.
Pas d\'impact direct sur la France/UE
Dans nos dossiers




