ACE Robotics et NTU S-Lab présentent Mundo, un modèle du monde qui génère des scènes d'entraînement pour robots à partir de photos
ACE Robotics et le S-Lab de la Nanyang Technological University (NTU) ont publié Mundo, un modèle de monde qui reconstruit un environnement explorable et interactif à partir de quelques images d'un lieu réel, selon le média chinois Robot Pro daté du 31 octobre. Mundo accepte de 1 à 12 images de contexte et génère de nouvelles vues le long d'une trajectoire de caméra choisie. Avec une seule image, il prolonge le style et la structure visibles vers des zones cachées. Plus il reçoit de photos, moins il doit extrapoler. Pour les grands espaces, il produit des trajectoires de plusieurs dizaines de secondes, voire de minutes, en sélectionnant les photos pertinentes pour chaque segment et en les faisant se chevaucher. Techniquement, un modèle de fondation 3D estime les poses de caméra et la géométrie dense, puis un détecteur 3D place une boîte englobante par objet majeur. Un agent vision-langage corrige ensuite le « programme de scène » (nom, pose, taille, masse et friction de chaque objet) en comparant ses rendus aux photos d'origine, pendant que l'optimisation numérique ajuste position, taille et orientation. Un second agent vérifie la cohérence sans modifier la scène. Le moteur physique MuJoCo calcule mouvements et collisions, et un modèle de diffusion vidéo, un modèle MiniMax référence-to-vidéo affiné sur environ 40 000 paires de vidéos en 640 par 480, restitue le rendu dans l'apparence des images sources. Il génère des clips de 124 images et réutilise les 34 dernières de chaque clip pour assurer la continuité. Les démonstrations montrent des robots naviguant dans l'étage d'un hôtel reconstruit, ouvrant un lave-linge, posant une pomme dans un bol ou empilant des cubes, avec vues caméra tête et poignet et trajectoires enregistrées.
L'intérêt tient à la promesse d'un jumeau numérique spécifique à un site, obtenu en quelques photos plutôt que par un relevé laser ou une modélisation manuelle. Pour un intégrateur, cela viserait à tester une politique de manipulation ou de navigation dans une copie de l'entrepôt, de la cuisine ou de l'hôtel du client avant tout déploiement, et à produire des données d'entraînement synthétiques ancrées dans le réel. Le choix de séparer la physique (MuJoCo, avec masses et frictions explicites) du rendu visuel (diffusion) répond à un problème connu des modèles de monde purement vidéo, qui produisent des scènes plausibles mais physiquement incohérentes. Il faut toutefois rester prudent : les démonstrations sont sélectionnées par les auteurs, aucune évaluation indépendante ni mesure de transfert vers un robot réel n'a été publiée, et la précision des paramètres physiques estimés à partir de photos (masse, friction) reste à démontrer.
Les limites reconnues sont substantielles. La reconstruction prend 10 à 20 minutes, le rendu tourne à environ 1,5 image par seconde sur huit GPU A800 avec 20 pas d'inférence, loin du temps réel nécessaire à une boucle d'entraînement interactive. Les petits objets peuvent sembler flotter et le système n'a pas de mémoire à long terme pour les scènes qui évoluent. Le code et les poids ne sont pas encore disponibles : le dépôt GitHub les annonce pour fin novembre, ce qui reste une promesse tant qu'ils ne sont pas publiés. Mundo s'inscrit dans la série de travaux d'ACE Robotics avec NTU, après le modèle multimodal Puffin-World en open source et ACE-Brain-0.6, un modèle de 9 milliards de paramètres orienté ancrage visuel. Il rejoint un champ concurrent où se côtoient Genie de Google DeepMind, Cosmos de NVIDIA et les approches de reconstruction par splatting gaussien, qui privilégient soit la génération interactive, soit la fidélité géométrique. L'étape à surveiller est la publication des poids en novembre, qui permettra à des tiers de mesurer la fidélité physique et l'utilité réelle pour l'entraînement de politiques robotiques.
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