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Participer à RoboCup@Home et remporter le prix du meilleur article 2026 : entretien avec Raphael Memmesheimer

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Raphael Memmesheimer, qui dirige l'équipe NimbRo en ligue RoboCup@Home, a reçu avec ses coauteurs le prix du meilleur article du symposium RoboCup 2026 pour « Efficient Image Annotation via Semi-Supervised Object Segmentation with Label Propagation ». Le travail répond à une contrainte de la compétition: les équipes disposent de seulement deux jours de préparation pour assembler leur robot et l'adapter à un appartement témoin inconnu. Dans ce délai, le robot doit apprendre à reconnaître jusqu'à 50 objets jamais vus, comme une cuillère ou une boisson précise. La méthode est multi-étapes. Un premier modèle de segmentation, entraîné sur les objets rencontrés lors des éditions précédentes, détecte simplement qu'il y a « quelque chose qui pourrait être un objet ». Il est ensuite combiné avec des images de référence des objets réels pour étiqueter les données de façon semi-automatique. Selon Memmesheimer, environ 60 % des données sont ainsi annotées automatiquement, ce qui représenterait sinon de nombreuses heures de travail humain. L'équipe a remporté la compétition @Home à cinq reprises.

L'intérêt dépasse le concours. Beaucoup de démonstrations robotiques reposent sur des modèles réglés sur des jeux de données ou montrés dans une vidéo unique. Ici, le robot doit entrer dans l'arène et opérer en autonomie, dans un environnement qu'il n'a jamais vu. Le travail souligne aussi une limite pratique des approches à vocabulaire ouvert, que l'équipe connaît mais juge peu fiables pour distinguer des objets d'une même catégorie, par exemple des boissons. Pour un intégrateur, le constat est transposable: dans un déploiement chez un client, avec des références produits spécifiques et inédites, une chaîne d'annotation rapide et peu coûteuse en main-d'œuvre peut compter autant que la taille du modèle de fondation. L'entretien publié ne fournit toutefois, dans sa partie disponible, ni précision de reconnaissance ni gain de temps chiffré en heures. Le chiffre de 60 % d'annotation automatique reste donc une déclaration de l'auteur, sans comparaison à une référence.

Memmesheimer participe à la ligue @Home depuis ses études et a découvert la Coupe du monde en 2013, une expérience qui l'a conduit vers un doctorat. La difficulté vient de la nature du concours: les organisateurs achètent des produits locaux dans un centre commercial et les répartissent dans l'appartement, si bien que le détail des objets ne peut pas être anticipé. Une partie de l'ensemble provient toutefois du jeu de données public YCB, ce qui permet de collecter des données et de pré-entraîner les modèles à l'avance sur de grands corpus généraux. La méthode primée vise précisément ce qui reste imprévisible. Les approches à vocabulaire ouvert constituent l'alternative la plus évidente, mais l'équipe estime qu'elles ne conviennent pas à ce cas. Il s'agit ici d'une technique de recherche employée en compétition, non d'un produit commercial ni d'un déploiement réel, et la suite dépendra de sa reprise dans les prochaines éditions de RoboCup@Home.

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1arXiv cs.RO 

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Des chercheurs en interaction homme-robot proposent une nouvelle source d'inspiration pour concevoir le comportement non verbal des robots : la marionnette. Publié le 3 juillet sur arXiv, ce travail part d'un constat simple : depuis des années, la conception des gestes et postures des robots sociaux s'appuie largement sur les Principes d'Animation de Disney, popularisés par Thomas et Johnston dans les années 1980 pour donner vie aux personnages de dessin animé. Les auteurs ont mené des entretiens avec des marionnettistes professionnels et analysé des ouvrages de référence sur cet art pour en extraire un ensemble de principes de conception directement transposables à la robotique, couvrant la morphologie du corps, la dynamique du mouvement et les modalités d'interaction avec un public ou un partenaire humain. L'intérêt pour les concepteurs de robots est concret : contrairement à l'animation, qui s'affranchit des lois physiques et se limite souvent à des règles de mécanique de bas niveau (timing, exagération, anticipation), la marionnette a toujours composé avec des contraintes matérielles réelles proches de celles d'un robot physique, comme le poids, l'inertie ou les degrés de liberté limités d'une structure articulée. Elle a aussi, depuis des siècles, développé des savoir-faire sur l'interaction incarnée avec un public, un terrain que l'animation ne couvre pas puisqu'un dessin animé ne partage jamais l'espace physique avec son spectateur. Pour les équipes qui conçoivent des robots sociaux ou collaboratifs, ce corpus offre donc des pistes de conception à plus haut niveau que les principes d'animation, potentiellement plus directement actionnables pour des systèmes contraints par le monde réel. Ce travail s'inscrit dans un courant de recherche en robotique sociale qui puise depuis longtemps dans les arts du spectacle : théâtre, danse et animation ont déjà été mobilisés pour informer le design comportemental des robots. La marionnette restait jusqu'ici un angle mort de cette littérature, malgré une histoire longue de plusieurs siècles d'exploration de la forme, du mouvement et de l'interaction de personnages incarnés. Les auteurs positionnent leurs principes comme complémentaires, et non substituables, à ces apports antérieurs, ouvrant la voie à des travaux futurs testant leur application concrète sur des plateformes robotiques.

