Vendredi vidéo : Spot joue pour démontrer sa manipulation avec tout le corps
Dans sa sélection hebdomadaire de vidéos, IEEE Spectrum met en avant plusieurs démonstrations de manipulation et de locomotion. Le Robotics and AI Institute (RAI) montre Spot manipulant un pneu avec tout le corps, sans que l'on puisse dire si le torse participe directement à l'effort, ce que les humains font pourtant avec les charges lourdes ou encombrantes. Le texte d'accompagnement admet une limite: tout ce qui apparaît comme une tache dans l'image de profondeur peut être pris pour le pneu, qu'il s'agisse d'un passant ou d'un objet au sol, et dans quelques essais le robot est parti vers « autre chose ». Le Robotic Systems Lab de l'ETH Zurich présente un cadre d'apprentissage centré sur le contact pour la mobilité humanoïde en terrain non structuré. Il combine imitation de mouvements humains, utilisés comme prior d'entraînement, et apprentissage par renforcement pour s'adapter à des terrains inédits. Côté produits, Luxonis lance l'OAK 4 FFC, un ordinateur de vision de 70 x 53 mm qui gère jusqu'à cinq caméras, exécute synchronisation, profondeur stéréo et IA à bord, et se calibre à partir de la scène plutôt qu'avec un damier. ANYbotics présente l'ANYmal X, quadrupède conçu pour limiter le risque d'explosion en site industriel, Robotiq un nouveau gripper à détection tactile, et MangDang annonce un Mini Pupper 4. Robotis montre des mains à base de servos DYNAMIXEL, du doigt unique à cinq doigts, pilotées en téléopération VR. bluZenit présente monkeyBot 2.0, qui grimpe le long de tuyauteries industrielles et franchit les coudes. Enfin, la MAVLab de TU Delft rappelle que son algorithme MonoRace a remporté l'AI Grand Challenge de l'A2RL à Abu Dhabi en avril 2025, puis battu trois champions du monde humains de pilotage FPV, avec une seule caméra embarquée et une centrale inertielle, un réseau de neurones transformant directement l'état estimé en commandes moteur (travaux publiés dans Science Robotics).
Aucune de ces vidéos ne constitue un déploiement, mais elles montrent où se situent les verrous actuels. L'aveu de RAI sur la confusion entre le pneu et des obstacles parasites rappelle que la perception reste le maillon faible de la manipulation de corps entier, même quand le contrôle est convaincant. L'approche de l'ETH, qui recourt à des données humaines comme point de départ plutôt que comme cible, illustre la convergence entre imitation et renforcement pour la locomotion humanoïde. Le résultat de MonoRace est plus net: une politique neuronale de bout en bout, avec des capteurs minimalistes, surpasse des pilotes d'élite dans un cadre de compétition. Il faut toutefois rester prudent, car les conditions d'une course ne se transposent pas telles quelles à l'industrie. Autre signal, le commentaire du journal sur une démonstration de nettoyage de Generalist: les tâches de référence répétables servent à entraîner les modèles, mais restent éloignées de la saleté réelle que rencontreraient des clients.
Pour le contexte, la France est représentée par Pollen Robotics, dont le petit robot de bureau Reachy Mini s'inscrit dans le segment des plateformes ouvertes et abordables, face au Microduck. Du côté du matériel, les mains compliantes du centre BruBotics et la gamme de mains de Robotis rappellent que la dextérité dépend autant de la mécanique et du toucher que des modèles. Les acteurs chinois DEEP Robotics, avec le Lite3 et le LYNX M20 testés dans la zone touristique de la rivière Yulong au Guangxi, et LimX Dynamics poursuivent leurs démonstrations en conditions semi-réelles. Les prochains rendez-vous pour suivre ces avancées sont la CoRL 2026, du 9 au 12 novembre à Austin, puis Humanoids 2026, du 6 au 9 décembre à Santa Clara.
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