Des tuiles spatiales à géométrie variable pour assembler, séparer et reconstruire des engins spatiaux de façon autonome
Rendezvous Robotics, startup issue du MIT, a levé 20 millions de dollars lors d'un tour d'amorçage sursouscrit mené par MaC Venture Capital et Toyota Ventures, avec la participation notable de l'University of Michigan Endowment, d'Astera (cofondée par Jed McCaleb) et des investisseurs existants Aurelia Foundry, ATX Venture Partners et Mana Ventures. L'objectif est de développer des engins spatiaux modulaires, lancés sous forme de tuiles indépendantes qui manoeuvrent seules, s'assemblent en orbite, se séparent, puis se recombinent dans une autre configuration. Une première démonstration orbitale est prévue avec sept tuiles en orbite basse, sur un lancement en rideshare déjà réservé, au plus tôt en avril 2028. Deux jalons intermédiaires sont annoncés : une campagne de vols paraboliques en novembre 2026 pour tester l'actionnement électromagnétique et la mobilité des tuiles en microgravité, puis, en décembre 2026 à bord de l'ISS, l'assemblage de 32 tuiles TESSERAE de cinquième génération en une structure tridimensionnelle. Cette dernière expérience clôturera le programme TESSERAE.
L'enjeu est de s'affranchir de la contrainte la plus structurante de l'ingénierie spatiale : la coiffe du lanceur, qui impose le volume maximal de tout satellite et limite la taille des antennes et des systèmes de production d'énergie. En construisant en orbite à partir d'éléments compacts, Rendezvous vise des structures dépassant les dimensions d'un module unique, sans bras robotique externe. Son PDG, Joe Landon, évoque à terme des engins à production électrique de l'ordre du mégawatt et de très grandes ouvertures de communication et de détection. Il faut toutefois rester prudent : ces perspectives sont des ambitions, aucune donnée de performance en vol n'est publiée, et la question centrale reste la fiabilité des mécanismes d'alignement et de connexion en conditions réelles. La démonstration de 2028 dira si des engins autonomes peuvent se reconfigurer en espace ouvert, ce que l'essai ISS, réalisé en environnement contrôlé, ne peut pas prouver.
La technologie découle de TESSERAE, concept d'auto-assemblage modulaire développé par Ariel Ekblaw au MIT, poursuivi via l'Aurelia Institute qu'elle a fondé, avant la cofondation de Rendezvous. Les premières générations ont volé à bord de la fusée New Shepard de Blue Origin et lors de deux missions vers l'ISS, ce qui a permis d'étudier le comportement du concept en microgravité. Rendezvous développe désormais des tuiles plus grandes, autonomes en vol libre, dont la capacité à se déplacer et s'aligner avant connexion est testée au sol. Le projet reste au stade de la R&D et du prototypage : aucun produit n'est livré ni aucun client annoncé à ce jour. Les prochains mois, avec le vol parabolique puis l'expérience ISS, serviront de premiers indicateurs avant l'échéance de 2028, qui constituera le véritable test d'une architecture d'engins spatiaux reconfigurables.
Pas d\'impact direct sur la France/UE




