CaPtain : un pipeline de post-entraînement pour agents robotiques à base de code comme politique
CaPtain est un pipeline de post-entraînement open source, décrit dans un preprint arXiv, qui transforme un petit modèle vision-langage ouvert en agent « code-as-policy » (CaP). Dans ce paradigme, la politique de contrôle écrit du code appelant les API du robot, puis lit les résultats pour décider de la suite. Le modèle de départ, Qwen3.5-4B, obtient 0 % de succès en zero-shot. Les chercheurs l'alignent d'abord par fine-tuning supervisé sur des trajectoires synthétiques générées avec GPT-6 Astra, puis appliquent un apprentissage par renforcement multi-tours. Pour attribuer le crédit à des dizaines de requêtes dont les effets physiques n'apparaissent que plus tard, ils ajoutent un « critique physique ». Celui-ci lit l'état privilégié du simulateur, invisible pour la politique, et note chaque requête selon la variation de probabilité de succès qu'elle provoque. Sur LIBERO (tâches tenues à l'écart de l'entraînement), le succès passe de 55,4 % après SFT à 73,8 % après RL. Sur LIBERO-PRO, le modèle atteint 78,5 %, devant plusieurs agents fondés sur des modèles de pointe. Sans entraînement sur le domaine cible, il obtient 83,3 % sur SimplerEnv WidowX. Il dépasse aussi des modèles propriétaires sur CaP-Bench. Il tourne enfin sur un robot réel après une adaptation en simulation seule. Code, données et poids sont publiés.
L'intérêt tient à l'indépendance revendiquée. Aucun VLA, modèle propriétaire ou état privilégié n'intervient à l'inférence, alors que la plupart des agents CaP actuels s'appuient sur un LLM fermé ou délèguent la manipulation à des VLA préentraînés. Un modèle de 4 milliards de paramètres, déployable en local, rend l'approche plus crédible pour des intégrateurs soucieux de coûts, de latence et de confidentialité. Les gains de RL persistent sous trois suites de perturbation (+17,6 à +21,2 points), ce qui suggère mieux qu'un surapprentissage des benchmarks. Il faut toutefois rester prudent. Ces résultats viennent surtout de simulation, et la démonstration réelle est décrite sans chiffres comparables. Le critique, lui, dépend de l'accès à l'état du simulateur à l'entraînement.
Ce travail prolonge l'idée de code-as-policy popularisée par Google, qui reposait sur des LLM fermés. Il suit aussi la recette SFT puis RL multi-tours déjà standard pour les agents de code et de navigation web. Face à lui se trouvent les VLA de Physical Intelligence (Pi-0), de NVIDIA (GR00T) ou de Figure (Helix), entraînés de bout en bout sur d'énormes volumes de démonstrations. CaPtain mise plutôt sur l'interprétabilité du code et sur des primitives de mouvement sécurisées. La suite à surveiller est la validation sur matériel varié et en environnement non simulé, ainsi que la reproduction par d'autres laboratoires, rendue possible par la publication complète.
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