ISB-NMPC : commande prédictive non linéaire à roulement sphérique pour l'interception par quadrirotors
Des chercheurs publient ISB-NMPC, une commande prédictive non linéaire (NMPC) destinée aux quadrirotors intercepteurs équipés d'une caméra fixe, sans nacelle stabilisée (strapdown). Le système cible la neutralisation physique de drones non autorisés. Il couple une prédiction de la direction de la cible, modélisée sur la sphère unitaire S², à la dynamique non linéaire complète du quadrirotor. L'optimisation porte à la fois sur le mouvement de rapprochement et sur le maintien de la cible dans le champ de vision. Un filtre de Kalman étendu compensé en attitude estime le mouvement angulaire de la cible, corrige le retard de perception et prédit sa position dans l'image pour guider une détection adaptée à l'échelle. En simulation, sur 30 essais appariés, le taux d'interception atteint 86,7 %, le meilleur parmi les contrôleurs comparés, avec une cible visible 99,11 % du temps en moyenne par essai. En extérieur, l'équipe annonce l'acquisition d'une cible de 30 cm à environ 150 m. L'intercepteur atteint 17 m/s sur le vol longue distance et environ 14 m/s face à une cible manœuvrante remorquée par un autre quadrirotor. Le code logiciel et la conception matérielle (projet « holydrone ») sont publiés en open source sur GitHub.
L'intérêt tient à un verrou classique de l'interception par vision embarquée. Sans nacelle, tout mouvement d'accélération incline le drone et déplace la caméra, si bien que foncer sur la cible risque de la faire sortir du champ. Traiter cette contrainte directement dans l'optimiseur, plutôt qu'avec un suivi visuel et un guidage découplés, est une piste crédible pour réduire le coût et la masse des intercepteurs. La visibilité quasi continue en simulation est encourageante, mais elle ne garantit pas la même performance en conditions réelles. Les chiffres demandent aussi des précautions. Un taux de 86,7 % sur 30 essais correspond à 26 succès, un échantillon étroit. Les vols extérieurs semblent relever de démonstrations isolées, sans statistiques de réussite, et les cibles (un petit quadrirotor, un leurre remorqué) restent coopératives. Rien n'indique de test face à des drones évasifs, dans des environnements encombrés ou en mauvaise lumière. La publication complète du code et du matériel permet toutefois à d'autres équipes de reproduire et de comparer les résultats.
Ce travail s'inscrit dans la demande croissante de moyens anti-drones peu coûteux, face à des solutions plus lourdes comme les filets lancés, les radars ou les brouilleurs. Il prolonge les recherches sur le servo-guidage visuel et la NMPC pour drones agiles, où la contrainte de visibilité est souvent traitée par des pénalités ou des heuristiques de guidage. Il s'agit d'une publication académique (preprint arXiv, non évaluée par les pairs) et non d'un produit : aucun déploiement opérationnel ni calendrier de pilote n'est annoncé. Les prochaines étapes naturelles seraient des essais statistiquement plus solides en extérieur, des cibles non coopératives et plus rapides, ainsi que le traitement du cas d'intercepteurs multiples ou de cibles temporairement occultées.
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