Planification de mouvement inter-morphologies : couplage d'un modèle du monde indépendant du corps avec une dynamique égocentrique différentiable
Des chercheurs proposent Hourglass, une architecture de planification de mouvement multi-embodiment (arXiv 2610.41330, première version) qui sépare un modèle du monde indépendant du corps du robot et la dynamique propre à chaque machine. Le modèle du monde est entraîné sur des données mutualisées entre plusieurs robots et plusieurs positions de caméra. Chaque robot est décrit par un « template » de dynamique d'ego différentiable, d'ordre réduit, dont les paramètres physiques sont identifiés. Les deux blocs ne communiquent que par l'ego-motion de la caméra, d'où la forme de sablier. Une politique généraliste, conditionnée par ces paramètres, est apprise une seule fois à cette jonction. À chaque pas d'imagination, elle déroule le template du robot puis le modèle du monde. Testée en simulation sur sept robots couvrant cinq types de locomotion, elle dépasse de 3,8 à 10,6 points de taux de succès les références par imitation et par politique de diffusion, bâties sur le même modèle du monde. Elle égale des spécialistes entraînés robot par robot, sans entraînement dédié. Elle reste à 1,4 à 2,8 points de son enseignant MPPI (contrôle prédictif par échantillonnage) conditionné par les paramètres, sans carte en ligne. Sur matériel réel, après trois minutes de conduite téléopérée pour l'identification, le modèle entraîné uniquement sur données synthétiques fonctionne en zéro-shot sur un robot à direction différentielle (skid-steer) absent de l'entraînement, et navigue dans des scènes intérieures inconnues.
L'enjeu est le coût de portage d'une politique de navigation d'un robot à l'autre. Aujourd'hui, les politiques dites cross-embodiment émettent souvent des commandes normalisées qui ignorent la géométrie et la dynamique de chaque machine, ou exigent un entraînement et une distillation par robot. Ici, l'adaptation tient à une identification de paramètres de quelques minutes, sans réentraînement. Pour un intégrateur gérant une flotte hétérogène, c'est une piste crédible pour réduire le travail de mise en service. Il faut toutefois relativiser : l'hypothèse de sol plat, où l'embodiment n'influence les observations que par l'ego-motion de la caméra, exclut les terrains accidentés, les escaliers et les bras mobiles. Les gains en simulation sont mesurés en points de pourcentage, sans détail sur les scénarios. La validation réelle porte sur un seul robot, en intérieur, et ne constitue pas un déploiement.
Le travail s'inscrit dans la montée des modèles du monde et de l'entraînement par imagination pour la navigation, face aux politiques de bout en bout par imitation ou diffusion, qui lient souvent leur représentation à un espace d'action unique. La combinaison d'un enseignant MPPI et d'une politique généraliste distillée rappelle les approches de contrôle prédictif amorties. Elle se distingue en rendant la dynamique de chaque robot différentiable, donc exploitable dans l'imagination. Il s'agit d'un preprint de recherche, sans produit ni calendrier annoncé. Les suites logiques seraient l'extension aux terrains non plats, aux jambes et aux manipulateurs, et des tests sur plusieurs robots physiques et en environnements dynamiques.
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