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MassRobotics annonce les lauréats du Robotics Medal 2026 et des prix Rising Star
2The Robot Report 

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MassRobotics a annoncé les lauréates de ses prix annuels Robotics Medal et Rising Star lors de la conférence IEEE ICRA de Vienne, en juin 2026. La 4e édition du Robotics Medal, sponsorisée par Amazon Robotics et dotée de 50 000 dollars, a été remise à la professeure Allison Okamura, titulaire de la chaire Richard W. Weiland à l'École d'ingénierie de Stanford, également affiliée au département de génie mécanique et à la Hoover Institution. Okamura est récompensée pour ses travaux fondateurs en haptics, en robotique médicale et en conception de robots, ainsi que pour ses contributions à l'éducation robotique en accès libre et à la promotion des femmes dans le domaine. Le Rising Star Medal, doté de 5 000 dollars, est attribué à Ayoung Kim, professeure à l'Université nationale de Séoul, pour ses travaux pionniers sur le Scan Context appliqué à la reconnaissance de lieux par lidar, et sur le SLAM multi-capteurs résilient (localisation et cartographie simultanées) pour la navigation autonome en environnements complexes. La remise officielle des distinctions aura lieu lors d'un gala au MIT Samberg Conference Center de Cambridge (Massachusetts) le 7 novembre 2026. Ces deux prix pointent vers des domaines de recherche qui conditionnent directement la fiabilité des systèmes robotiques déployés en production. Les contributions d'Okamura en haptics alimentent des applications médicales concrètes, de la chirurgie mini-invasive aux dispositifs de réhabilitation, là où le retour de force reste un verrou technique non résolu à grande échelle. Les algorithmes SLAM de Kim, diffusés via des jeux de données publics largement adoptés, constituent une brique d'infrastructure pour les flottes d'AMR (robots mobiles autonomes) et les véhicules autonomes opérant en environnements dégradés. Ces distinctions illustrent aussi une réalité structurelle du secteur : les femmes ne représentent que 16 % des effectifs en ingénierie et robotique selon le National Girls Collaborative Project, contre 35 % de l'ensemble de la main-d'oeuvre STEM et 48 % de la population active totale aux États-Unis. MassRobotics, hub robotique basé dans la région de Boston, organise ce prix depuis quatre ans pour valoriser les chercheuses ayant un impact mesurable sur le champ. Les précédentes lauréates sont issues d'institutions comme l'UC San Diego, l'USC, l'UIUC, Boston University, le MIT et l'EPFL (Lausanne), ce qui traduit une portée internationale réelle. Le jury, composé d'experts du secteur et supervisé par MassRobotics, a cette année évalué des candidatures couvrant des problématiques aussi variées que les matériaux de préhension, les exosquelettes, les technologies d'assistance et le planning de mouvement. Daniela Rus, directrice du CSAIL au MIT et membre du conseil d'administration de MassRobotics, a souligné que la diversité des approches de recherche est un accélérateur direct pour résoudre les défis techniques les plus complexes du domaine. Le gala de novembre ouvrira billets individuels, tables réservées et opportunités de sponsoring au grand public.

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Résidus de pose à référence fixe pour mesurer le transfert d'indices entre jeux de données dans l'anticipation de l'interaction homme-robot
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Des chercheurs proposent un modèle baptisé FRPR (fixed-référence pose residual) pour mesurer quels indices permettent à un robot social ou de service, évoluant dans un espace public, d'anticiper qu'une personne proche va s'approcher et le toucher. Le principe : un prédicteur géométrique, construit à partir de la boîte englobante et du masque de la personne, est entraîné puis gelé. Un réseau temporel apprend ensuite, à partir de la pose corporelle, une correction additive du logit, de sorte que chaque prédiction se décompose exactement en un terme géométrique et un terme de pose. L'évaluation porte sur deux jeux de données égocentriques publics enregistrés par des robots différents, HUI360 et SSUP-A, tous les choix étant faits sur les données source. De SSUP-A vers HUI360, la correction de pose fait passer la précision moyenne (AP) de 0,277 à 0,321. Dans le sens inverse, le gain n'est pas mesurable. L'asymétrie persiste face à une référence géométrique plus solide, sélectionnée sur la source. Le code et les données traitées sont publiés sur GitHub (WeiZhou96/FRPR-interaction-anticipation). Le point à retenir pour les intégrateurs et les décideurs tient surtout aux limites que les auteurs reconnaissent eux-mêmes. Geler la référence géométrique n'apporte aucun avantage d'AP par rapport à un entraînement conjoint, et de simples bases géométriques ou des ensembles d'arbres restent compétitifs, voire meilleurs. La construction sert donc à mesurer, pas à prédire plus précisément. Surtout, avec des seuils fixés sur la source, les modèles neuronaux exploitant la géométrie ne détectent au mieux que 17 % des interactions cibles. Un modèle d'anticipation entraîné sur un robot et déployé sur un autre, dans un autre site, reste donc loin d'être exploitable en l'état. Cela rappelle que le transfert entre plateformes demeure un problème ouvert pour la robotique sociale, bien plus que ne le laissent croire les résultats obtenus sur un seul jeu de données. Sur le plan des indices, les résultats sont instructifs mais restent à confirmer. Un résidu d'orientation de la tête apporte de petits gains dans les deux sens. Dans une analyse a posteriori, le fait qu'une personne fasse face à la caméra conserve la même direction discriminante d'un jeu de données à l'autre, alors que l'inclinaison de la tête (pitch) s'inverse. Ce dernier point suggère que certains signaux de pose dépendent de la hauteur de la caméra ou du comportement du public sur chaque site, et ne se généralisent pas. Ces conclusions viennent d'une étude académique sur deux jeux de données seulement, sans produit ni déploiement commercial associé. Elles servent surtout aux équipes qui conçoivent des robots d'accueil ou de service : le contact visuel et l'orientation du corps semblent plus fiables que des indices fins de posture, et toute validation devrait se faire sur le site cible plutôt que par transfert direct.

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Premier match de football humanoïde à 11 contre 11 disputé à la RoboCup 2026
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Premier match de football humanoïde à 11 contre 11 disputé à la RoboCup 2026

Lors de RoboCup 2026, à Incheon en Corée du Sud, deux équipes de onze robots humanoïdes se sont affrontées sur un terrain de football, une première pour la compétition qui ambitionne un format complet à onze contre onze. Le match a opposé B-Human, de Brême, à HTWK Robots, de Leipzig, deux équipes allemandes pilotant des humanoïdes fournis par le fabricant Booster Robotics. Ubbo Visser, président de la RoboCup Federation, a salué les progrès réalisés en coordination collective et en compétences motrices, portés par les avancées récentes de l'intelligence artificielle embarquée. La fédération a diffusé des extraits vidéo du match ainsi qu'un article détaillé sur son site ; aucune donnée chiffrée précise sur les robots, comme la charge utile, les degrés de liberté ou la durée de cycle, n'a été communiquée, l'accent portant sur la performance collective plutôt que sur les spécifications techniques. Cet événement reste avant tout symbolique : il s'agit d'une compétition académique, non d'un déploiement commercial, et le format complet à onze joueurs par équipe n'avait jamais été testé en conditions de jeu réelles. Pour les intégrateurs et chercheurs en robotique humanoïde, la démonstration confirme que la coordination multi-robots autonomes progresse plus vite qu'attendu, même si l'écart avec un affrontement face à des joueurs humains professionnels reste considérable. Le fait que deux équipes concurrentes s'appuient sur la même plateforme matérielle, celle de Booster Robotics, illustre aussi une tendance de fond du secteur : la standardisation du hardware humanoïde au profit du logiciel de contrôle et d'IA, une séparation entre châssis et pile logicielle déjà à l'œuvre chez les acteurs commerciaux du domaine. La RoboCup a été fondée en 1997 avec un objectif affiché par ses créateurs : bâtir d'ici 2050 une équipe de robots autonomes capable de battre les champions du monde humains de football. Le match d'Incheon s'inscrit dans cette trajectoire de long terme, portée par une communauté de recherche universitaire distincte de la course commerciale menée par les fabricants de robots humanoïdes industriels ou de service. En équipant simultanément plusieurs équipes rivales, Booster Robotics se positionne comme fournisseur de référence pour la recherche en robotique humanoïde compétitive. La RoboCup Federation n'a communiqué aucun calendrier précis pour les prochaines étapes, mais prévoit de continuer à augmenter progressivement le nombre de robots par équipe lors de ses éditions futures.

UEDeux équipes universitaires allemandes (Breme et Leipzig) sont au coeur de cette première académique, illustrant la position de la recherche européenne en robotique humanoïde compétitive sans déploiement commercial en Europe.

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